optimus maximus a écrit : ↑28 juin 2025, 08:48
Vincent92 a écrit : ↑27 juin 2025, 21:28
divorce a écrit : ↑27 juin 2025, 20:31
cashisking a écrit : ↑27 juin 2025, 09:26
Mais qui peut bien encore vouloir faire du locatif dans ce pays ?
Bientôt il faudra faire le ménage chez les locataires
si vous facturez au prix d'un palace, c'est un peu normal de faire le service...
Les prix sont de plus en plus administrés (APL, loyer encadré, fiscalité, etc.) et il y a également de plus en plus de contraintes sur les ventes (payer le social quand on construit, inflation des normes, etc.)
Cela n’a rien d’un marché relativement libre où demander davantage implique de monter en gamme, comme c’est le cas dans beaucoup de pays. Et c’est d’ailleurs bien le principal problème.
On est en plein dans l’idéologie : si la planification ne fonctionne pas, et à chaque fois moins bien, c’est parce qu’on n’est pas allé assez loin.
Que faudrait-il faire ? La politique du logement en France est un fiasco depuis un bon siècle, avec des projets qui n'aboutissent pas à des solutions durables.
Le fond du problème reste le prix de l'immobilier, en particulier dans les grandes villes.
Sur la montée en gamme, je ne crois pas que ça soit réellement la préoccupation des promoteurs immobiliers, ni même des collectivités locales.
La première chose à noter est que le blocage des loyers entraîne un effet pervers majeur : il incite les propriétaires à limiter les travaux au strict minimum, puisqu’ils atteignent de toute façon le plafond autorisé. Il suffit de comparer l’état des appartements soumis à la loi de 1948 avec celui des logements similaires loués selon des baux plus récents pour constater la dégradation induite par ce type de réglementation.
De manière générale, encadrer les prix ne fonctionne pas durablement. Partout et à toutes les époques, cela a fini par produire des distorsions graves et des effets contre-productifs.
Par ailleurs, le système social français présente une forme de dérive : l’État multiplie les aides et les prélèvements, tout en entretenant une logique de chantage implicite (« vous serez content quand vous serez malade »), au lieu de chercher l’efficacité. Dans l’immobilier, cela conduit à une solvabilisation artificielle de la demande : les aides, souvent nécessaires, sont trop généreuses et mal ciblées. Résultat : les prix montent, sans que l’offre ne suive.
À cela s’ajoute une dynamique de concentration territoriale : l’Île-de-France concentre les emplois, les infrastructures, les opportunités. Ce phénomène crée un déséquilibre structurel entre des zones à très forte demande et d’autres largement délaissées.
Le développement du logement social, nécessaire à bien des égards, s’accompagne lui aussi d’effets pervers. D’une part, ces logements manquent de rotation, car ils ne sont plus perçus comme des solutions transitoires. D’autre part, ils raréfient le foncier disponible pour le secteur privé, contribuant ainsi à la hausse des loyers. Enfin, ils alimentent un sentiment d’injustice : certains ménages aidés peuvent vivre dans de meilleures conditions que les classes moyennes, qui, elles, paient plein pot. Ce déséquilibre peut décourager l’effort et l’émancipation.
On observe ainsi un cercle vicieux : face à la cherté du logement privé, on construit toujours plus de logements sociaux, ce qui raréfie encore le foncier libre et fait grimper les prix du reste.
En parallèle, les normes et les obligations se multiplient. Si l’intention d’améliorer progressivement la qualité de l’habitat est légitime, l’accumulation de contraintes finit par étouffer l’offre. Or, certaines améliorations – comme la généralisation des salles de bain ou du double vitrage – se sont imposées naturellement sur le marché, sans obligation légale.
Sans compter qu’on peut observer que les logements ne sont pas nécessairement de moins bonne qualité dans les pays où il y a moins de contraintes.
Plutôt que d’administrer toujours davantage, il serait plus pertinent d’agir avec retenue sur les différents leviers existants. Beaucoup de mesures peuvent se justifier isolément, mais leur accumulation finit par produire l’effet inverse de celui recherché. Et c’est sans doute la raison pour laquelle, malgré un interventionnisme massif, la situation du logement se dégrade.
Ce qu’on devrait faire : décentraliser davantage, diminuer les normes (nécessaires mais trop nombreuses), diminuer les aides au logements (nécessaires mais trop généreuses), retirer les encadrements de prix, revoir le rapport locataires/bailleurs (il est nécessaire de protéger le locataire, mais c’est excessif), etc.
Cette nouvelle proposition est l’exemple typique de l’inutile voir du contre-productif. Même si ceux qui y ont réfléchi sont convaincus du contraire.