wasabi a écrit : ↑10 nov. 2025, 15:07
Vincent92 a écrit : ↑10 nov. 2025, 14:45
Ceci dit, LVMH et les autres grands groupes achètent régulièrement de nouvelles marques, parfois des marques encore jeunes ou délaissées, ce qui montre qu’il existe encore des opportunités d’entrée ou de croissance, même dans un marché très concentré.
Et, il y a énormément de personnes qui lancent leur marque continuellement, des qu’ils ont un peu de notoriété.
Ce que vous dites est justement la preuve du contraire, si jamais il y a une tête qui dépasse, elle se fait racheter. Tu ne peux donc pas espérer créer ta boîte de luxe, mais espérer te faire racheter, un peu comme ces start ups européennes dont l'espoir est juste de se faire racheter par un grand groupe, pas le devenir.
C'est la preuve qu'on peut être rentable et intéressant en partant de rien. Et le signe qu'on peut prendre des parts de marchés aux leader si on reste.
Ensuite, beaucoup préfèrent être racheté "cher", plutôt que de développer leur entreprise. C'est très tendant de partir avec un gros chèque qui valorise davantage que ce qui est créé.
Les grands groupes achètent à la fois la marque et les produits, mais
aussi le fait de ne pas avoir de concurrence.
S'il n'y avait pas de possibilité de faire concurrence aux gros acteurs, et que le marché était fermé, ils ne passeraient pas leur temps et autant d'argent à rajouter des entreprises concurrentes.
wasabi a écrit : ↑10 nov. 2025, 15:07
De plus, ce que tu décris comme une “marque qui tourne toute seule” après sa création ne se vérifie pas toujours : les entreprises doivent continuellement innover, soigner leur image et maintenir leur désirabilité pour rester compétitives.
Au contraire elles n'innovent quasiment jamais, elles restent dans la tradition. Evidemment qu'elles doivent faire attention à ce qu'elles font (comme éviter de s'acquoquiner avec des modes qui feraient que la marque deviendra has been avec la mode) mais une fois qu'elle est connue elle n'a pas besoin d'investir autant sur son image, le bouche à oreille et les médias fera le reste, juste quelques piquûres de rappel.
Dire que les maisons de luxe n’innovent quasiment jamais et se contentent de leur image est un peu réducteur, surtout si l’on prend du recul sur un siècle. Il y a 100 ans, la mode était beaucoup plus figée : la haute couture reposait sur des collections saisonnières lentes, destinées à une élite, et la diffusion se faisait principalement par le bouche-à-oreille et la presse spécialisée. L’innovation existait surtout dans le détail des coupes ou des tissus, mais restait très limitée et locale.
Aujourd’hui, le contexte est totalement différent. Les consommateurs sont mondialisés, connectés et hyper-exposés aux tendances. Même les maisons historiques doivent suivre ces changements pour rester pertinentes :
Elles innovent constamment dans les matériaux, les lignes, les collaborations ou les éditions limitées pour séduire de nouvelles générations.
Le marketing digital, les réseaux sociaux et les influenceurs remplacent largement le simple bouche-à-oreille, ce qui nécessite des investissements continus pour entretenir le désir autour de la marque.
Les marques doivent jongler entre respect de leur ADN et modernité : un équilibre qui demande créativité et renouvellement, pas simplement “quelques piqûres de rappel”.
En somme, si la tradition reste un pilier, prétendre que les maisons de luxe se reposent sur leur réputation est anachronique. La comparaison avec ce qui existait il y a un siècle montre que l’innovation et l’investissement dans l’image sont aujourd’hui essentiels pour survivre dans un marché ultra-dynamique.
wasabi a écrit : ↑10 nov. 2025, 15:07
Enfin, la concentration du marché n’empêche pas la création de valeur : les clients restent libres de choisir, et le succès des marques repose avant tout sur leur capacité à séduire et à créer du désir, pas sur une position de rente ou une protection artificielle.
Je ne comprends pas ce que vous voulez dire avec la "création de valeur". Pour le luxe il y a un effet économique qui s'appelle l'effet Veblen, où la demande augmente avec le prix. Donc une fois que tu as réussi à propulser ta marque, avec tes investissements initiaux, dans le monde du luxe, tu marges comme un cochon grâce à cet effet. Donc tu as de la création de valeur à fond.
La capacité à séduire ou créer du désir, c'est bidon en fait. Ce n'est pas le produit qui arrive à séduire ou à créer un désir à cause d'une innovation produit ou autre, c'est le marketage du produit qui arrive à séduire et créer de la valeur. Comme je le disais dans le post précédent, les gens achètent du luxe par désir d'appartenance (conformisme -> vanité) ou par réalisation personnelle (sentiment d'une valeur supérieure -> orgueil). Le gars qui veut la vanité (comme celle qui voudra son sac LV comme les copines) sera dans une dynamique sociale lié au "surmoi" de l'objet et pas liée à l'essence de l'objet.
Le gars qui veut l'orgueil (comme celui qui s'achète une belle montre parce qu'il vient de faire une grosse plus value sur une vente d'entreprise) sera dans une dynamique d'exclusivité (les autres ne peuvent pas se le permettre) sera aussi dans une dynamique sociale lié au "surmoi" de l'objet et pas liée à l'essence de l'objet. L'essence de l'objet n'a plus d'importance, elle ne l'est qu'au début pour acquérir son badge "luxe".
L’effet Veblen influence indéniablement le luxe, mais réduire la valeur d’une marque au simple marketing est trop réducteur. L’essence du produit reste primordiale : qualité, artisanat et innovation justifient son prix. Une montre ou un sac médiocre ne resterait pas désirable, même avec une communication massive. Le marketing sert surtout à amplifier un désir existant, il ne le crée pas ex nihilo. Les produits doivent toucher émotionnellement et séduire esthétiquement les clients. L’effet Veblen explique l’attrait social, mais pas la crédibilité ni la fidélité des consommateurs. La qualité et l’expérience restent au cœur de l’attrait du luxe.
Certes, il existe des exceptions comme Balenciaga, mais la majorité des clients achètent à la fois le désir suscité par les autres et un produit dont ils perçoivent clairement la supériorité technique ou esthétique par rapport aux gammes moyenne ou basse.