Chauny dans l'Aisne

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Chauny dans l'Aisne

#1 Message par jmpoure » 24 avr. 2006, 08:51

Bonjour à tous,

J'ai passé les vacances de Pâques dans les environs de Chauny, dans l'Aisne (02). C'est une région que je connais bien.

Pour décrire la région, il s'agit de grandes plaines situées à 120 km au Nord de Paris. Traditionnellement, les exploitations agricoles sont assez grandes et peuvent couvrir une centaine d'hectars, parfois plus. Certains agriculteurs pratiquent de l'élevage, sans en faire de véritables usines comme c'est le cas dans l'Ouest de la France. Le tissu indistriel emploie encore de nombreux habitants, principalement dans la chimie et l'agro-alimentaire. Cette région est loin d'être riche, mais elle n'est pas pauvre non plus. Il s'agit d'une France moyenne, assez représentative de la province : quelques villes de taille moyenne (Chauny, Noyon) et beaucoup d'espace.

Dans cette région, l'habitat est disponible en grand nombre. Pourtant, à lire les annonces sur Internet, il semblerait que la bulle immobilière ait aussi frappé ... les esprits. Mais il est beaucoup moins cher de faire construire du neuf.

On distingue deux tendances :

:arrow: Maisons sur catalogue en ville

Autour des villes principales (Noyon, Chauny), on peut traverser le centre-ville à pied et être en plein champ après 10 minutes de marche. De grandes zones agricoles sont viabilisées et rendues constructibles. Ensuite, ces champs sont couverts de maisons, achetées sur Catalogue.

Exemple : à Ognes, à l'entrée de Chauny, un grand champ a été viabilisé. On y construit des maisons individuelles, achetées sur catalogue. Le champ est viabilisé au fur et à mesure des constructions. Dans un paysage totalement plat, on peut voir une grade étendue de champs sur 5 km de distance. Le foncier est disponible à l'infini.

Dans les années 80, les ouvriers et les employés achetaient de terrains à la campagne et construisaient eux-même, le week-end, le soir et durant les vacances. Après deux à trois années de travail, la maison était disponible. Cette tendance a presque disparu, il revient bien moins cher d'acheter une maison sur catalogue et de la faire constuire. On trouve de tout, à partir de 70.000¤ de budget. Fini le "home-made", place à l'industrie bon-marché.

:arrow: Grandes maisons à la campagne

Quand une vieille maison à la campagne est proposée à 500.000¤, il revient moins cher d'acheter un grand champ, de le viabiliser et s'y faire construire une très belle maison. Il faut compter environ 50.000¤ pour le terrain et 200.000¤ pour la contruction.

Ici, c'est la folie. Dans chaque village, des terrains ont été débloqués pour construire. Quels sont les moteurs de cette libération de foncier ?

A mon avis, la réponse est assez simple : les forces du marché. Les agriculteurs sont peu nombreux. Il monopolisent les terres, qui sont réunies en de vastes espaces. Pour un agriculteur, il est tabou de vendre ses terres à un autre agriculteur. C'est un signe d'échec. Les agriculteurs sont très économes. Ils économisent dans l'espoir de racheter les terres de leurs voisins. Par contre, lorsqu'il s'agit de libérer 5 à 10 hectars en bordure de ville ou de village pour les découper en lotissements, les agriculteurs font des pieds et des mains pour vendre.

Dans les villages, la marie représente une charge de travail importante. Les agriculteurs sont bien implantés dans les mairies, car ils organisent régulièrement des remembrements (on est jamais mieux servi que par soi-même). Les communes ont besoin d'argent, aussi viabiliser des terrains et les rendre constructibles est une opportunité. Il existe un concensus pour construire.

A Chauny, plusieurs quartiers sont sortis de terre. On dirait que cette vague de constuctions est durable. Pourquoi vivre dans un logement collectif, quand on peut se payer une belle maison au prix d'un Borloo ? Je pense que cette vague de construction est durable. Le réveil sera difficile pour les vendeurs dans l'ancien. Ils sont les premiers touchés par le krach.
Modifié en dernier par jmpoure le 24 avr. 2006, 09:01, modifié 2 fois.

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#2 Message par Mouna » 24 avr. 2006, 09:00

Ce WE, je suis allée dans le Lot et je suis tombée sur une annonce d'un agriculteur qui vend son terrain à Saint Laurent des Tours :

http://www.seloger.com/detail.htm?av=0& ... NN_QRYpg=2

Oui, vous avez bien lu le prix !!!

A la Safer, un hectare dans le coin est évalué à max 4000 ¤ !!

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#3 Message par kesako » 24 avr. 2006, 09:03

Exposé interessant , mais qui achete (ou fait construire ) ? (puisque ce n'est pas une region extrement riche ni prisée)

ph75

#4 Message par ph75 » 24 avr. 2006, 09:05

Mouna a écrit :Ce WE, je suis allée dans le Lot et je suis tombée sur une annonce d'un agriculteur qui vend son terrain à Saint Laurent des Tours :
http://www.seloger.com/detail.htm?av=0& ... NN_QRYpg=2
J'aime bien le "En plein coeur de ville" dans l'annonce. En bon parisien, je m'attend à une ville de 10000 habitants au moins. Mais non : http://www.mairie-st-laurent-les-tours. ... /index.asp
Au dernier recensement la commune comptait 930 habitants, en 1982 elle en comptait 747, et 836 en 1990.

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#5 Message par jmpoure » 24 avr. 2006, 09:06

Merci pour le lien. L'agriculteur (ou le promoteur) est fou.

Dans l'Aisne, on peut dégager du foncier à volonté. Et faire 500 lots à n'importe quel endroit, pour n'importe quel prix. Je ne connais pas bien le métier consistant à rendre des terrains fiables, mais cela doit être un métier en or. Il faut trouver un accord entre l'agriculteur (qui rêve de vendre) et la marie (qui rêve de se désendetter). Comme la création de valeur est assez évidente, il doit être facile d'arriver à un accord. Et c'est pour cela que l'on voit tant de quartiers entiers surgir de terre.
Modifié en dernier par jmpoure le 24 avr. 2006, 09:08, modifié 1 fois.

ph75

#6 Message par ph75 » 24 avr. 2006, 09:07

kesako a écrit :Exposé interessant , mais qui achete (ou fait construire ) ? (puisque ce n'est pas une region extrement riche ni prisée)
Les estrangers bien sûr ! ils sont partout !
Hier soir dans Capital reportage sur la retape de vieux trucs dans la cambrousse pour en faire des chambres d'hôtes. Les etrangers sont évoqués plusieurs fois car ils font/feront monter les prix. Problème: durant le reportage, on en voit aucun ! ni client, ni investisseur, rien de rien !

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#7 Message par David75 » 24 avr. 2006, 09:12

Comment est ce coin économiquement?
Et la population, elle reste ou elle s'enfuie?

Juste pour savoir... car l'apparence des prix attractifs à toujours masqué des pièges...
Surtout quand d'un coup il y a un grand mouvement commun pour attirer les gens...
Quand d'un coup le foncier est dispo alors qu'il était impossible de trouver la moindre parcelle avant.

Un contre coup des prix trop hauts?

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#8 Message par jmpoure » 24 avr. 2006, 09:40

David75 a écrit :Un contre coup des prix trop hauts?
Oui. La théorie économique indique que :
tant qu'un marché offre de forts bénéfices, il se produit des entrées sur le marché.

les nouveaux entrants sont des particuliers qui font construire, ou des société spécialisées qui commercialisent des maisons sur catalogue.

Exemple fictif :
- Prix d'une maison ancienne : 350.000¤
- Prix de la même maison neuve : 20.000¤ de terrain + 130.000¤ de construction = 150.000¤ tout compris.

Bénéfice apparent en cas de construction, puis revente = 200.000¤. Tant que le différentiel est positif (en fait supérieur à un placement sans risque de type obligation), il est plus intéressant de faire construire. Ce qui stimule considérablement la construction.

En fait, même à prix équivalent (150.000¤ pour la maison ancienne), il est plus intéressant d'acheter du neuf. Théoriquement, le prix de l'ancien, à qualité égale, devrait être inférieur au neuf. Dans notre cas d'étude :
:arrow: Maison neuve à 150.000¤
:arrow: Maison ancienne à 100.000¤

C'est la raison pour laquelle je pense que la construction est un mouvement durable. Même après une baisse de 50% dans l'ancien, il sera toujours intéressant de construire du neuf.

Sur le modèle de l'Allemagne ou du Japon, je pense que les prix seront bientôt très différenciés :

:arrow: Ancien dévalorisé par rapport au neuf (c'est ce que dit la théorie économique et cela se vérifie facilement).
:arrow: Grande diversité de prix, depuis 1¤ jusqu'à 200.000¤. Mieux vaut bien choisir son placement. Un bien de qualité à 400.000¤ verra son prix divisé par 2, alors qu'un nanar pourra perdre 90% de sa valeur.
:arrow: Très peu de prix délirants (> 300.000¤).
:arrow: Grand intérêt pour les maisons individuelles. L'habitat collectif, en dehors des grandes villes, est un signe de pauvreté.

C'est la raison pour laquelle le krach immobilier est difficile à analyser : en Allemagne ou au Japon, on construit encore beaucoup de logements neufs, et parfois chers. Les logements invendus et sans valeur ne rentrent dans aucune statistique. Seul l'internet nous permet de mesurer la chute des prix, qui sont parfois divisés par 1000. Et tout le monde s'en fiche, puisque les prix baissent sur 50 ans.

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#9 Message par David75 » 24 avr. 2006, 10:09

Oui tout ça j'ai bien pigé, et tant que ce n'est pas en place... je ne m'y attarde pas.

Pour le moment les gens sont encore dans leur tête à:

"Mais c'est normal que ma voiture soit plus chère que neuve, elle a roulé vous comprenez, elle a pris de la valeur".
Cette phrase est ridicule dans l'automobile, elle semble être une évidente vérité pour les maisons et les appartements...

Non, ce qui m'interresse, c'est le pourquoi de cette libération de foncier constructible. Rien n'est gratuit, aucun mouvement d'une telle ampleur n'est fait sans objectifs...

C'est cela qui m'interresse, les motivations réelles... pourquoi d'un coup se séparer de son effet de richesse pour permettre la constructions de maisons "pas chères (par rapport à la folie actuelle"

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#10 Message par Century59 » 24 avr. 2006, 10:10

Je puis parler de Chauny, que j'ai naguère bien connue et où je passe encore régulièrement.

Chauny est une jolie petite ville de 11.000 habitants approximativement, sise dans l'Aisne, pas très loin de St Quentin.
Elle a été entièrement été dynamitée par les allemands durant la première guerre mondiale et a été reconstruite avec de larges artères.
La gare SNCF, édifiée dans les années 20, est architecturalement élancée et belle.
La pollution à Chauny est loin d'être négligeable, à cause de diverses usines chimiques installées à proximité : Rohm et Hass (un des tous premiers employeurs de la ville, mais emploie surtout désormais des cadres et effectifs en diminution constante), Nexans, etc... Des odeurs tenaces, signe de cette pollution, affluent fréquemment aux narines.

La ville de Chauny est totalement sinistrée économiquement. Officiellement le chômage tourne autour de 20 %, mais en réalité il doit avoisiner les 50 %.
Le niveau socio-culturel de la plupart des habitants est bas.
Une petite bourgeoisie locale, étriquée d'esprit et parfois arrogante, tient le haut du pavé, comme dans toutes les villes de ce genre.
La ville est très équipée, voire suréquipée en installations sportives, sinon culturelles (médiathèque installée dans des bâtiments agréables, mais indigentes en livres autres qu'à la mode).

Chauny est une petite ville qui se meurt, car sa dimension est insuffisante pour lui permettre de prendre un essor économique quelconque.
Elle est appelée à devenir une banlieue parisienne lointaine.
Beaucoup de chaunois travaillent désormais à Paris, car sur place, en dehors de l'hôpital, il n'y a pratiquement pas d'emploi.
Il existe aussi des parisiens qui investissent sur place, soit dans des résidences secondaires, soit même dans des résidences principales - ce qui, à mon avis, étant donné le temps de transport, est assez dément, mais enfin, à chacun sa vie.
La ligne St Quentin-Paris, via Chauny est une bonne ligne de chemin de fer, assez rapide, avec des trains corails : compter entre une heure dix et une heure 30 de Chauny à Paris. Le nombre de trains disponibles en journée s'est très sensiblement accru ces dernières années.
Chauny n'est pas une ville trop tranquille, même si elle l'est davantage que sa voisine Noyon, dans l'Oise : elle connaît un taux de délinquance assez élevé.

Comme le souligne J.-M. Pouré, la folie immobilière s'est emparée de la ville, les prix ayant cru d'environ 100 % depuis 1998. Les agences immobilières se sont multipliés, succursales locales des grands requins nationaux. Cette multiplication des agences contribue à l'inflation immobilière. En effet, ces nouveaux venus utilisent la tactique habituelle des grands groupes désireux de s'implanter sur un marché local, en cherchant à éliminer les petites agences artisanales installés de longue date sur place. Ils envoient leurs jeunes négociateurs tirés à quatre épingle flatter la vanité des propriétaires, pour les convaincre de leur confier des mandats à des prix très largement supérieurs à la valeur réelle de leur maison. Le but est d'engranger des mandats, et non pas d'aider à vendre au juste prix. Les notaires ne sont pas en reste, qui se livrent tous traditionnellement à une activité d'intermédiaire immobilier sur la ville.

A titre d'exemple, une maison avec double mitoyenneté, sans vrai jardin, située sur le boulevard Gambetta (une artère centrale chic de Chauny, menant à la gare), des années 1920, d'environ 100 m², de six pièces petites (double séjour pas plus de 25 m², une des pièces du dernier étage mansardée), construite en hauteur, nécessitant des travaux, vendue aux alentours de 300.000 Frs maximum en 1997, a récemment fait l'objet d'une nouvelle vente pour un prix légèrement supérieur à 100.000 ¤.

En plein centre, une vaste demeure bourgeoise, avec café au rez-de-chaussée, sans jardin, composée au premier étage de deux grands appartements, est restée en vente l'année dernière une dizaine de mois environ à 280.000 ¤. J'ignore combien elle s'est vendue, mais étant donné les prétentions initiales du vendeur, je suis étonné de voir qu'elle est finalement partie, car je ne pense pas que l'acheteur ait quand même pu négocier un rabais de 100 %. Il y a ne serait-ce que cinq ans, une maison comme cela se serait vendu aux alentours de 150.000 ¤.

Sur le même boulevard, une grosse bourgeoise des années 1920 également, mitoyenne également, avec des bâtiments annexes derrières, est en vente chez un notaire au prix de... 265.000 ¤ :!: :!: Il y a quelques années, nul n'aurait eu l'indécence, je dis bien l'indécence, de proposer un tel prix, les maisons de ce type se vendaient aux alentours de 130.000 ¤ maximum. Il est vrai que la maison est en vente depuis un an maintenant et qu'elle n'a toujours pas trouvé preneur.
A titre de comparaison, sur le même boulevard Gambetta, s'est vendue il y a six ou sept ans une énorme et magnifique demeure bourgeoise avec jardin (avec travaux, certes), bien plus belle et volumineuse que celle actuellement mise en vente, pour environ 1.000.000 Frs.
De même, il y a environ cinq ans, une magnifique maison art déco individuelle, et non pas mitoyenne, avec jardin, au coeur de la ville, pour un prix raisonnable.

La rentabilité locative des maisons sur Chauny est très faible, en regard de leur valeur à la vente. En effet, au-delà de 750 ¤ par mois, quelle que soit la taille et l'agrément de la maison, il devient très difficile de trouver un locataire solvable. Il en résulte évidemment que les bailleurs n'ont pas les moyens d'entretenir correctement leurs biens et que beaucoup de ceux-ci nécessitent des travaux.

Comme le fait remarquer exactement J.-M. Pouré, on construit actuellement beaucoup autour de Chauny, à Ognes, banlieue bien fréquentée de la ville, notamment, mais aussi ailleurs. Les constructions consistent en des zones pavillonnaires, car ici tous les gens qui s'en sortent à peu près veulent une maison, pas un appartement.

Les prix de Chauny ne sont plus guère attractifs, étant donné les inconvénients inhérents à la vie dans une ville au niveau socio-culturel bas, éloignée de Paris et sans perspectives professionnelles pour la plupart des gens.

A mon avis, payer une maison avec jardin, bien située et de taille égale ou supérieure à 120 m², plus de 160.000 ¤ à Chauny est un non-sens. Mais j'observe que certaines personnes peut-être aveuglées et influencées par les intermédiaires qui lorgnent après leur commission, n'hésitent plus à le faire. Il se pourrait qu'il y ait des lendemains douloureux...
Modifié en dernier par Century59 le 24 avr. 2006, 20:05, modifié 1 fois.

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#11 Message par jmpoure » 24 avr. 2006, 10:31

D'accord avec Century59, avec quelques nuances :

:arrow: Le niveau socio-culturel s'est élevé depuis les années 1980. La ville a une politique culturelle active. Même à la campagne, on peut se connecter à l'Internet en ADSL. Les habitants sont polis et bien élevés, aussi je doute qu'il existe un fossé durable.

:arrow: Par contre ... il existe un réel problème de chômage et l'alcoolisme. Ma voiture a été percutée à l'arrêt par un chômeur en 2000. Le conducteur avait ingéré des substances très puissantes, il était dans un état second, incapable d'écrire son nom. La voiture s'est pliée comme un acordéon, ce qui m'a sauvé la vie. Depuis, quand je conduis dans l'Aisne, je suis sur mes gardes. Un réel danger : un choc frontal, qui ne laisse aucune chance.

:arrow: Survivre dans un tel environnement nécessite de l'intelligence. Même quand les hommes n'ont pas la même manière de s'exprimer (par exemple : un paysan), ils ne sont pas "socio-culturellement inférieurs".

Pour donner un contre-exemple, un polytechnicien marié à une ingénieur, qui achète un 100 m2 à Paris au prix de 600.000¤ est-il socio-économiquement défaillant ? Tout est une question de référentiel et de nuance. Personnellement, je pense que les habitants de Chauny sont plutôt astucieux, en règle générale.

:arrow: Il existait une pollution dans les années 80, que l'on pouvait deviner les mauvais jours à l'odeur. Mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas, les normes sont très strictes. Et en plaine, le vent chasse tout.

Conclusion : avec deux SMIC, un couple vit très bien à Chauny. Probablement mieux qu'un couple de cadres à Paris. Et qui est le plus intelligent ?
Modifié en dernier par jmpoure le 24 avr. 2006, 10:39, modifié 3 fois.

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#12 Message par David75 » 24 avr. 2006, 10:36

Je me demande toujours le pourquoi de tant de miel pour un coin qui est habituellement moins attirant :wink:

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#13 Message par Century59 » 24 avr. 2006, 10:38

Je n'ai rien contre le chaunois de souche, qui est d'ordinaire gentil, industrieux et souvent astucieux, comme vous le soulignez à juste titre. Ils ne se prennent pas au sérieux comme les gens autours de Paris, où la personne même la plus banale se considère comme très importante.
En revanche, il y a quand même beaucoup de gens primitifs dans cette ville, qui comporte une zone hlm importante, d'ailleurs, dont la sécurité est toute relative. Il y a quinze jours, un brave transpoteur routier, père de famille, s'est fait tirer au 22 long rifle dans le genou à la "Résidence" pour avoir déplu à des "djeuns". C'est cela aussi, Chauny.
Et c'est vrai, on boit beaucoup dans la région, lol.
La pollution ofalctive est moins décelable que dans les années 90, mais elle subsiste.
Modifié en dernier par Century59 le 24 avr. 2006, 10:41, modifié 1 fois.

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#14 Message par cashisking » 24 avr. 2006, 10:40

J'ai passé le WE dans le même département, mais pas du même côté (plutôt côté Vailly / Braine). Le constat est le même. Des champs à perte de vue et un pouvoir d'achat manifestement sans rapport avec les prix proposés. Nous avons dormi chez une tante, qui a acheté en 1998. Je lui demande le prix : 45000¤, pour une maison avec travaux certes, mais avec grand jardin (500/600m² à vue de nez), et une surface habitable (après travaux) que j'estime à 150m². Etonnant, non ?

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#15 Message par jmpoure » 24 avr. 2006, 10:41

Century59 a écrit :Je n'ai rien contre le chaunois de souche, qui est d'ordinaire gentil, industrieux et souvent astucieux, comme vous le soulignez à juste titre. Ils ne se prennent pas au sérieux comme les gens autours de Paris, où la personne même la plus banale se considère comme très importante.
En revanche, il y a quand même beaucoup de gens primitifs dans cette ville, qui comporte une zone hlm importante, d'ailleurs, dont la sécurité est toute relative. Il y a quinze jours, un brave transpoteur routier, père de famille, s'est fait tirer au 22 long rifle dans le genou à la "Résidence" pour avoir déplu à des "djeuns". C'est cela aussi, Chauny.
Et c'est vrai, on boit beaucoup dans la région, lol.
La pollution ofalctive est moins décelable que dans les années 90, mais elle subsiste.
Je pense que l'on est d'accord. Mais Chauny ressemble à une ville pavillonnaire, pas à un Bronx. Même les HLM sont corrects. De toute façon, la frontière entre un HLM et un logement collectif est mince. La logique voudrait que les logements collectifs soient à l'avenir réservés aux ménages défavorisés. Personnellement, je pense même qu'un logement collectif n'a aucune valeur. Et que tous les logements collectifs sont destinés à être rasés.

Quand à la présence d'armes, c'est la campagne. Chanque paysan est armé, pour la chasse.
Modifié en dernier par jmpoure le 24 avr. 2006, 10:44, modifié 2 fois.

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#16 Message par David75 » 24 avr. 2006, 10:42

cashisking a écrit :J'ai passé le WE dans le même département, mais pas du même côté (plutôt côté Vailly / Braine). Le constat est le même. Des champs à perte de vue et un pouvoir d'achat manifestement sans rapport avec les prix proposés. Nous avons dormi chez une tante, qui a acheté en 1998. Je lui demande le prix : 45000¤, pour une maison avec travaux certes, mais avec grand jardin (500/600m² à vue de nez), et une surface habitable (après travaux) que j'estime à 150m². Etonnant, non ?
Ubullesque :lol: :wink:

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#17 Message par jmpoure » 24 avr. 2006, 10:46

David75 a écrit :
cashisking a écrit :J'ai passé le WE dans le même département, mais pas du même côté (plutôt côté Vailly / Braine). Le constat est le même. Des champs à perte de vue et un pouvoir d'achat manifestement sans rapport avec les prix proposés. Nous avons dormi chez une tante, qui a acheté en 1998. Je lui demande le prix : 45000¤, pour une maison avec travaux certes, mais avec grand jardin (500/600m² à vue de nez), et une surface habitable (après travaux) que j'estime à 150m². Etonnant, non ?
Ubullesque :lol: :wink:
Normal dans un pays développé comme la France.

Je feuillette la catalogue de Brico Dépôt d'Avril 2006 : une baie coulissante motorisée coûte 570¤, un vélux 80¤ à 170¤, une grande vitre (double vitrage) 200¤. Ce sont les prix. Alors une maison en plein champs pour 45.000¤, c'est tout à fait normal. Comme on dit : "faut pas pousser Mémère dans les orties".
Modifié en dernier par jmpoure le 24 avr. 2006, 10:53, modifié 2 fois.

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#18 Message par canicule » 24 avr. 2006, 10:47

J'ai passé le WE de Pâques dans le sud du département, plus proche de Paris, mais très agricole également, où les prix sont devenus déments également (mais davantage de résidences secondaires et de salariés parisiens). Dans certains villages la population croît très rapidement et le nombre d'enfants augmente de façon fantastique.

A propos d'alcoolisme, dans le village où j'étais, le dimanche de Pâques, en tout début d'après-midi, un chauffard a réussi à percuter un panneau de la circulation dans la rue principale puis à aller emboutir et défoncer deux voitures garées sur le côté opposé, ceci très clairement sous l'emprise de l'alcool...

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#19 Message par David75 » 24 avr. 2006, 10:47

Century59 a écrit :Je n'ai rien contre le chaunois de souche, qui est d'ordinaire gentil, industrieux et souvent astucieux, comme vous le soulignez à juste titre. Ils ne se prennent pas au sérieux comme les gens autours de Paris, où la personne même la plus banale se considère comme très importante.
Nulle part il faut être un génie, ou une gravure de mode de la société pour bien vivre en province.
J'ai même le sentiment que beaucoup de populations dénigrées par le parisianisme, sont beaucoup plus endurantes et vivent bien mieux leur vie... que ces même parisiens.

C'est une espèce de contraste assez violent, mais bon. Il faut un peu voyager en France pour le comprendre.

en 98 j'ai été un peu en picardie profonde, et je me serais cru sur une autre planète. J'avais une vision très tranché du monde, et un avis très méprisant sur les gens vivant là.
Depuis ma vision a changé, je suis moins "hautain" et moins pétri de certitudes de supériorité.... sans pour autant me dénigrer ;)

Mais tout de même, repensons à cette campagne de "pub" de cette petite ville, et essayons de comprendre les vrais objectifs de ce mouvement.

Ce n'est certainement pas désinterressé.

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#20 Message par jmpoure » 24 avr. 2006, 10:51

David75 a écrit :Depuis ma vision a changé, je suis moins "hautain" et moins pétri de certitudes de supériorité.... sans pour autant me dénigrer
Il y a du progrès.
David75 a écrit :Ce n'est certainement pas désinterressé.
??? KiKeKoi ???

Tu peux préciser, je ne comprends pas.
Tu débutes un paragraphe, mais tu ne le finis pas.

Century59
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#21 Message par Century59 » 24 avr. 2006, 10:58

canicule a écrit :J'ai passé le WE de Pâques dans le sud du département, plus proche de Paris, mais très agricole également, où les prix sont devenus déments également (mais davantage de résidences secondaires et de salariés parisiens). Dans certains villages la population croît très rapidement et le nombre d'enfants augmente de façon fantastique.

A propos d'alcoolisme, dans le village où j'étais, le dimanche de Pâques, en tout début d'après-midi, un chauffard a réussi à percuter un panneau de la circulation dans la rue principale puis à aller emboutir et défoncer deux voitures garées sur le côté opposé, ceci très clairement sous l'emprise de l'alcool...
Si vous parlez du sud de l'Aisne, donc de la région de Château-Thierry, c'était toujours l'endroit le plus cher de l'Aisne ; non pas parce que c'est particulièrement agréable, mais parce que la desserte de Château-Thierry à Paris est excellente (40 mn de train), si bien que d'assez longue date, les parisiens se sont installés sur place. De plus, Château-Thierry est à une demi-heure de Reims par l'autoroute, c'est donc une ville très bien placée.

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#22 Message par David75 » 24 avr. 2006, 10:58

jmpoure a écrit :
David75 a écrit :Depuis ma vision a changé, je suis moins "hautain" et moins pétri de certitudes de supériorité.... sans pour autant me dénigrer
Il y a du progrès.
David75 a écrit :Ce n'est certainement pas désinterressé.
??? KiKeKoi ???

Tu peux préciser, je ne comprends pas.
Tu débutes un paragraphe, mais tu ne le finis pas.
je parle du point de vue de la commune/région ;)

Ils ont l'air de faire des pieds et des mains pour attirer de nouveaux foyers c'est ça?
l'intérêt serait de pouvoir caractériser toutes les attentes qui font qu'ils se montrent si attractifs ;)

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canicule
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#23 Message par canicule » 24 avr. 2006, 11:04

Century59 a écrit :
canicule a écrit :J'ai passé le WE de Pâques dans le sud du département, plus proche de Paris, mais très agricole également, où les prix sont devenus déments également (mais davantage de résidences secondaires et de salariés parisiens). Dans certains villages la population croît très rapidement et le nombre d'enfants augmente de façon fantastique.

A propos d'alcoolisme, dans le village où j'étais, le dimanche de Pâques, en tout début d'après-midi, un chauffard a réussi à percuter un panneau de la circulation dans la rue principale puis à aller emboutir et défoncer deux voitures garées sur le côté opposé, ceci très clairement sous l'emprise de l'alcool...
Si vous parlez du sud de l'Aisne, donc de la région de Château-Thierry, c'était toujours l'endroit le plus cher de l'Aisne ; non pas parce que c'est particulièrement agréable, mais parce que la desserte de Château-Thierry à Paris est excellente (40 mn de train), si bien que d'assez longue date, les parisiens se sont installés sur place. De plus, Château-Thierry est à une demi-heure de Reims par l'autoroute, c'est donc une ville très bien placée.
D'accord avec vous, sauf sur un point: il y a des endroits très agréables!

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#24 Message par Century59 » 24 avr. 2006, 11:12

Quand je mettais en doute l'agrément, je parlais de Château-Thierry elle-même. La ville offre plus de possibilités que Chauny, mais à part cela, elle est moche et installée au fond d'une cuvette, ce qui n'est guère plaisant.

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#25 Message par RV » 24 avr. 2006, 12:08

Bonjour à tout le monde,

Je connais également le coin puisque mes parents sont originaires d'un village à coté de Soissons habitent à Folembray, à 10 km de Chauny. Mon frère y habite également après avoir vécu quelques années sur la Région parisienne.
Pour ma part, j'y ai juste fait mon année de terminale au lycée Gay Lussac.

Donc mon expérience sur la région est la suivante :

:arrow: Mes parents on fait construire aux débuts des années 80 sur un terrain d'environ 1400 m2. En parlant avec mon père, à l'époque le terrain valait quasiment une bouchée de pain. C'était plus la prix de la construction qui prennait la part importante du budget.

:arrow: Mon frère, quant à lui, a fait construire en 2000 (je crois) une maison d'environ 100 m2 sur 2 étages (maison de type plutot carrée avec le garage attenant). Pareil pour le terrain, ça valait presque rien: peut-etre 20 ou 30 KF pour 650 m².

:arrow: Je jette souvent un coup d'oeil dans les journaux gratuits que reçoivent mes parents et je remarque que le prix des terrains à quand même beaucoup (trop !) augmenté depuis. il faut bien compter 50 KE pour un terrain de 800 m² dans les environs de Soissons. Je trouve ça cher pour le coin. La plupart des ménages ne disposent en effet pour la plupart que d'un seul revenu (dans l'entourage des voisins que je connais).

:arrow: Sinon dernier expérience: Nous souhaitons faire construire ma femme et moi dans le Val d'Oise (le projet est actuellement en Stand-by en vue d'une baisse prochaine des prix et compte-tenu de notre budget). Donc en allant voir quelques constucteurs (ceci se passait durant l'hiver 2004-2005), un constructeur nous proposait une "belle oppurtunité" selon lui: des terrains à Verneuil en Halatte aux alentours de 80KE pour 800 m² environ. Ce village doit se situer à une soixantaine de km de Paris je pense en Picardie (peut-être pas encore dans l'Aisne), il est situé sur la N2: ceux qui vont dans l'Aisne doivent passer par là. Donc le terrain ne nous intéressait pas, mais je faisais juste ce témoignage pour vous montrer la folie des prix sur le foncier dans le coin. Les gens qui achètent là bas et travaillant sur Paris sont bien courageuses car ça fait quand même une sacrée trotte pour se rendre au travail.

:arrow: Au niveau du travail dans la région, c'est tout de même pas évident. Je connais des voisins qui sont rester pas mal de temps sans rien trouver. De plus, les sites industriels disparaissent progressivement. Par exemple, il n'existe plus beaucoup de sucreries dans la région. Elles ferment les unes après les autres.

Voilà mon témoignage sur cette région.

RV
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#26 Message par RV » 24 avr. 2006, 12:34

Je connais aussi mes limites. On se voyait pas faire ça tous les jours.
Sans parler des frais de transport (trains, RER ou essence) qu'il faut payer chaque mois, surtout en ce moment.

RV

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#27 Message par mat49 » 24 avr. 2006, 18:28

suppression

Century59
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#28 Message par Century59 » 06 mai 2006, 18:22

Je suis repassé à Chauny dernièrement. Cette petite ville de l'Aisne offre une bonne illustration de la manière perverse dont les agences immobilières contribuent à une hausse artificielle du marché immobilier.
Vers 1998, il n'existait que deux agences immobilières à Chauny : Cercus et Century21 (une troisième agence avait fermé assez rapidement). Déjà, à l'époque, contrairement à Cercus, Century21 avait une fâcheuse propension à surévaluer les biens. Outre ces deux agences immobilières, trois études de notaire proposaient des biens à la vente. Enfin l'unique étude d'huissier de Chauny propose des biens en location.
Aujourd'hui trois autres agences se sont installées à Chauny même : AB immobilier et Immo Picard, qui sont des agences en réseaux, et la petite dernière, rue Pasteur, Leo-immobilier.
Cela fait donc au total huit professionnels implantés sur la ville même se livrant à l'activité d'intermédiaire dans la vente immobilière : trois études de notaire et cinq agences immobilières... le tout pour une ville d'environ 11.000 habitants.
Il est évident que le maigre fromage que représente le marché immobilier d'une petite ville de l'Aisne, aux prix traditionnellement bas, était inadapté à une telle multiplication d'intermédiaires immobiliers.
Aussi assiste-t-on visiblement, de la part de ces professionnels, à une surévaluation des biens dans le but, d'une part, d'engranger des mandats en convainquant les propriétaires de leur confier leur bien, d'autre part, d'améliorer le montant de leur commission proportionnelle au prix de vente.
La défense habituelle des agents immobiliers, consistant à prétendre que la "fluidité" du marché leur importe plus que les prix en eux-mêmes n'est pas d'une totale bonne foi.
En effet, les prix bas comme ils l'étaient traditionnellement dans l'Aisne permettaient à deux agences concurrentes de s'en sortir sur une ville comme Chauny, grâce au nombre de mandats dont elles disposaient et à la confiance que leur faisait la population locale (enfin, je ne parle pas tellement pour Century 21, mais pour l'autre agence ancienne).
Avec désormais cinq agences en tout, outre les trois études notariales dont l'une d'entre elles a considérablement développé son département immobilier, d'ailleurs, ce n'est plus possible.
En conséquence, les agences, notamment les nouvelles venues, n'hésitent pas à afficher des biens grotesquement surévalués, dans l'espoir qu'au terme de la négociation, le bien se vendra malgré tout suffisamment cher pour que la commission qu'elles encaisseront leur permette d'engranger au final un bénéfice.
A examiner les vitrines, en effet, seule l'agence immobilière Cercus, implantée de longue date et artisanale, continue d'offrir des biens à la vente à des prix à peu près convenables, encore que fort élevés par rapport à ce que les prix étaient à Chauny avant la formation de la bulle immobilière.
Chez les autres agents immobiliers, les prix affichés sont parfois purement et simplement délirants : par exemple, Picard immo n'hésite pas à afficher une maison, qui n'a rien d'un château, à un prix de 300.000 ¤ ! Quant au dernier venu, Léo immobilier, ses annonces au style sensationnel ("faire vite", "l'affaire de la semaine", "on pose ses meubles", "du charme et du volume", etc...) sont impuissantes à dissimuler le caractère étique (j'ai bien écrit étique, pas éthique :lol: ) de sa vitrine : ça va être dur pour lui, car il a apparemment encore trop peu de mandats pour pouvoir tourner et faire face à ses charges, il fait d'ailleurs de la retape dans les boîtes aux lettres pour proposer des évaluations gratuites.
Les notaires ne sont pas en reste dans cette surévaluation, tout le monde ayant hâte de se goinfrer avant que le marché éventuellement ne se retourne. Par exemple, dans la vitrine d'une étude de notaire rue Pasteur, on voit des annnonces de maisons à la vente, sans photographie, à des prix compris majoritairement entre 210.000 et 285.000 ¤ ! Je rappelle que nous sommes dans une des régions les plus pauvres de France, où le taux de chômage est impressionnant et où les salaires avoisinent la plupart du temps le Smic, pour ceux qui ont la chance d'avoir un travail.
A mon avis, si les agences ne s'étaient pas multipliées, les prix proposés à la vente n'auraient pas atteint des niveaux aussi indécents. Une seule agence, Cercus, demeure dans des prix raisonnables, mais combien de temps pourra-t-elle rester raisonnable face à des concurrents, dont l'unique préoccupation est de flatter les propriétaires, car c'est la condition nécessaire à l'engrangement de mandats et à l'appréciation de leurs commissions, et, partant, à leur survie ?
Century 12 offre de nombreux biens en location, un bon tiers de sa vitrine, mais les prix demandés apparaissent, là aussi, surévalués par rapport aux possibilités de la plupart des habitants de Chauny, d'où des biens qui restent longtemps en vitrine avant d'être loués.
Modifié en dernier par Century59 le 06 mai 2006, 18:52, modifié 1 fois.

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#29 Message par mat 72 » 06 mai 2006, 18:45

Une bonne illustration de l'efficience économique qu'apporte une saine concurrence entre les agents du marché.

Guy Sorman, où es-tu ? Ohé !...
Ces AI et ces notaires, quelle engeance !

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#30 Message par Lorenz » 07 mai 2006, 15:30

Mouna a écrit :Ce WE, je suis allée dans le Lot et je suis tombée sur une annonce d'un agriculteur qui vend son terrain à Saint Laurent des Tours :

http://www.seloger.com/detail.htm?av=0& ... NN_QRYpg=2

Oui, vous avez bien lu le prix !!!

A la Safer, un hectare dans le coin est évalué à max 4000 ¤ !!
4 000 000 d'euros pour un terrain vendu par un fils de serf ? Mais, sous la féodalité, les pires seigneurs étaient moins esclavagistes !

Philippe le Bel, reviens ! On a besoin de toi pour faire la contre-révolution.

Lorenz
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#31 Message par Century59 » 08 mai 2006, 09:19

Pour illustrer ce que je remarquais dans mon post d'hier sur Chauny, à propos de l'effet inflationniste d'un trop grande concurrence entre des agences trop nombreuses, voir la vidéo suivante d'un déjeuner d'agents immobiliers de la région parisienne : http://www.lesiteimmobilier.com/immotv/ ... verte.aspx
"Quand la concurrence fait monter les prix".
Les agents immobiliers le reconnaissent donc eux-mêmes.

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#32 Message par lebouru » 09 mai 2006, 18:01

tres interessant ,on comprend mieux pourquoi les agences prennent un max de mandat mais selectionnent les biens sur lesquels elles se font de la pub avec leur affichettes!

Century59
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#33 Message par Century59 » 25 juin 2006, 21:13

Deux maisons bourgeoises année 1920 avec jardin et mitoyennes se sont récemment vendues sur le Boulevard Gambetta, les Champs Elysées de Chauny en quelque sorte :lol: .
Chacune s'est vendue aux alentours de 250.000 ¤.
Une autre maison similaire, sur le même boulevard, avec travaux, est en vente 300.000 ¤ depuis environ un an. Elle n'a toujours pas trouvé d'acquéreur, mais pourrait partir aux alentours de 250.000 ¤ aussi, selon les connaisseurs.
Apparemment le marché n'est toujours pas bloqué.

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#34 Message par Century59 » 29 oct. 2007, 13:25

Century59 a écrit :Une autre maison similaire, sur le boulevard Gambetta, avec travaux, est en vente 300.000 ¤ depuis environ un an. Elle n'a toujours pas trouvé d'acquéreur, mais pourrait partir aux alentours de 250.000 ¤ aussi, selon les connaisseurs.
Apparemment le marché n'est toujours pas bloqué.
Chauny, petite ville de 11.000 habitants, connaît un accroissement démesuré et déraisonnable du nombre d'agences immobilières. Leur nombre s'est multiplié par au moins deux en dix ans. Elles sont à l'heure actuelle au nombre de cinq : Picard immo, AB2 immobilier, Immogroup, Century21, Etude immobilière Cercus. Mais ce n'est pas tout ! Une agence Laforêt va s'ouvrir sur la place de la Mairie ! Ce quadrillage de la ville par des réseaux de franchisés aux méthodes commerciales agressives s'est traduit par un encouragement des propriétaires vendeurs à majorer leurs prix, afin de les convaincre de confier mandat aux agences intéressées. En effet, de toute façon les biens ne tournent pas rapidement à Chauny, donc autant pour les agences essayer de se gaver le plus possible sur des bien surévalués, grâce à leur commission proportionnelle au montant de la vente, par exemple les maisons bourgeoises du boulevard Gambetta, de manière à toucher, au moins de temps en temps, un jackpot.

Seule l'Etude immobilière Roger Cercus, agence immobilière locale honnête, a longtemps affiché des prix raisonnables. Mais pourra-t-elle résister à la concurrence de "confrères" pas toujours aussi scrupuleux ?

A toutes ces agences, s'ajoutent encore les notaires, au moins trois sur Chauny, qui ont tous un département vente et location immobilières.

En outre, l'unique étude d'huissier de Chauny fait également, depuis toujours, de la gestion locative, avec d'ailleurs une compétence juridique et judiciaire que les agences n'ont pas nécessairement...

La maison semi-mitoyenne du boulevard Gambetta mise en vente à 300.000 euros ne semble pas toujours vendu ; son prix de vente est désormais autour de 260.000 euros.

Une autre maison bourgeoise du boulevard Gambetta, environ 150 m², mitoyenne des deux côtés, avec jardin de 200 m² environ et sans garage, en bon état, a été mis en vente dans deux agences, AB2 immobilier et Immogroup, pour un prix de... 286.000 euros. Vraiment cher. Les pratiques inflationnistes n'ont pas cessé à Chauny. Cette maison s'était négociée à la vente environ 500.000 francs en 1998...

Une maison art déco située place du Marché Couvert, environ 250 à 300 m² de superficie habitable, mise en vente 500.000 euros, est finalement partie à un prix sensiblement moindre, mais inconnue. La vente s'est effectuée directement de particulier à particulier : et toc, une vente sur laquelle les agences ne se sont pas gavées.

Une très grosse et belle maison bourgeoise, dans les 300 m², va vraisemblablement aussi être mise en vente sur le boulevard Gambetta. Elle a un grand et agréable jardin, mais nécessite probablement des travaux de modernisation. Le prix de vente éventuel est à l'heure actuelle inconnu. Il est très possible que cette maison change de mains directement via un notaire, au lieu d'échouer dans la vitrine d'un agent immobilier.

Globalement les prix affichés ne cessent de croître à Chauny. Si blocage du marché immobilier, voire baisse des prix il y a, les propriétaires ne semblent pas en avoir pris conscience et il ne faut pas compter sur la plupart des agences, pour récolter des mandats de vente dans une petite ville où la concurrence est féroce, pour les encourager à la raison.

A noter que, sur je ne sais plus quel site internet qui mesure le niveau des prix de vente immobilier mois par mois (mais j'ignore comment), Saint Quentin, la grande ville la plus proche de Chauny, dans l'Aisne, a enregistré la plus forte baisse française en deux mois : - 17 %.

Zorgus
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#35 Message par Zorgus » 29 oct. 2007, 13:57

Hep ! C'est min'coin !

Chauny est classé en "zone dévastée", d'où le nombre de terrains qu'on peut y trouver. Reste à trouver des gens pour y habiter.
C'est prisé par les parisiens, à juste 1h de chez eux...qui ont surement vu les affiches dans le metro "l'aisne...it's open !"
L'avantage, c'est que les agriculteurs peuvent ainsi éspérer revendre leurs terrains à bon prix plutôt que ce les faire piquer par l'état pour 3 francs 6 sous !
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Lilloise

#36 Message par Lilloise » 29 oct. 2007, 16:00

L'essentiel de l'aisne est classé en zone dévastée.

Peut être le sud tire son épingle du jeu mais le reste est tristounet

Je connais bien, j'ai quitté il y a un un an..Ouffff

Zorgus
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#37 Message par Zorgus » 29 oct. 2007, 17:11

Ah ces citadins, jamais content, ils aiment que le monde !
NO FUTURE

Lilloise

#38 Message par Lilloise » 29 oct. 2007, 17:24

le monde, le monde ..c'est qu'il y a un peu trop de picards :lol:

Et quand les citadins viennent vous rendre visite direction le familistère , heureusement que chez les nordistes il ya le musée Matisse.

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xion
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#39 Message par xion » 29 oct. 2007, 18:48

Au passage,8)
je tenais à vous signaler...l'ouverture du 3ème Center Parc construit dans l'Aisne.
Le site a créé 690 emplois directs. La main d'oeuvre est à 75% des locaux.

Une bonne partie de la champagne picarde profite des activités du bassin Reimois.

L'essentiel de l'Aisne est elle vraiment dévastée!? :shock:

Au vue du potentiel foncier, moi aussi je pense que la vague de construction est durable dans ce département. :roll:
Article 28.
"Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution.
Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures."

Lilloise

#40 Message par Lilloise » 29 oct. 2007, 19:31

Je connais bien le nord de l'aisne, c'est la misère

Je n'avais jamais vu autant de pauvreté, ..il y a aussi la mentalité !

Pour les terrains, il y en a ...des hectares de betteraves

Century59
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#41 Message par Century59 » 29 oct. 2007, 19:45

Le nord de l'Aisne c'est la Thiérache (Guise, aux "marches" de la Thiérache, Buironfosse, La Capelle, Le Nouvion, etc...), belle, mais effectivement très pauvre. Et, en Thiérache, il n'y a pas tellement de betteraves : plutôt des forêts et des bocages.

Chauny n'est pas dans le nord de l'Aisne : elle est à quinze kilomètres de la frontière avec l'Oise et à 25 km au sud de Saint Quentin. D'origine, c'est une ville plutôt bourgeoise, contrairement à sa voisine Tergnier, anciennement ville de cheminots.

Mais Chauny n'est pas une ville prospère : taux de chômage élevé, taux de délinquance idem, une proportion importante des habitants travaille désormais à Paris.

Pour ce qui est des terrains, ils se sont très bien vendus ces dernières années autour de Chauny, à des prix de plus en plus élevés. En bordure de Chauny, on a pas mal construit de lotissements. Cette ville a connu une frénésie immobilière, peut-être à cause de sa proximité relative de Paris. Reste à savoir si ça va durer, car les prix sont devenus tout à fait immérités en regard de l'agrément très relatif de cette ville et du niveau de vie des autochtones. D'ailleurs, ces derniers renoncent, pour la plupart, à acheter à Chauny et prospectent plutôt les villages alentours, où l'immobilier est plus accessible : Vouel, Sinceny, Bichancourt, Marizelle, Viry-Noureuil, Villequier-Aumont, etc...

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pap's
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#42 Message par pap's » 29 oct. 2007, 22:01

Chauny, c'est pas là où ils vont supprimer le tribunal de commerce ?
pap's

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#43 Message par Century59 » 30 oct. 2007, 16:01

pap's a écrit :Chauny, c'est pas là où ils vont supprimer le tribunal de commerce ?
Si : le tribunal de commerce et le conseil de prud'hommes. Mais le tribunal d'instance devrait rester.

Cela n'arrangera pas la situation de l'emploi. Cela étant, il faut se souvenir que, d'ores et déjà, beaucoup de gens travaillent quotidiennement à Paris. Chauny devient peu à peu une banlieue éloignée de la capitale, d'où la montée des prix, l'immobilier attirant des franciliens dans l'impossibilité de se loger convenablement avec leurs revenus, même dans l'Oise, toute proche mais plus chère que l'Aisne.

La France connaît, après l'Angleterre, un phénomène d'éloignement progressif de son domicile par rapport à son lieu de travail. Au Royaume-Uni, cela fait des années déjà que des habitants de Nottingham ou d'autres villes du nord de l'Angleterre travaillent quotidiennement à Londres, par exemple. La France emprunte, avec du retard, malheureusement la même voie. L'autre jour, une de mes relations, qui habite Cambrai, me disait que de plus en plus de cambraisiens travaillent quotidiennement à Paris, s'ils ne travaillent pas à Lille. Pourtant la desserte de Paris-Cambrai est exécrable : il n'y a qu'un train direct par jour et, le reste du temps, il faut prendre le tgv à Arras ou Douai, ou le train grandes lignes à Saint Quentin. On imagine la fatigue et la lassitude résultant de l'accomplissement quotidien de tels trajets.

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#44 Message par Century59 » 04 nov. 2007, 14:57

Century59 a écrit :La maison semi-mitoyenne du boulevard Gambetta mise en vente à 300.000 euros ne semble pas toujours vendu ; son prix de vente est désormais autour de 260.000 euros.
Dernière nouvelle : la maison en question est affichée sur "A vendre, à louer" à 245.000 euros, soit 20.000 euros de moins que le prix avant l'été (au bout de deux ans, apparemment les propriétaires commencent à jeter du lest) :

http://www.avendrealouer.fr/annonces-im ... RO/1786528

Voici une adresse du site internet de l'agence, où on peut voir des photos de cette maison, avec l'ancien prix (l'agence n'a apparemment pas mis à jour son site ou alors attend continue d'attendre le parisien mal informé) :

http://www.imogroup.com/154475/20290605 ... tm?lang=fr
Century59 a écrit :Une autre maison bourgeoise du boulevard Gambetta, environ 150 m², mitoyenne des deux côtés, avec jardin de 200 m² environ et sans garage, en bon état, a été mis en vente dans deux agences, AB2 immobilier et Immogroup, pour un prix de... 286.000 euros. Vraiment cher. Les pratiques inflationnistes n'ont pas cessé à Chauny. Cette maison s'était négociée à la vente environ 500.000 francs en 1998...
Voici le site d'une agence ayant en portefeuille la maison en question, avec des arguments de vente dithyrambiques qui font sourire quand on connaît un peu Chauny : "vente de prestige", "secteur centre ville recherchée", etc..., etc... :
http://www.imogroup.com/154475/30389779 ... tm?lang=fr

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#45 Message par Century59 » 07 nov. 2007, 21:06

Century59 a écrit :Une très grosse et belle maison bourgeoise, dans les 300 m², va vraisemblablement aussi être mise en vente sur le boulevard Gambetta. Elle a un grand et agréable jardin, mais nécessite probablement des travaux de modernisation. Le prix de vente éventuel est à l'heure actuelle inconnu. Il est très possible que cette maison change de mains directement via un notaire, au lieu d'échouer dans la vitrine d'un agent immobilier
Apparemment vendue à un prospère commerçant local, sans l'intermédiaire d'une agence, en très peu de temps. Prix demandé : 480000 €, prix effectif ignoré, mais la différence ne doit pas être immense, car la maison est partie très vite. Il faut ajouter 100.000 € de travaux, car la maison a impérativement besoin d'une rénovation. Comme quoi, il y a encore des biens qui sont vendus rapidement. De toute façon, dans cette ville, les bonnes affaires, à la location comme à la vente, sont celles qui se font sans l'intermédiaire des agences, surtout les franchisés des grands groupes qui contribuent à gonfler artificiellement les prix. Mais, en l'occurrence, je ne dis pas que l'acquéreur a fait une bonne affaire, car le prix demandé était vraiment élevé, à mon avis. Plusieurs maisons changent ainsi de mains chaque année, à des prix souvent bien inférieurs à ceux affichés dans les agences pour des biens similaires. Ceux qui les achètent ne sont pas des pigeons parisiens ignorant de la réalité du marché local, mais des chaunois avec des ressources (il y en a...).

Century59
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#46 Message par Century59 » 29 nov. 2007, 19:25

http://www.avendrealouer.fr/annonces-im ... RO/1786553

Grande maison bourgeoise située sur l'avenue André Ternynck, il semble. En vente depuis au moins un an.

Le prix, qui était de 260.000 € environ - encore le prix affiché dans la feuille de chou des notaires de l'Aisne de ce mois - vient d'être baissé à 222.000 €.

40.000 € de baisse approximativement, donc.

Mais le prix actuel continue de paraître bien élevé... Quoiqu'au centre de la ville, la maison ne semble pas placée à un endroit agréable - trottoir étroit sur avenue passante - et semble accolée à un immeuble. De plus, elle nécessite de gros travaux de rénovation. Enfin, l'annonce ne dit rien sur un éventuel jardin.

La maison bourgeoise doublement mitoyenne située Boulevard Gambetta et annoncée à 286.000 € ne semble toujours pas vendue, quant à elle. :wink: Aucun signe non plus de fléchissement pour le prix pour l'instant, dans aucune des deux agences qui ont reçu mandat. :lol: :lol: :lol: :
http://www.ab-immobilier.fr/details.php ... d=68467552
http://www.imogroup.com/154475/30389779 ... tm?lang=fr

D'un certain point de vue, c'est plutôt rassurant, car si elle partait à ce prix, cela signifierait que le marché est vraiment très haut dans cette petite ville où les chaunois de souche, avec leurs salaires modestes, ne peuvent même plus se loger et doivent céder la place à des retraités aisés ou à des parisiens fuyant les prix hallucinants du val d'Oise et de l'Oise pour trouver à se loger plus loin.

A noter au passage les approximations regrettables de certains agents immobiliers, car la superficie de cette maison serait de "180 m² environ" selon l'annonce de la première agence et de "150 m² environ" selon l'annonce de la seconde. Je sais bien que la loi Carrez est inapplicable aux maisons, mais au prix atteint par le m², un minimum de rigueur serait le bienvenu. Quoi qu'il en soit, la superficie "de 150 m² environ" donné par la seconde agence apparaît proche de la vérité : 180 m² semble manifestement exagéré au regard du type de construction et du nombre de pièces.

Enfin, il se confirme que ce n'est pas une nouvelle agence, mais deux agences immobilières supplémentaires qui vont s'ouvrir prochainement à Chauny, une sous l'enseigne Laforêt et l'autre sous une enseigne ignorée. Cela fera donc au total 7 agences plus trois études de notaire avec un département immobilier pour se partager le marché de cette petite ville de 12000 habitants :shock: . Le gâteau est trop petit et il va y avoir des morts, à mon avis. :?
Modifié en dernier par Century59 le 16 déc. 2007, 00:37, modifié 2 fois.

azertya

#47 Message par azertya » 30 nov. 2007, 11:22

Ca m'a l'air d'un sinistre ce coin...

Century59
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Re: Chauny dans l'Aisne

#48 Message par Century59 » 24 janv. 2008, 12:01

Entretien avec le conseiller d'une banque hier. Les propos retranscrits valent ce qu'ils valent, car les banquiers n'en savent pas nécessairement plus que des particuliers avisés.

Selon ce conseiller, les milieux professionnels – banques, notaires – prévoient une baisse de 15 à 20 % sur les dix-huit prochains mois. Il n’a pas précisé toutefois s’il parlait du Nord – Pas-de-Calais, de la Picardie ou de l’Aisne seulement, ou bien encore du Nord – Pas-de-Calais et de la Picardie confondus.

Il a beaucoup moins de dossiers de prêt à instruire ces derniers temps : alors qu’il en traitait deux par semaines jusqu’à l’automne 2007, il en est désormais à deux, voire moins, par mois.

L’explication, selon lui réside dans le caractère astronomique des prix actuels : les taux ayant remonté et le crédit immobilier à prendre étant donc plus lourd, pas mal de gens soit ne peuvent plus acheter, soit préfèrent différer leur achat. Une attitude attentiste prévaut donc chez nombre d'acheteurs, d’où un marché plutôt bloqué.

Chauny est désormais plus cher que Saint Quentin et que Soissons, villes pourtant plus grandes et plutôt plus agréables. En particulier, l’immobilier dans les villages alentours de Saint Quentin est moins cher que dans ceux autour de Chauny. Les biens qui arrivent maintenant sur le marché commenceraient, selon lui, à afficher des prix moins élevés, contrairement à ceux qui y sont déjà depuis plusieurs mois. Mais je dois dire que, personnellement, je n’ai pas constaté un tel phénomène : au contraire, les prix de présentation me semblent de plus en plus délirants, aussi bien sur Chauny que sur Saint Quentin.

Les agences immobilières, avec leurs commissions disproportionnées et leur tendance à flatter la cupidité des vendeurs en surévaluant les biens pour engranger des mandats, portent une responsabilité certaine dans la hausse déraisonnable des prix sur Chauny.

Si sa banque ne prête que sur vingt-cinq ans au maximum, les candidats à l’acquisition invoquent systématiquement l’argument du concurrent qui, lui, n’hésite pas à prêter sur trente ans, à des emprunteurs qui n’ont pas d’apport personnel et souvent ont déjà des crédits à la consommation (prêt bagnole, notamment, etc…). Il a vu des dossiers passer avec des endettements sur 25 ans, à 48 % des revenus nets.

Dans la région autour de Chauny, un terrain de 700 m² coûte dans les 30.000 € et la construction d’un pavillon, par une ou deux des boîtes pavillonnaires sérieuses du coin, coûte 100.000 € hors finition. Or les pavillons de superficie équivalente âgés de vingt ans sont proposés à la vente à plus de 200.000 €. Il conseille donc aux jeunes candidats à l’acquisition, pour ne pas trop s’endetter, de plutôt acheter un terrain et faire construire. En revanche, à l’intérieur de la ville de Chauny, les prix des terrains sont tels, que désormais seules des personnes ayant beaucoup de moyens peuvent en acheter et faire construire.

Century59
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Re:

#49 Message par Century59 » 16 avr. 2008, 15:16

Century59 a écrit :
La maison semi-mitoyenne du boulevard Gambetta mise en vente à 300.000 euros ne semble pas toujours vendu ; son prix de vente est désormais autour de 260.000 euros.
Dernière nouvelle : la maison en question est affichée sur "A vendre, à louer" à 245.000 euros, soit 20.000 euros de moins que le prix avant l'été (au bout de deux ans, apparemment les propriétaires commencent à jeter du lest) :

http://www.avendrealouer.fr/annonces-im ... RO/1786528

Voici une adresse du site internet de l'agence, où on peut voir des photos de cette maison, avec l'ancien prix (l'agence n'a apparemment pas mis à jour son site ou alors attend continue d'attendre le parisien mal informé) :

http://www.imogroup.com/154475/20290605 ... tm?lang=fr
Toujours pas vendue à ce jour, apparemment.
Cen****** a écrit :
Une autre maison bourgeoise du boulevard Gambetta, environ 150 m², mitoyenne des deux côtés, avec jardin de 200 m² environ et sans garage, en bon état, a été mis en vente dans deux agences, AB2 immobilier et Immogroup, pour un prix de... 286.000 euros. Vraiment cher. Les pratiques inflationnistes n'ont pas cessé à Chauny. Cette maison s'était négociée à la vente environ 500.000 francs en 1998...
Voici le site d'une agence ayant en portefeuille la maison en question, avec des arguments de vente dithyrambiques qui font sourire quand on connaît un peu Chauny : "vente de prestige", "secteur centre ville recherchée", etc..., etc... :
http://www.imogroup.com/154475/30389779 ... tm?lang=fr
Mandat donné à une troisième agence et prix demandé baissé de 286.000 € à 283.000 € dans chacun des trois agences. Toujours pas vendue apparemment.
Century59 a écrit :http://www.avendrealouer.fr/annonces-im ... RO/1786553

Grande maison bourgeoise située sur l'avenue André Ternynck, il semble. En vente depuis au moins un an.

Le prix, qui était de 260.000 € environ - encore le prix affiché dans la feuille de chou des notaires de l'Aisne de ce mois - vient d'être baissé à 222.000 €.

40.000 € de baisse approximativement, donc.

Mais le prix actuel continue de paraître bien élevé... Quoiqu'au centre de la ville, la maison ne semble pas placée à un endroit agréable - trottoir étroit sur avenue passante - et semble accolée à un immeuble. De plus, elle nécessite de gros travaux de rénovation. Enfin, l'annonce ne dit rien sur un éventuel jardin.
En fait, la maison en question semble avoir une sorte de jardin/cour arborée sur l'arrière. Quoi qu'il en soit, elle n'est toujours pas vendue.


Conclusion : Bien que l'hiver soit terminé, l'hibernation du marché immobilier semble se prolonger. Si les trois maisons décrites ci-dessus ne se vendent pas d'ici le mois de juillet, il faut s'attendre à des baisses à l'automne. Entre-temps, une ou deux autres maisons bourgeoises de taille comparable ont été mises en vente dans des agences de la ville, à des prix très élevés pour la ville (+ de 300.000 €).

Zorgus
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Re: Chauny dans l'Aisne

#50 Message par Zorgus » 16 avr. 2008, 15:58

Autour de moi, les vendeurs croient toujours dur comme fer que ca monte toujours, que la baisse n'est pas pour tout de suite malgré tous les articles baissiers qui fleurissent.

C'est bien pour eux que la claque va faire mal, car certains ont déjà des prêts relais en route...
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