Mais où sont les économistes pour les solutions ?

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optimus maximus
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#301 Message par optimus maximus » 08 févr. 2018, 10:03

part a écrit :On débriefe le fait que la balance commerciale de l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Belgique est positive ?
C'est vrai que la France s'est spécialisé dans les services. On peut même dire qu'on est le pays des services. La balance commerciale c'est juste le solde d'échange des biens. La balance des transactions courantes qui inclut les services est équilibrée.
Edit: faut que je revise mes données. Si la balance des transactions courantes était proche de l'équilibre en 2015, ça s'est dégradé en 2016 pour atteindre in déficit de l'ordre de 1% du PIB. Financé par des placements de titres à l'étranger principalement.
Mais une balance des transactions courantes déficitaire de 1% du PIB le choque moins qu'une balance excédentaire de 7 ou 8% du PIB.
Modifié en dernier par optimus maximus le 08 févr. 2018, 10:11, modifié 1 fois.

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Goldorak2
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#302 Message par Goldorak2 » 08 févr. 2018, 10:08

part a écrit :On débriefe le fait que la balance commerciale de l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Belgique est positive ?
Ils ont durablement réussi leur déflation salariale ? Compliment...

C'est vrai que théoriquement, la déflation salariale est une alternative efficace à la dévaluation en cas de manque de compétitivité. C'est juste qu'en pratique, c'est pas facile les peuples ne tiennent pas (en tout cas moins facile qu'avec la bonne vieille dévaluation). Et que la déflation salariale engendre un "petit" effet déflationniste sur l'activité (cf Hoover, Laval, Brüning https://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_Br%C3%BCning ).

Voir si ces peuples vont tenir l'austérité dans la durée (surtout quand leurs voisin français vont être contraints de s'y mettre aussi...) ou s'ils vont tenter qque chose de bizarre (révolte, vote bizarre, sécession, etc.... )

Voir aussi les problèmes de dettes. Elles ont été contractées avec un salaire plus élevées, ça peut être délicat sinon impossible à rembourser.

Personnellement, si mes revenus venaient à être divisés par deux, je pourrais adapter ma consommation normale et contribuer à rétablir la balance commerciale française (plus de voyage à l'étranger, et moindre consommation de trucs essentiellement importés). Mais je ne pourrais plus faire face à ma dette immobilière.

Alors que si la monnaie française a être dévaluée de moitié, je diminuerais fortement ma consommation de produits étrangers (au prix doublés donc...) et contribuerais ainsi à rétablir la balance commerciale française. Et je pourrais faire face à ma dette comme avant.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#303 Message par Goldorak2 » 06 mars 2018, 20:07

Mon dieu, un article pro Trump dans la presse française !
On aura tout vu ! On y parle de protectionnisme sans vomir.
http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/0 ... raison.php
Protectionnisme : et si Trump avait raison ?

Selon Benjamin Masse-Stamberger, Donald Trump n'est pas le premier à instaurer une forme de patriotisme économique pour son pays. La plupart des grandes puissances économiques le font déjà, y compris les États-Unis d'ailleurs, et elles ne s'en sortent que mieux.


Haro sur Trump! Le président américain a une fois de plus attiré sur sa personne la meute des bien-pensants. L'hôte de la Maison Blanche a eu il est vrai une idée saugrenue: respecter l'une de ses principales promesses de campagne. Il va prendre des mesures de rétorsion à l'encontre des pays dont les pratiques commerciales déloyales nuisent à l'industrie américaine. [...] Sans doute n'a-t-il pas tout à fait tort, puisque la production d'acier américain a chuté en dix ans de près de 100 millions à 82 millions de tonnes. Avec, à la clé, des centaines de milliers d'emplois de cols bleus perdus. Dans le même temps, les importations ont augmenté de plus de 50 %. Conséquence: le président américain a décidé d'imposer une taxe de 25 % sur l'acier importé - et de 10 % sur l'aluminium, pour des raisons similaires.
Que n'avait-il pas fait là? Avec l'objectivité qui les caractérise, les habituels experts se sont empressés de laminer le président américain, victime de son incapacité bien connue à se contrôler, ou même d'un de ses nombreux troubles mentaux. Des troubles qui conduisent à défendre les intérêts de ses mandants: on aimerait parfois que les dirigeants européens soient frappés par le même syndrome.
Mais non: nos commentateurs préfèrent entonner le refrain habituel de la «tentation protectionniste», qui évite il est vrai de se pencher sur un sujet ô combien technique. Les arguments sont bien rodés: on va «pénaliser le consommateur», enclencher un «cercle vicieux», «favoriser les rentes de situation», etc... Les éléments de langage sont les mêmes depuis trois décennies. Et peu importe si entre-temps des millions d'emplois ont été détruits, les classes moyennes occidentales déclassées, et des pans entiers de l'industrie rayés de la carte. Pourquoi évoquer les sujets qui fâchent?

Tout l'édifice de la doxa libre-échangiste repose en fait sur un postulat parfaitement erroné: le commerce mondial s'appuierait sur un système de règles garantissant des échanges équitables et qui profitent à tous. Or ceci relève de la pure chimère: le libre-échange ne profite en fait… qu'à ceux qui n'y croient pas. Les pays qui réussissent dans la mondialisation sont généralement les plus protectionnistes: à commencer par la Chine, qui protège son marché de mille manières, en utilisant l'arme monétaire par exemple, ou encore par le biais des «normes», qui permettent d'exclure nombre d'entreprises étrangères du marché chinois.
[...]
L'Histoire dira si la méthode fonctionne ou non. On aimerait simplement que nos décideurs européens déploient autant d'énergie et d'imagination pour défendre les ouvriers, agriculteurs et classes moyennes du Vieux Continent, qu'elles n'en trouvent pour trouver des punchlines, tweets et autres commentaires sarcastiques sur le président américain.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#304 Message par Lo2 » 06 mars 2018, 22:03

Il n'existe pas d'exemple de pays qui se soient développés en ouvrant son économie au Monde.
Cf Paul Bairoch.

On ouvre son marché quand il existe des excédents à vendre sinon ça détruit. Cf Nord de la France par exemple et son industrie textile laminée.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#305 Message par Goldorak2 » 10 juin 2018, 22:09

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/201 ... macron.php
Réforme de la zone euro : l'échec consommé du président Macron

Selon les Arvernes, la formation en Italie d'un gouvernement populiste, comportant plusieurs ministres ouvertement eurosceptiques, vient porter un coup d'arrêt aux ambitions européennes d'Emmanuel Macron.

[...]
Les espoirs mis dans l'adoption de réformes ambitieuses de la zone euro, alliant «en même temps» plus de stabilité et plus de solidarité sont définitivement partis en fumée. La chancelière Merkel vient d'en tirer les conséquences ce week-end en rendant publiques les positions allemandes en vue du conseil européen du 28 juin: un budget d'investissement de la zone euro d'une taille très limitée et créé «progressivement», la restructuration automatique des dettes des pays secourus par le «fonds monétaire européen» et rien d'autre. Le grand soir européen d'Emmanuel Macron n'aura pas lieu.
[...]
L'échec européen de Macron n'a rien de surprenant, pour qui connaît un peu la réalité de l'Europe. Qui pouvait sérieusement croire qu'il suffirait de trois discours inspirés sur l'avenir de «notre Europe» pour panser les plaies d'un continent meurtri par une décennie de crise économique, de tensions financières et migratoires et de ressentiment entre les peuples? Qui pouvait croire qu'il suffirait de grands mots pour effacer la réalité du déclassement majeur de la France en Europe face à la toute-puissance allemande? La démarche d'Emmanuel Macron était naïve par son ignorance des rapports de force, arrogante par sa démarche moralisante et idiote par son ignorance de la profondeur des dysfonctionnements de l'euro.

À l'issue de ses presque vingt années d'existence, on sait maintenant que la création de l'euro a été une erreur magistrale. Il faut assumer cette vérité sans avoir peur d'être taxé d'extrémisme. Le fonctionnement harmonieux d'une monnaie unique entre des pays très divers passe par une flexibilité intérieure (flux migratoires, flux de capitaux) et des transferts budgétaires (5% à 8% du PIB) à une échelle inenvisageable sans union politique complète. L'euro restera donc dysfonctionnel et les crises reviendront toujours.

Admettre cette réalité ne donne pas forcément la clef pour s'en sortir. Personne de sensé n'a la moindre idée de comment démonter l'euro sans provoquer une gigantesque crise financière. Il faudrait pour cela un degré de coopération entre Européens difficilement envisageable dans le contexte actuel (une garantie de la BCE sur les nouvelles monnaies recréées en Europe du sud? Un nouveau traité pour partager les coûts et limiter les risques juridiques?). Le simple fait d'évoquer de telles hypothèses suffit à mettre les marchés en panique. Il n'y a donc d'autre choix à moyen terme que d'essayer de survivre dans l'euro tel qu'il demeure, en attendant que l'Histoire apporte un jugement plus définitif.

Cet échec européen du président français est donc très grave pour lui et la poursuite de son quinquennat.
[...]
Pour rétablir la croissance française, les experts macronistes avaient mis beaucoup d'espoir dans un «rééquilibrage» de la zone euro qui viendrait soutenir, grâce aux efforts consentis par nos partenaires allemands, l'effort d'ajustement conduit en France. Pure illusion!

La position de la France dans la zone euro est rendue insoutenable par l'écart de compétitivité considérable qui demeure vis-à-vis de l'Allemagne. En 2017, selon le FMI, le taux de change réel allemand est sous-évalué de 30% par rapport à la France, un écart considérable qui condamne toute reprise industrielle de ce côté-ci du Rhin. Résoudre cet écart rend nécessaire de «dévaluer» les coûts de production en France et de «réévaluer» les coûts allemands. Concrètement, cela revient à instaurer un gel salarial en France et à relancer les salaires en Allemagne. La réforme du marché du travail votée par ordonnance en France à la rentrée 2017 a visé à renforcer le pouvoir de négocier des entreprises sur le marché du travail et à favoriser la modération salariale. Mais en laissant beaucoup de pouvoir aux syndicats au niveau de la branche, et en laissant intacts les impôts de production qui alourdissent considérablement les charges fiscales des entreprises françaises, les réformes de Macron n'ont pas l'ampleur nécessaire pour rattraper véritablement l'écart avec l'Allemagne. Surtout, il faut le redire, le macronisme est incapable de mener la Mère des batailles: la baisse de la dépense publique!
[...]
Soit la France comprend enfin qu'elle ne doit compter que sur ses seules forces. Il sera alors temps de mettre en œuvre des mesures à la hauteur du désastre économique français: des réductions de charges massives, compensées par des coupes dans la dépense à une échelle jamais vue. Le coût en termes de croissance à court terme et les tensions sociales à en attendre seront périlleux pour le régime, élu sur un programme tiède. Soit, comme son prédécesseur socialiste, Macron renoncera aux réformes et laissera la France continuer à dériver, au risque d'un déclassement irrémédiable.

Ce printemps 2018 marque déjà un moment de vérité du macronisme. Élu sur un programme peu ambitieux, porté par un lyrisme européiste naïf, Emmanuel Macron était condamné tôt ou tard à se confronter aux dures réalités d'une Europe divisée, d'une Allemagne toute puissante et d'une France terriblement affaiblie. Ce moment de vérité est déjà en train d'arriver.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#306 Message par lecriminel » 10 juin 2018, 23:41

Lo2 a écrit :Il n'existe pas d'exemple de pays qui se soient développés en ouvrant son économie au Monde.
Cf Paul Bairoch.

On ouvre son marché quand il existe des excédents à vendre sinon ça détruit. Cf Nord de la France par exemple et son industrie textile laminée.
surtout, ouvrir les marchés c'est gagnant-gagnant quand c'est pour s'échanger des biens ou spécialités (ex petrole de Norvège, cocos du Brésil, TGV français contre bois de Finlande, fraises d'Argentine et voitures allemandes),

quand il s'agit de créer artificiellement un pays-usine (Chine) avec un savoir-faire inférieur et des couts (ecologiques) de transports non repercutés, grace au moins disant salarial, conditions de travail lamentables et monnaie manipulée, ce n'est plus du libre echange, c'est du vol qui profite à une mafia représentant moins de 1% de la population au détriment des 99% autres.
Si t'as un couple qui gagne 6000 euros par mois et un apport de 100 K€, il y a moyen d'acheter un bien de 500 k€ en étant au taquet. C'est un beau trois pièces en petite couronne. Pourquoi tu trouves ça drôle ?

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#307 Message par Pi-r2 » 11 juin 2018, 12:16

lecriminel a écrit : une mafia représentant moins de 1% de la population au détriment des 99% autres.
je pense que tu peux écrire 0.1% voire 0.01%, ce serait plus exact à l'échelle mondiale.
Les bonnes idées triomphent toujours. D'ailleurs c'est à cela qu'on reconnait qu'elles étaient bonnes.
mon statut de modérateur ne m'interdit pas de participer aux discussions. Je ne modère pas les discussions auxquelles je participe.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#308 Message par Goldorak2 » 01 oct. 2018, 08:14

Le dernier livre de Zemmour éxécute le libre échange en qques pages dans son dernier livre "Quand l'histoire se venge", à travers des exemples historique (et en particulier Méline)

A noter que nous avons déjà connu les méfaits du livre échange. Le libre échange ralenti la croissance et abime les économies productives des états qui le pratique.

Notons que le retour du protectionnisme répare (en tout cas a réparé) assez facilement les économies malmenées par le libre échange.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#309 Message par Goldorak2 » 01 oct. 2018, 15:56

http://www.atlantico.fr/decryptage/euro ... 19924.html
L’Euro, 20 ans après : l’euro a-t-il tenu des promesses ? La banque de France s’est posée la question

Ce lundi 1er octobre, la Banque de France organise une "conférence exceptionnelle" en présence de Jean-Claude Trichet et de l'ancien ministre des finances allemands Théodor Waigel pour répondre à la question "Vingt ans après : l'euro a-t-il tenu ses promesses".



Mathieu Mucherie : Un bilan de l’euro par Trichet et un ancien ministre allemand,… c’est comme si Brejnev et Souslov étaient invités à disserter sur le bilan de l’URSS à la fin des années 70 !! Ces gens là ont promis les soviets et l’électricité ; l’euro devait en effet permettre : plus de croissance (c’est raté !), concurrencer le dollar comme monnaie de réserve et de facturation à l’échelle globale (complètement raté, la part de marché de l’euro n’excède pas la somme de la part des anciennes monnaies nationales), canaliser l’inflation (pas la peine, elle est moribonde partout), plus de réformes structurelles (les pays qui ont le plus réformé sont tous en dehors de la zone euro), des avancées dans la construction européenne avec plus d’affectio societatis (échec, et même régression), plus de transparence dans les affaires monétaires (quelle blague !), la constitution d’un vaste marché de la dette, unifié, à l’américaine (réussite partielle, mais pas uniquement attribuable à l’euro, et les flux financiers s’inversent depuis quelques années).


Cet échec était écrit par avance. L’idée soviétique selon laquelle un petit groupe d’hommes dans un bureau pourrait déterminer le pouvoir d’achat d’une nouvelle monnaie par rapport à d’autres et pour l’éternité, par exemple dire qu’un euro vaut 1936,27 lires italiennes jusqu’à la fin des temps, cette idée est une superstition scientiste, un mélange de Lyssenko et de Jdanov. Pas de chance, c’est l’ADN même de l’euro.

Pour un bilan plus impartial, regardez les actes concrets, ceux réalisés avec de l’argent bien tangible à la clé.
[...]
Cela me rappelle la confidence désabusée d’un investisseur, vers la fin 2008 : « cette crise, c’est pire qu’un divorce : non seulement j’ai perdu la moitié de ma fortune, mais en plus ma femme est toujours là ! ». Cette crise déflationniste européenne est pire qu’un divorce, non seulement on se japonise à vue d’œil (sans les avantages du Japon), mais en plus l’euro est toujours là. Le citoyen ne peut pas sortir, il n’a même pas la possibilité de mettre des actions non-européennes dans son PEA ; mais le reste du monde ne rencontre pas ce blocage, au début il perdait patience face à la procrastination eurolandaise, aujourd’hui il se moque de nous et, pire, il commence à nous ignorer.

Que répondent nos élites eurocratiques ? comme pour la psychanalyse : “Si vous vous sentez bien et que vous n’utilisez pas l’euro, vous êtes considérés en situation de déni ; si vous vous sentez mal et que vous n’utilisez pas l’euro, vous êtes un idiot ; si vous êtes dans l’euro et que vous vous sentez bien, alors c’est grâce à l’euro ; si vous êtes dans l’euro et que ne vous sentez pas bien, alors c’est que vous avez encore plus besoin de l’euro“.

Mais on voit que le malaise progresse, peut-être parce qu’ils n’ont pas une culture du pêché mais une culture de la honte ; pas un début d’autocritique, certes, mais les propos les plus outrageusement pro-euro se font de plus en plus rares (« L'euro, c'est une grande réussite et c'est ce qui irrite », Valéry Giscard d'Estaing, Entretiens à Strasbourg, 25 novembre 2011). On nous dit maintenant qu’en effet la vie en zone euro n’est pas chose facile, mais qu’”on” va y arriver : comme pour les migrants, “on” va y arriver, “on” a bon dos.

Le propos de Milton Friedman, par contre, peut aujourd’hui apparaître comme un avertissement prophétique : « La possibilité plus vraisemblable, disait-il en 1998, est qu’il y aura des chocs asymétriques frappant les différents pays. Cela signifiera que le seul mécanisme d’ajustement dont ils pourront se satisfaire sera budgétaire et fiscal, avec du chômage : pression sur les salaires, pression sur les prix ». Pour synthétiser sa pédagogie : un système de changes fixes laisse de petits problèmes devenir de gros problèmes, jusqu’à ce que la volonté de payer ne soit plus là, et alors le système implose. Ce qui n’est pas très éloigné des travaux de Jacques Rueff, qui considérait les taux de changes comme les égouts collecteurs des droits non gagnés ; au bout de 20 ans en zone euro avec des égouts bloqués, il est assez logique que cela ne sente pas très bon. Et, au rythme actuel, la durée de vie maximale historique d’un tel régime (les 4 décennies agitées de l’étalon-or) ne sera sans doute pas atteinte.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#310 Message par Goldorak2 » 06 déc. 2018, 23:25

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 ... peenne.php
Gilets jaunes : « Macron a les pieds et les poings liés par l'Union européenne

Pour Coralie Delaume, si les revendications des Gilets jaunes sont légitimes, leur application ne pourra se faire sans une remise en cause du fonctionnement de l'Union européenne. En l'état actuel des traités, les États membres ne peuvent plus mener de politiques économiques et commerciales souveraines, explique-t-elle.

[...]
L'Europe est en revanche absente des mots d'ordre et des slogans. Pourtant, aucune des demandes formalisées n'est réalisable dans l'Union européenne actuelle, dans le Marché unique et dans l'Euro, qui sont le cadre à l'intérieur duquel prennent place les politiques nationales. Les gouvernements nationaux ne sont finalement que des relais consentants de l'UE, des fondés de pouvoir satisfaits de leur impuissance.
[...]
Le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen consistait finalement à demander aux électeurs de légitimer a posteriori une situation qui préexistait de longue date. C'est l'une des raisons pour lesquelles il n'a pas été tenu compte du «non» français (ni du «non» néerlandais), et pour lesquelles le texte a été réintroduit sous le nom de «Traité de Lisbonne». Pour pouvoir respecter le verdict des urnes, il eût fallu admettre qu'on avait validé un processus de «fédéralisation furtive» de l'Europe, et rebrousser une partie du chemin parcouru dans cette voie.
[...]
Pour pallier l'immense «déficit démocratique» de l'édifice communautaire, le Traité de Lisbonne a accru les pouvoir du Parlement européen. Problème: ce Parlement n'en est pas un. Il ne représente pas le «peuple européen» (puisqu'il n'en existe aucun) mais se contente de faire cohabiter les représentants nationaux de vingt-huit États. En outre, il n'est pas, tant s'en faut, le principal producteur de droit communautaire. Ce rôle revient à la Cour de Luxembourg, laquelle émet de la norme à jet continu, de manière jurisprudentielle et sans en référer à personne. Enfin, le Parlement européen n'a aucune possibilité de modifier les traités alors même que ceux-ci contiennent des éléments de politique économique. Une majorité «de gauche» ou «souverainiste» régnerait-elle sur l'Assemblée de Strasbourg qu'aucune réorientation ne se produirait. Quoi qu'il se passe dans les urnes lors des Européennes de 2019, le pack juridique composé des traités et des arrêts de la Cour continuera d'imposer plus de libre-échange, plus d'austérité, plus de concurrence.
Il ne peut y avoir de réorientation de la politique économique dans le cadre du Marché unique et de l'euro

Les traités européens sont la «constitution économique» de l'Europe. Leur position de surplomb explique pourquoi la politique économique menée en France est la même depuis le milieu des années 1980, bien que se succèdent à la tête de l'État des hommes d'obédiences différentes. C'est «l'alternance unique» selon la formule de Jean-Claude Michéa, le pareil qui succède au même tout en se donnant les apparences du changement. En Union européenne, on a beau voter cela ne change rien.
C'est pourquoi l'ancienne Commissaire Viviane Reding pouvait par exemple affirmer: «il faut lentement mais sûrement comprendre qu'il n'y a plus de politiques intérieures nationales».
Les gouvernements des pays membres ne disposent que d'un très petit nombre d'instruments de politique économique. Aucune politique industrielle volontariste ne leur est possible puisque les traités interdisent de «fausser la concurrence» par le biais d'interventions étatiques. Aucune politique commerciale protectrice ne leur est possible puisque la politique commerciale est une «compétence exclusive» de l'Union. Aucune politique de change n'est possible puisque dans le cadre de l'euro, les pays ne peuvent dévaluer. Aucune politique monétaire n'est possible puisque c'est la Banque centrale européenne qui la conduit. Enfin, aucune politique budgétaire n'est possible puisque les pays qui ont adopté la monnaie unique sont soumis à des «critères de convergence», notamment la fameuse règle - arbitraire - des 3 % de déficit public. En outre, depuis 2010 et dans le cadre d'un calendrier appelé «Semestre européen», la Commission encadre méticuleusement l'élaboration des budgets nationaux.

Dans ces conditions, ne restent aux gouvernants nationaux que deux outils disponibles: la fiscalité et le «coût du travail».

Quant à la fiscalité, ils choisissent généralement de diminuer celle qui pèse sur le capital délocalisable et d'augmenter celle qui pèse sur les classes sociales qui ne peuvent échapper à l'impôt. En 1986 a été posé le principe de «libre circulation des capitaux» au sein du Marché unique. Depuis lors, le capital peut exercer sur chaque États un véritable chantage en menaçant de fuir vers les États voisins. Les pays membres se livrent une concurrence fiscale effrénée, certains (Luxembourg, Irlande) s'étant même constitués paradis fiscaux et vivant des possibilités d'évitement fiscal qu'ils proposent aux multinationales.
[...]
Pourquoi les gouvernements français successifs ont-ils œuvré à l'édification de cette Europe?
[...]
L'Europe du marché et de la monnaie est une Europe de classes. Elle a vocation à éroder sans fin les revenus du travail et à détruire tous les outils redistributifs, en particulier les services publics, sous prétexte «d'ouverture à la concurrence» d'une part, de «maîtrise des dépenses publiques» et de «résorption de la dette» d'autre part.

Comme cela s'est déjà produit dans l'Histoire, cette politique de classe s'accommode fort bien d'un «régime d'occupation» permettant aux classes dirigeantes de se défausser et/ou de confier à plus fort qu'elles le soin de garantir un certain Ordre. Comme l'occupation stricto sensu, par une puissance étrangère ayant envahi le territoire militairement, est bien sûr inenvisageable, la fraction postnationale des élites françaises a élaboré les modalités d'une occupation soft. L'ancien président de la Commission José Manuel Barroso disait de l'Union européenne qu'elle est un «empire non impérial», une formule qui suggère à juste raison que l'agrégation des territoires à l'empire s'est faite par l'économie et par le droit, non par la force. Une fois l'unification continentale réalisée, les règles communautaires jouent le rôle qui leur revient: celui de contrainte extérieure choisie en régime de servitude volontaire.

L'un des principaux slogans entendus dans les manifestations de Gilets jaunes ou sur les ronds-points est «Macron démission». Dans les conditions actuelles, le renoncement d'un homme demeurerait très insuffisant. Pour redevenir maîtres de leur destin, les Français (et tous les peuples d'Europe) doivent exiger que les cartes européennes soient rebattues en profondeur et que soit restituée la souveraineté nationale, autre nom du «droit des peuples à disposer d'eux-mêmes».

Et que l'on se rassure: la fin de l'Union européenne, ensemble contingent de règles et d'institutions au service d'intérêts particuliers, ne sera pas la fin de l'Europe, vieux continent, ni des pays qui la composent.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#311 Message par Goldorak2 » 04 févr. 2019, 14:11

https://www.atlantico.fr/decryptage/356 ... etats-unis
Aveuglement
"La tragédie de l’euro" ou l’incroyable bulle cognitive dans laquelle l’Europe s’est enfermée : interview exclusive de Ashoka Mody, auteur du livre économique de l'année 2018 aux Etats-Unis


Mody nous raconte comment les européens ont bâti un monde parallèle, une "bulle cognitive" basée sur des règles dépourvues de toute raison économique. La capacité de déni des européens devient alors la ligne rouge de ce livre. Pourtant, à aucun moment, Mody ne recommande d'en finir avec l'euro. Il ne fait que constater, décrire, raconter, l'histoire intégrale de cette folie économique qui domine la question européenne, ou comment, comme il l'indique dans notre interview, l'euro a inversé les immenses bienfaits issus des origines des premiers pas de la construction européenne.
[...]
Atlantico : Vous écrivez à propos de l'euro : "l'intention initiale – poursuivie par trois présidents français pendant un quart de siècle, a été d'utiliser l'union monétaire pour contrôler le pouvoir allemand. Le contraire est arrivé." Pouvez-vous résumer cette histoire ?

Ashoka Mody : L'histoire commence en 1969 avec Georges Pompidou. Quelques mois auparavant, Charles de Gaulle avait refusé de dévaluer le Franc à un moment où il apparaissait pourtant clairement que cela était nécessaire. La dévaluation était devenue le stigmate de l'humiliation française. Ce choix fait par Charles de Gaulle a été soutenu par une majorité de Français parce qu'ils y voyaient une restauration de l'honneur du pays face à l'Allemagne. Mais objectivement, cela n'était pas tenable et la première action de Georges Pompidou, une fois élu, a été de dévaluer le Franc. Il a ensuite rapidement choisi de tenir cette réunion à la Haye ou il a proposé l'union monétaire. Les biographes de Georges Pompidou indiquent que l'union monétaire est alors devenue une priorité pour lui. Il a également été beaucoup influencé par Valéry Giscard d'Estaing qui était imprégné de cette idée – connue dans la littérature économique européenne comme "ancrage externe" – qu'il est nécessaire d'avoir une contrainte extérieure. Je ne crois pas que Giscard et Pompidou étaient sur la même ligne sur cette question, mais ils étaient en accord en ce qui concerne l'objectif d'une union monétaire.

Dès le départ, les Allemands étaient réticents à l'idée de dire "non" aux Français, pour des raisons historiques que nous pouvons tous comprendre. La position allemande était alors de dire qu'il s'agissait d'une bonne idée, mais que cela était prématuré. Plus de préparation, plus de convergence, plus d'unité politique étaient alors considérées comme nécessaires.
[...]
Et ceci toujours pour la même raison : à chaque fois que les Français se trouvaient dans une situation de devoir dévaluer, ils développaient un complexe d'infériorité. Pourtant, il est totalement erroné de considérer une dévaluation comme un déshonneur national, cela relève de la psychologie. Si Pompidou puis Giscard croyaient en cette idée de monnaie unique, l'histoire et l'expérience démontraient déjà que toutes formes de taux de change fixes étaient une mauvaise idée. Le Serpent monétaire européen a été rapidement obsolète, le mécanisme européen de taux de change européen (ERM) a explosé. Malgré cela, le projet est resté ancré dans la psyché européenne, et était toujours considéré comme une bonne idée.

Puis, ce fut au tour de François Mitterrand de soutenir l'union monétaire dans une vision explicitement tournée vers une volonté d'équilibrer le statut économique français avec celui de l'Allemagne. C'est une idée curieuse de penser que des taux de change permettent d'équilibrer le statut économique des pays. Il est possible d'en conclure que François Mitterrand, tout comme ses principaux conseillers - comme Jacques Delors- ne comprenaient pas l'économie. Penser que la situation d'un pays va s'améliorer par la vertu d'y ajouter une monnaie unique est absurde, et cette idée reposait sur des extrapolations économiques non garanties.
[...]
Le référendum français de septembre 1992 a été particulièrement important dans ce processus pour plusieurs raisons. La première est de comprendre que sociologiquement et économiquement, les personnes qui ont voté NON correspondent aux Gilets jaunes d'aujourd'hui. Ce moment a donc révélé qu'il existait déjà une profonde fracture en France, même si celle-ci ne s'est pas toujours reflétée dans les élections. Les politiques français ont pensé trouver dans l'euro une solution à leurs problèmes économiques, alors qu'il s'agissait avant tout de problèmes domestiques : manque de croissance, inégalités, fragmentation sociale. Mais l'idée selon laquelle l'euro allait résoudre ces problèmes n'a rien en commun, ni avec la théorie, ni avec la pratique économique. Le deuxième message de ce référendum, est que ceux qui ont voté NON avaient peur de voir l'Allemagne devenir le pays dominant de l'Union monétaire. Et la logique de ce raisonnement est facile à comprendre : puisque l'Allemagne est le pays le plus puissant sur le plan économique, l'Allemagne aura l'influence la plus forte sur la zone euro. Ce qui est remarquable, et je crois beaucoup à la sagesse des peuples, c'est que dès septembre 1992, les Français ont articulé cette vision que l'Allemagne deviendrait le pays dominant.
[...]
les allemands ne seraient plus seulement économiquement supérieurs, ils auront en plus la possibilité d'imposer des réformes économiques allemandes à l'Europe et à la France. Cela est exactement ce qu'il s'est passé au cours de ces 20 dernières années, avec des ministres des finances allemands qui ont, implicitement ou explicitement, essayé de dire à la France quelles étaient les politiques économiques qu'ils devaient mettre en œuvre.
[...]
"Réformes structurelles", "stabilité des prix", "mettre de l'ordre dans ses affaires budgétaires". Vous décrivez une situation que vous nommez "bulle cognitive" qui ferait désormais partie de la culture et de l'identité européenne, mais qui se serait construite sur une folie économique. A quel point cette folie économique est-elle éloignée de la réalité ?

Le point crucial, c'est que François Mitterrand et Jacques Delors ont souhaité l'euro, ce que Helmut Kohl a accepté. Mais en des termes allemands.
Jacques Delors avait pourtant réalisé, à la fin des négociations relatives au traité de Maastricht, que l'euro qui se profilait divergeait de l'euro qu'il avait imaginé. Il a utilisé le terme de "super-orthodoxie" pour qualifier ce que serait le cadre politico-économique de la monnaie unique. Mais il était allé si loin dans ce projet - dont il rêvait - que lorsqu'il a réalisé que cela serait un euro qui provoquerait des problèmes économiques et politiques, il n'a pas été capable de se retirer. Les deux points sur lesquels l'Allemagne a insisté ont été les règles budgétaires et le mandat de stabilité des prix de la Banque centrale européenne.
Quelles sont les principales erreurs de conception de la monnaie unique qui forment cette "bulle cognitive" ?

La principale erreur est en réalité très basique. Il n'y vraiment aucun mystère ici, et de nombreux auteurs avaient averti de cette situation dès 1969. Une politique monétaire appliquée à plusieurs pays provoquera toujours une situation qui ne correspond aux intérêts d'aucun pays. La politique monétaire sera trop restrictive pour les pays les plus fragiles et elle sera trop souple pour les pays les plus forts. C'est une évidence inhérente à la monnaie unique. Pour faire face à cela, il pourrait y avoir des mécanismes de compensation. La version initiale était qu'il fallait parvenir à une importante mobilité des travailleurs, et à une union fiscale. Il y a eu un long débat dans les années 70 sur la taille que devrait avoir une telle union fiscale, et la conclusion était qu'il fallait mettre en place un budget correspondant au moins à 5 - 7% du PIB. Ce qui signifie que chaque pays devrait contribuer à hauteur de 5-7% de son PIB à une union fiscale qui serait utilisée dans les périodes de récession ou de crise. Mais dès le début des négociations, il a été parfaitement clair que les allemands - ils l'ont toujours dit - ne participeraient pas au sauvetage des autres pays. Dans son discours au Bundestag en avril 1998, Helmut Kohl a dit à deux reprises que l'Allemagne ne paierait pas les factures des autres pays. Depuis les années 70 jusqu'à aujourd'hui, il y a une vision allemande constante et uniforme dans tout le spectre politique, mais également dans la population et dans le monde économique allemand : l'Allemagne ne paiera pas les factures des autres pays.
[...]
Vous avez construit votre livre sur une base chronologique prenant en compte l'ensemble des avertissements déployés, depuis les origines, en provenance d'économistes de renom et de certains Prix Nobel d'économie. Comment expliquez-vous que ces avertissements aient été ignoré par les dirigeants européens ?

Parfois, nous créons une fiction qui devient une réalité dans nos esprits et qui devient une motivation qui nous fait avancer. Je rends Helmut Kohl responsable de cette situation. Il est à l'origine de l'idée que ces difficultés politiques et économiques pourraient être surmontées. Dans ce même discours d'avril 1998, Helmut Kohl a dit que la monnaie unique serait le véhicule de la liberté, de la démocratie, de la paix, et de la prospérité. Ces mots sont très importants parce qu'ils se sont inscrits dans la psychologie européenne. Concernant la prospérité, et comme je l'ai indiqué dans une critique du discours d'anniversaire de l'euro de Mario Draghi, l'évidence économique est désormais parfaitement claire : il n'y a pas de bénéfice économique à la monnaie unique alors qu'elle fait peser des risques économiques réels sur ses membres. Concernant la paix…comment croire qu'une monnaie unique créé la paix ? Comme l'a indiqué Nicholas Kaldor dès 1971, une monnaie unique créé de la divergence économique, et cette divergence approfondit les divisions politiques. En 1998, Martin Feldstein est allé plus loin en disant que les européens s'opposeraient dans le futur en raison de la monnaie unique. Quel que soit le résultat, et j'espère que cela ne sera pas un résultat malheureux, l'euro n'a rien avoir avec la paix. Lorsque le Pakistan était unifié avec le Pakistan Oriental avec une monnaie unique, cela s'est terminé par une guerre civile et une division des pays, entre Pakistan et Bangladesh.

Une monnaie unique n'a pas plus à voir avec la démocratie, parce qu'en réalité, c'est une subversion de la démocratie. Aujourd'hui, on peut voir que lorsque le parlement grec présente une loi de finances, elle doit être acceptée par ses créditeurs, ce qui veut dire, implicitement ou explicitement, que le Bundestag doit approuver le budget grec. Nous avons cette situation incroyable ou les dirigeants européens continuent d'utiliser cyniquement le mot de "démocratie" alors qu'ils savent que le système est structurellement non démocratique. Par nature, ce système ne pourra jamais être démocratique à moins que les pays membres renoncent à leurs parlements nationaux.

Je crois dans le projet européen, dans ce projet de paix - et que la période entre 1945 et 1970, celle du traité de Rome est un accomplissement magnifique. C'est un projet de sagesse. Mais tout ce qui est intervenu après cette période - en excluant le développement du marché unique dans lequel je crois – c’est-à-dire toute la structure de l'euro, déconstruit en réalité la réussite européenne des 25 années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale. Mais nous assistons à un retard cognitif qui voudrait que l'euro soit la continuation de la réussite du traité de Rome, ce qui n'est simplement pas vrai.
[...]
L'industrie pharmaceutique n'est plus le leader qu'elle a été mais surtout, et cela est très important, le secteur automobile traverse un changement de régime aussi bien en raison des évolutions de la régulation sur les standards d'émissions de Co2, le bannissement potentiel des véhicules diesel, mais aussi sur la question de la transition vers le moteur électrique. [...]C'est donc un moment ou l'Europe a besoin aussi bien d'un soutien économique de court terme que d'un important investissement pour son futur.

Olaf Scholz, ministre allemand des finances, vient de dire qu'il serait impensable de stimuler l'économie européenne aujourd'hui. C'est le genre de réaction d'une personne qui ne veut pas reconnaître que même si l'Allemagne a été une grande puissance, cela n'est plus le cas.
[...]
Votre livre a été commenté par le site américain Foreign Affairs en indiquant qu'en pointant correctement les problèmes de l'euro, et l'incapacité des dirigeants à prendre en considération les avertissements qui leur ont été adressés, vous aviez omis de pointer les intérêts particuliers qui ont soutenu l'euro, les riches, les banquiers, les exportateurs etc… Quelle est votre réponse à cela ?

Andrew Moravcsik, qui a écrit cette critique, était mon collègue à Princeton. Nous sommes d'accord sur tout, excepté sur ce point. Je suis à Cologne actuellement et le même argument m'est opposé, mais l'euro n'a pas été le fruit d'une rationalité économique. L'argument dit que les exportateurs allemands ont été les lobbys de l'euro parce qu'ils ont pensé que cette monnaie serait plus faible que le Deutsche Mark, ce qui les aiderait. Selon ma lecture de l'histoire, de 1988 à 1992 lorsque le traité de Maastricht a été signé, les entreprises allemandes étaient parfaitement claires : elles ne voulaient pas de la monnaie unique. Elles étaient conscientes qu'une monnaie faible pouvait soutenir leurs exportations mais elles ont aussi compris qu'une monnaie unique rendait possible l'idée que l'Allemagne soutienne fiscalement les autres pays avec lesquels elle partagerait la monnaie unique. Le calcul était donc de considérer que la monnaie pouvait aider, mais les entreprises ne voulaient pas se trouver dans une position ou les ressources fiscales allemandes seraient transférées à d'autres pays. Je fais référence à cette période dans le livre, en citant les textes de l'association des industries allemandes, j'ai également rencontré des responsables politiques de cette période, et je n'ai trouvé aucune preuve de ce fait. J'ai cherché cette preuve, mais je ne l'ai pas trouvée. Je pense que cette décision dépend en réalité énormément de Helmut Kohl. Sans lui, je pense que la zone euro n'existerait pas.
50 ans après les débuts du processus, et 20 ans après sa mise en place, comment qualifierez vous le résultat de l'euro, et qu'anticipez-vous de son futur ?

Les dirigeants européens ont fait quelques progrès, ils ont construit des lignes de défense de l'euro pendant la crise, l'architecture a été renforcée. Mais si vous regardez le revers de la médaille, vous constatez que la force économique européenne est en déclin, qu'il y aura de nouvelles crises, et que l'euro restera longtemps politiquement dysfonctionnel, et ce, avec des profondes faiblesses économiques. Chaque crise fera naître de nouveaux défis pour lesquels l'Europe sera de moins en moins préparée.
[...]
Le mécanisme européen de stabilité (ESM) est une innovation importante, mais repose beaucoup sur la notation de crédit allemand. Si une crise intervient en Italie, cette note pourrait être affectée. Et si le déclin économique continue, notamment en Allemagne, je pense que cela affectera la capacité des européens à faire face. Je ne dis pas aujourd'hui que l'euro va s'effondrer, mais je dis qu'il y va y avoir un processus continuel d'affaiblissement des défenses de l'euro au cours des 10 ou 20 prochaines années. Il est également possible qu'une crise italienne devienne si importante que la capacité européenne d'y faire face ne sera simplement plus là. Oui, des efforts ont été faits, mais les déceptions économiques et politiques sous-jacentes vont continuer d'éroder les capacités de répondre aux prochaines crises. Je pense qu'à un moment, une résolution bien plus dramatique devra arriver.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#312 Message par Goldorak2 » 07 févr. 2019, 09:06

en attendant, la situation économique de la France continue à se dégrader.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019 ... n-2018.php
Le déficit de la balance commerciale a atteint 59,9 milliards d'euros l'an dernier. La facture énergétique représente quasiment les deux tiers de ce montant.

Le solde commercial français n'arrive décidément pas à s'améliorer. Le déficit s'est de nouveau creusé pour atteindre 59,9 milliards d'euros en 2018 - à comparer aux 57,8 milliards de l'année précédente -, selon les chiffres publiés ce jeudi matin par les Douanes.
[...]
la part de marché de la France dans le commerce mondial n'a fait que se stabiliser ces dernières années, à 3,1%. Elle était de 17% en 2000.
[...]
Lequel a également demandé au Trésor, à Bercy, d'évaluer les effets positifs sur l'économie de la stratégie d'internationalisation des entreprises françaises. En effet, nombreuses sont celles qui font le choix d'investir à l'étranger en vue d'y produire des biens, plutôt que d'exporter. «Nous sommes davantage entrepreneurs que commerçants», résume Jean-Baptiste Lemoyne.
Mais oui bien sûr. Si on doit traduire cette nov-langue en langue d'avant, Jean Baptiste aurait résumé : «Nous sommes davantage davantage délocaliseurs qu'exportateurs».

L'article insiste lourdement sur l'importance de la facture energétique... mais j'ai pas l'impression que la France ait produit tant d'énergie (pétrole, gaz) que ça, dans les années 2000 ou avant... ni que le pétrôle et/ou le gaz aient été particulièrement chers en 2018. (je peux me tromper sur ce dernier point mais les pays producteurs de pétrôle se plaignent eux d'un prix anormalement bas en 2018).
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#313 Message par slash33 » 10 mars 2019, 22:12

Interview de Varoufakis par Thinker View le 18/02/2019. C'est long, c'est en anglais mais vache j'ignorais que le gars était aussi bon dans son analyse tout en restant humble. Bon, y a quelques passages a bit too much: comparaison d'un certain politique avec Mussolini, un peu obsédé par le green business aussi et avis sacrément tranché quant à l'IA - bien qu'étayé par ses témoignages. Mais, à part ça, c'est très bon. Il n'est pas avare de confidences non plus.

Yánis Varoufákis, la fin de l'Europe et de l'Euro ?
https://www.youtube.com/watch?v=hbnzQtLS4T8

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#314 Message par Goldorak2 » 07 mai 2019, 08:37

Une clarification sur le "couple franco allemand" et l'euro ?

https://www.atlantico.fr/decryptage/357 ... -verhaeghe
Emmanuel Macron doit-il vraiment essayer de sauver le couple franco-allemand ?
Le couple franco-allemand fait partie des grandes légendes urbaines qui structurent les élites françaises. Au lendemain des élections européennes, il devrait vivre un moment difficile, et de fortes tensions risquent bien d’interroger son sens et sa légitimité. Jusqu’où la France doit-elle pousser l’amitié avec l’Allemagne? Ce sujet tabou de ce côté-ci du Rhin ne pourra plus guère donner lieu à des dérobades. Rien n’exclut que, très vite, l’opinion française ne conclue à la nécessité d’une rupture claire avec l’Allemagne en Europe.
[...]
Le couple franco-allemand mis à l’épreuve des faits

On pense connaître déjà le nom de la « dauphine » d’Angela Merkel, celle qui lui succéderait à la chancellerie. Il s’agit d’Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée AKK. On sait déjà quelles seront ses probables revendications internationales: le siège de la France au conseil permanent de sécurité, et la fin du siège strasbourgeois du Parlement européen.

Ces revendications sont celles d’une nouvelle génération de politiciens allemands qui souhaitent tourner la page de la Guerre. Pour les élites françaises, la demande sera difficile à manier: le vrai visage de la coopération franco-allemande apparaîtra enfin. Il faudra bien avouer que l’Allemagne a profité du parapluie français – voire de la coupable naïveté des élites françaises – pour faire oublier ses fautes et pour revenir dans le jeu, tout en nous laissant assumer les dépenses militaires qui vont bien.
[...]
Le brillant couple franco-allemand et ses accords de coopération autorisent donc l’Allemagne à bloquer les exportations françaises dans le domaine de l’armement. Voici ce qu’en dit l’ambassadrice de France en Allemagne:

« Cette insécurité juridique conduit de plus en plus [d’entreprises] à développer des stratégies ‘German-free’ – permettant de produire des équipements sans composants allemands. Si cette évolution se confirme, elle aura des conséquences graves et durables sur notre capacité à procéder à des rapprochements industriels et à conduire des programmes communs »

Autrement dit, la coopération industrielle avec l’Allemagne (vantée comme une nécessité pour peser dans l’Union) devient un handicap majeur dans certains domaines.

L’incapacité structurelle de l’Allemagne à coopérer

D’une manière générale, c’est la question de la coopération avec l’Allemagne réunifiée qui est posée depuis les années 90. Les élites françaises refusent obstinément qu’elle soit posée et s’accrochent au monde obsolète de la République Fédérale Allemande (RFA), c’est-à-dire à l’Allemagne de la Confédération du Rhin créée par Bonaparte, qui était une alliée naturelle de la France.

Depuis la réunification de cet Etat moderne né à Versailles en 1870 après un long cycle d’Union douanière, et mort le 8 mai 1945, la coopération franco-allemande a progressivement changé de visage et d’esprit, même si les Français ont refusé de le voir et de l’admettre. La réintroduction de la composante prussienne dans l’entité politique germanique a réactivé de vieux réflexes outre-Rhin, notamment celui d’une organisation internationale du travail tournée vers l’est de l’Europe et destinée à enrichir l’Allemagne elle-même.

Cette conception des relations régionales a conduit à déséquilibrer en profondeur la construction européenne, à la rendre de moins en moins coopérative et de plus en plus germano-centrée. La fin du parlement à Strasbourg, la demande de cession du siège français au conseil permanent en montreront tout le vice et tous les risques.

L’euro, ce cheval de Troie dont plus personne ne se départit

L’euro a joué un rôle-clé dans cette logique non-coopérative qui creuse la tombe de l’Union Européenne.

La monnaie unique, qui envoûte les élites françaises depuis plusieurs décennies, a été, pour l’Allemagne, un moyen de continuer la politique d’expansion territoriale commencée par la Prusse dans les années 1830 avec le mark. Les Français, qui n’apprennent pas l’histoire de l’Allemagne, ne savent pas que ce que nous appelons l’Allemagne par commodité est née d’une union monétaire et douanière appelée le Zollverein, qui s’est « propagée » dans la constellation des petits Etats rhénans à partir de la Prusse au cours du dix-neuvième siècle.

La zone euro n’a pas fonctionné autrement que le Zollverein. La monnaie unique est à la fois est un outil économique et politique qui sert à unifier les marchés et les espaces politiques. L’ironie de l’histoire est que l’Allemagne a eu besoin de fermer sa parenthèse d’expansion politique agressive commencée dans les années 1870 (avec la défaite française qui débouche sur la création du Reich) pour reprendre son expansion par la voie monétaire.

D’où cette situation de subordination du sud de l’Europe par une monnaie unique qui a enrichi l’Allemagne et appauvri ses voisins.

L’incompréhension fondamentale de l’euro en France

Lorsque les élites françaises se sont lancées dans l’aventure de l’euro, elle n’ont pas compris, ou pas voulu comprendre, qu’une zone monétaire commune avec l’Allemagne était une gageure politique et économique. Et elles n’ont pas clairement expliqué aux Français qu’avoir la même monnaie que l’Allemagne, impliquait aussi d’avoir la même politique budgétaire qu’elle.

Cet oubli, ce manque de pédagogie, cette facilité, n’ont pas seulement concerné la France. Les Grecs, les Italiens, les Espagnols, peuvent formuler les mêmes reproches à leurs dirigeants respectifs. Toujours est-il que nos brillantes élites qui n’ont que les mots « Europe » et « couple franco-allemand » à la bouche, n’ont pas eu le courage de comprendre que les lois Hartz des années 2000 adoptées en Allemagne pour assainir les finances publiques, nous obligeraient à suivre la même politique. Ou alors à perdre de la compétitivité, donc des emplois.

Le couple franco-allemand à l’épreuve de l’euro

Sans surprise, la divergence croissante des politiques économiques entre la France et l’Allemagne depuis 2008 enrichit l’Allemagne et appauvrit la France. Une étude allemande l’a clairement montré, même si on peut pinailler sur d’éventuels ajustements des chiffres.

Sur ce point, il faut prendre des options claires. Soit les élites françaises aiment l’Allemagne et l’union économique qui nous lie à elle et… dans ce cas, nous devons harmoniser nos politiques budgétaires. C’est-à-dire, pour parler clair, rentrer dans l’ordo-libéralisme fondé sur la baisse de la dépense publique. Soit les élites françaises ne se sentent pas de purger nos finances publiques, et elles doivent assumer d’abandonner l’euro pour dévaluer et retrouver ainsi une salutaire compétitivité.

Cette question très simple suppose un choix auquel les élites françaises se soustraient depuis de nombreuses années. Jusqu’ici, les Allemands avaient eu l’intelligence de ne pas nous sommer de le faire. Mais la successeuse d’Angela Merkel risque bien de vouloir rompre cet équilibre en poussant trop loin l’avantage de l’Allemagne.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#315 Message par olmostoline » 07 mai 2019, 09:16

Tu vas le poster partout, cet article ?
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#316 Message par clarine » 14 oct. 2019, 21:16

Esther Duflo qui éclaire le discours présidentiel du "pognon de dingue" (ou le discours de la responsabilisation des pauvres...)

https://twitter.com/i/status/1183832019597438976

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#317 Message par ProfGrincheux » 15 oct. 2019, 02:01

Tout cela est bien vrai.

Mais observez quand même que, dans le discours de Duflo, c'est l'investissement dans le capital humain qui est le comportement permettant l'intensification du travail et à terme la sortie de la pauvreté. Elle rappelle aussi cette verité de sens commun que l'agent économique ne peut investir que si sa consommation de base est assurée. Le fait de ne pas porter de jugement moral en qualifiant ce comportement de responsable n'empêche pas qu'elle le valorise manifestement.

D'autre part la mise en évidence de l'emergence du comportement en question est de nature statistique. Une caractéristique de la thèse ideologique qu'elle attaque est qu'elle a été beaucoup défendue à travers des exemples individuels anecdotiques et non quantifiés. Autant dire qu'il n'y a pas photo et qu'il est juste et bon d'en saper l'apologetique savante. Bravo!

Passons quand même la parole à l'avocat du diable. Qui pourrait s'appeler Tirole d'ailleurs.

Son approche est microeconomique et scientifique, tandis que l'approche de Macron est macroeconomique et technocratique.

Le problème economique du quinquennat Hollande fut la mollesse de la reprise économique française par comparaison avec les économies concurrentes et surtout l'Allemagne. La partie de l'élite politique à laquelle appartient Macron (et Hollande!) a supposé que ce sont les reformes de l'état providence du gouvernement Schröder qui ont permis à l'Allemagne d'augmenter sa compétitivité économique.
La différence entre Hollande et Macron est que le premier n'a pas osé le dire autrement que par des actes qui ont fracturé sa majorité qui aurait explosé s'il les avait vraiment expliqués.

Ce n'est pas évident à réfuter sur le plan strictement économique.

Gpzzzz
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#318 Message par Gpzzzz » 15 oct. 2019, 06:35

D ailleurs en France on aide les pauvres énormément depuis 30ans, et on voit le résultat.. presque plus de chômage, plus du tout d'insécurité, une cohésion nationale.. bref pas besoin d etudes américaines suffit de regarder le miracle français :lol:

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#319 Message par rascasse76 » 15 oct. 2019, 07:37

Gpzzzz a écrit :
15 oct. 2019, 06:35
D ailleurs en France on aide les pauvres énormément depuis 30ans, et on voit le résultat.. presque plus de chômage, plus du tout d'insécurité, une cohésion nationale.. bref pas besoin d etudes américaines suffit de regarder le miracle français :lol:
Oui, mais on aide seulement les pauvres qui ne travaillent pas.

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Sifar
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#320 Message par Sifar » 15 oct. 2019, 07:39

L'idéal serait que tous les pays de la Terre soient exportateurs net.
...and suddenly, out of the blue, and with absolutely no reason at all people voted for Adolf Hitler.

Ils n'ont pas de homard ? Qu'ils mangent des kebabs!
( Adapté de Sibeth N'diaye, porte-parole du gouvernement de la République Française. ( ou pas. )

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