Mais où sont les économistes pour les solutions ?

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Lo2
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#301 Message par Lo2 » 06 mars 2018, 22:03

Il n'existe pas d'exemple de pays qui se soient développés en ouvrant son économie au Monde.
Cf Paul Bairoch.

On ouvre son marché quand il existe des excédents à vendre sinon ça détruit. Cf Nord de la France par exemple et son industrie textile laminée.
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Goldorak2
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#302 Message par Goldorak2 » 10 juin 2018, 22:09

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/201 ... macron.php
Réforme de la zone euro : l'échec consommé du président Macron

Selon les Arvernes, la formation en Italie d'un gouvernement populiste, comportant plusieurs ministres ouvertement eurosceptiques, vient porter un coup d'arrêt aux ambitions européennes d'Emmanuel Macron.

[...]
Les espoirs mis dans l'adoption de réformes ambitieuses de la zone euro, alliant «en même temps» plus de stabilité et plus de solidarité sont définitivement partis en fumée. La chancelière Merkel vient d'en tirer les conséquences ce week-end en rendant publiques les positions allemandes en vue du conseil européen du 28 juin: un budget d'investissement de la zone euro d'une taille très limitée et créé «progressivement», la restructuration automatique des dettes des pays secourus par le «fonds monétaire européen» et rien d'autre. Le grand soir européen d'Emmanuel Macron n'aura pas lieu.
[...]
L'échec européen de Macron n'a rien de surprenant, pour qui connaît un peu la réalité de l'Europe. Qui pouvait sérieusement croire qu'il suffirait de trois discours inspirés sur l'avenir de «notre Europe» pour panser les plaies d'un continent meurtri par une décennie de crise économique, de tensions financières et migratoires et de ressentiment entre les peuples? Qui pouvait croire qu'il suffirait de grands mots pour effacer la réalité du déclassement majeur de la France en Europe face à la toute-puissance allemande? La démarche d'Emmanuel Macron était naïve par son ignorance des rapports de force, arrogante par sa démarche moralisante et idiote par son ignorance de la profondeur des dysfonctionnements de l'euro.

À l'issue de ses presque vingt années d'existence, on sait maintenant que la création de l'euro a été une erreur magistrale. Il faut assumer cette vérité sans avoir peur d'être taxé d'extrémisme. Le fonctionnement harmonieux d'une monnaie unique entre des pays très divers passe par une flexibilité intérieure (flux migratoires, flux de capitaux) et des transferts budgétaires (5% à 8% du PIB) à une échelle inenvisageable sans union politique complète. L'euro restera donc dysfonctionnel et les crises reviendront toujours.

Admettre cette réalité ne donne pas forcément la clef pour s'en sortir. Personne de sensé n'a la moindre idée de comment démonter l'euro sans provoquer une gigantesque crise financière. Il faudrait pour cela un degré de coopération entre Européens difficilement envisageable dans le contexte actuel (une garantie de la BCE sur les nouvelles monnaies recréées en Europe du sud? Un nouveau traité pour partager les coûts et limiter les risques juridiques?). Le simple fait d'évoquer de telles hypothèses suffit à mettre les marchés en panique. Il n'y a donc d'autre choix à moyen terme que d'essayer de survivre dans l'euro tel qu'il demeure, en attendant que l'Histoire apporte un jugement plus définitif.

Cet échec européen du président français est donc très grave pour lui et la poursuite de son quinquennat.
[...]
Pour rétablir la croissance française, les experts macronistes avaient mis beaucoup d'espoir dans un «rééquilibrage» de la zone euro qui viendrait soutenir, grâce aux efforts consentis par nos partenaires allemands, l'effort d'ajustement conduit en France. Pure illusion!

La position de la France dans la zone euro est rendue insoutenable par l'écart de compétitivité considérable qui demeure vis-à-vis de l'Allemagne. En 2017, selon le FMI, le taux de change réel allemand est sous-évalué de 30% par rapport à la France, un écart considérable qui condamne toute reprise industrielle de ce côté-ci du Rhin. Résoudre cet écart rend nécessaire de «dévaluer» les coûts de production en France et de «réévaluer» les coûts allemands. Concrètement, cela revient à instaurer un gel salarial en France et à relancer les salaires en Allemagne. La réforme du marché du travail votée par ordonnance en France à la rentrée 2017 a visé à renforcer le pouvoir de négocier des entreprises sur le marché du travail et à favoriser la modération salariale. Mais en laissant beaucoup de pouvoir aux syndicats au niveau de la branche, et en laissant intacts les impôts de production qui alourdissent considérablement les charges fiscales des entreprises françaises, les réformes de Macron n'ont pas l'ampleur nécessaire pour rattraper véritablement l'écart avec l'Allemagne. Surtout, il faut le redire, le macronisme est incapable de mener la Mère des batailles: la baisse de la dépense publique!
[...]
Soit la France comprend enfin qu'elle ne doit compter que sur ses seules forces. Il sera alors temps de mettre en œuvre des mesures à la hauteur du désastre économique français: des réductions de charges massives, compensées par des coupes dans la dépense à une échelle jamais vue. Le coût en termes de croissance à court terme et les tensions sociales à en attendre seront périlleux pour le régime, élu sur un programme tiède. Soit, comme son prédécesseur socialiste, Macron renoncera aux réformes et laissera la France continuer à dériver, au risque d'un déclassement irrémédiable.

Ce printemps 2018 marque déjà un moment de vérité du macronisme. Élu sur un programme peu ambitieux, porté par un lyrisme européiste naïf, Emmanuel Macron était condamné tôt ou tard à se confronter aux dures réalités d'une Europe divisée, d'une Allemagne toute puissante et d'une France terriblement affaiblie. Ce moment de vérité est déjà en train d'arriver.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#303 Message par lecriminel » 10 juin 2018, 23:41

Lo2 a écrit :Il n'existe pas d'exemple de pays qui se soient développés en ouvrant son économie au Monde.
Cf Paul Bairoch.

On ouvre son marché quand il existe des excédents à vendre sinon ça détruit. Cf Nord de la France par exemple et son industrie textile laminée.
surtout, ouvrir les marchés c'est gagnant-gagnant quand c'est pour s'échanger des biens ou spécialités (ex petrole de Norvège, cocos du Brésil, TGV français contre bois de Finlande, fraises d'Argentine et voitures allemandes),

quand il s'agit de créer artificiellement un pays-usine (Chine) avec un savoir-faire inférieur et des couts (ecologiques) de transports non repercutés, grace au moins disant salarial, conditions de travail lamentables et monnaie manipulée, ce n'est plus du libre echange, c'est du vol qui profite à une mafia représentant moins de 1% de la population au détriment des 99% autres.
Si t'as un couple qui gagne 6000 euros par mois et un apport de 100 K€, il y a moyen d'acheter un bien de 500 k€ en étant au taquet. C'est un beau trois pièces en petite couronne. Pourquoi tu trouves ça drôle ?

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#304 Message par Pi-r2 » 11 juin 2018, 12:16

lecriminel a écrit : une mafia représentant moins de 1% de la population au détriment des 99% autres.
je pense que tu peux écrire 0.1% voire 0.01%, ce serait plus exact à l'échelle mondiale.
Les bonnes idées triomphent toujours. D'ailleurs c'est à cela qu'on reconnait qu'elles étaient bonnes.
mon statut de modérateur ne m'interdit pas de participer aux discussions. Je ne modère pas les discussions auxquelles je participe.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#305 Message par Goldorak2 » 01 oct. 2018, 08:14

Le dernier livre de Zemmour éxécute le libre échange en qques pages dans son dernier livre "Quand l'histoire se venge", à travers des exemples historique (et en particulier Méline)

A noter que nous avons déjà connu les méfaits du livre échange. Le libre échange ralenti la croissance et abime les économies productives des états qui le pratique.

Notons que le retour du protectionnisme répare (en tout cas a réparé) assez facilement les économies malmenées par le libre échange.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#306 Message par Goldorak2 » 01 oct. 2018, 15:56

http://www.atlantico.fr/decryptage/euro ... 19924.html
L’Euro, 20 ans après : l’euro a-t-il tenu des promesses ? La banque de France s’est posée la question

Ce lundi 1er octobre, la Banque de France organise une "conférence exceptionnelle" en présence de Jean-Claude Trichet et de l'ancien ministre des finances allemands Théodor Waigel pour répondre à la question "Vingt ans après : l'euro a-t-il tenu ses promesses".



Mathieu Mucherie : Un bilan de l’euro par Trichet et un ancien ministre allemand,… c’est comme si Brejnev et Souslov étaient invités à disserter sur le bilan de l’URSS à la fin des années 70 !! Ces gens là ont promis les soviets et l’électricité ; l’euro devait en effet permettre : plus de croissance (c’est raté !), concurrencer le dollar comme monnaie de réserve et de facturation à l’échelle globale (complètement raté, la part de marché de l’euro n’excède pas la somme de la part des anciennes monnaies nationales), canaliser l’inflation (pas la peine, elle est moribonde partout), plus de réformes structurelles (les pays qui ont le plus réformé sont tous en dehors de la zone euro), des avancées dans la construction européenne avec plus d’affectio societatis (échec, et même régression), plus de transparence dans les affaires monétaires (quelle blague !), la constitution d’un vaste marché de la dette, unifié, à l’américaine (réussite partielle, mais pas uniquement attribuable à l’euro, et les flux financiers s’inversent depuis quelques années).


Cet échec était écrit par avance. L’idée soviétique selon laquelle un petit groupe d’hommes dans un bureau pourrait déterminer le pouvoir d’achat d’une nouvelle monnaie par rapport à d’autres et pour l’éternité, par exemple dire qu’un euro vaut 1936,27 lires italiennes jusqu’à la fin des temps, cette idée est une superstition scientiste, un mélange de Lyssenko et de Jdanov. Pas de chance, c’est l’ADN même de l’euro.

Pour un bilan plus impartial, regardez les actes concrets, ceux réalisés avec de l’argent bien tangible à la clé.
[...]
Cela me rappelle la confidence désabusée d’un investisseur, vers la fin 2008 : « cette crise, c’est pire qu’un divorce : non seulement j’ai perdu la moitié de ma fortune, mais en plus ma femme est toujours là ! ». Cette crise déflationniste européenne est pire qu’un divorce, non seulement on se japonise à vue d’œil (sans les avantages du Japon), mais en plus l’euro est toujours là. Le citoyen ne peut pas sortir, il n’a même pas la possibilité de mettre des actions non-européennes dans son PEA ; mais le reste du monde ne rencontre pas ce blocage, au début il perdait patience face à la procrastination eurolandaise, aujourd’hui il se moque de nous et, pire, il commence à nous ignorer.

Que répondent nos élites eurocratiques ? comme pour la psychanalyse : “Si vous vous sentez bien et que vous n’utilisez pas l’euro, vous êtes considérés en situation de déni ; si vous vous sentez mal et que vous n’utilisez pas l’euro, vous êtes un idiot ; si vous êtes dans l’euro et que vous vous sentez bien, alors c’est grâce à l’euro ; si vous êtes dans l’euro et que ne vous sentez pas bien, alors c’est que vous avez encore plus besoin de l’euro“.

Mais on voit que le malaise progresse, peut-être parce qu’ils n’ont pas une culture du pêché mais une culture de la honte ; pas un début d’autocritique, certes, mais les propos les plus outrageusement pro-euro se font de plus en plus rares (« L'euro, c'est une grande réussite et c'est ce qui irrite », Valéry Giscard d'Estaing, Entretiens à Strasbourg, 25 novembre 2011). On nous dit maintenant qu’en effet la vie en zone euro n’est pas chose facile, mais qu’”on” va y arriver : comme pour les migrants, “on” va y arriver, “on” a bon dos.

Le propos de Milton Friedman, par contre, peut aujourd’hui apparaître comme un avertissement prophétique : « La possibilité plus vraisemblable, disait-il en 1998, est qu’il y aura des chocs asymétriques frappant les différents pays. Cela signifiera que le seul mécanisme d’ajustement dont ils pourront se satisfaire sera budgétaire et fiscal, avec du chômage : pression sur les salaires, pression sur les prix ». Pour synthétiser sa pédagogie : un système de changes fixes laisse de petits problèmes devenir de gros problèmes, jusqu’à ce que la volonté de payer ne soit plus là, et alors le système implose. Ce qui n’est pas très éloigné des travaux de Jacques Rueff, qui considérait les taux de changes comme les égouts collecteurs des droits non gagnés ; au bout de 20 ans en zone euro avec des égouts bloqués, il est assez logique que cela ne sente pas très bon. Et, au rythme actuel, la durée de vie maximale historique d’un tel régime (les 4 décennies agitées de l’étalon-or) ne sera sans doute pas atteinte.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#307 Message par Goldorak2 » 06 déc. 2018, 23:25

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 ... peenne.php
Gilets jaunes : « Macron a les pieds et les poings liés par l'Union européenne

Pour Coralie Delaume, si les revendications des Gilets jaunes sont légitimes, leur application ne pourra se faire sans une remise en cause du fonctionnement de l'Union européenne. En l'état actuel des traités, les États membres ne peuvent plus mener de politiques économiques et commerciales souveraines, explique-t-elle.

[...]
L'Europe est en revanche absente des mots d'ordre et des slogans. Pourtant, aucune des demandes formalisées n'est réalisable dans l'Union européenne actuelle, dans le Marché unique et dans l'Euro, qui sont le cadre à l'intérieur duquel prennent place les politiques nationales. Les gouvernements nationaux ne sont finalement que des relais consentants de l'UE, des fondés de pouvoir satisfaits de leur impuissance.
[...]
Le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen consistait finalement à demander aux électeurs de légitimer a posteriori une situation qui préexistait de longue date. C'est l'une des raisons pour lesquelles il n'a pas été tenu compte du «non» français (ni du «non» néerlandais), et pour lesquelles le texte a été réintroduit sous le nom de «Traité de Lisbonne». Pour pouvoir respecter le verdict des urnes, il eût fallu admettre qu'on avait validé un processus de «fédéralisation furtive» de l'Europe, et rebrousser une partie du chemin parcouru dans cette voie.
[...]
Pour pallier l'immense «déficit démocratique» de l'édifice communautaire, le Traité de Lisbonne a accru les pouvoir du Parlement européen. Problème: ce Parlement n'en est pas un. Il ne représente pas le «peuple européen» (puisqu'il n'en existe aucun) mais se contente de faire cohabiter les représentants nationaux de vingt-huit États. En outre, il n'est pas, tant s'en faut, le principal producteur de droit communautaire. Ce rôle revient à la Cour de Luxembourg, laquelle émet de la norme à jet continu, de manière jurisprudentielle et sans en référer à personne. Enfin, le Parlement européen n'a aucune possibilité de modifier les traités alors même que ceux-ci contiennent des éléments de politique économique. Une majorité «de gauche» ou «souverainiste» régnerait-elle sur l'Assemblée de Strasbourg qu'aucune réorientation ne se produirait. Quoi qu'il se passe dans les urnes lors des Européennes de 2019, le pack juridique composé des traités et des arrêts de la Cour continuera d'imposer plus de libre-échange, plus d'austérité, plus de concurrence.
Il ne peut y avoir de réorientation de la politique économique dans le cadre du Marché unique et de l'euro

Les traités européens sont la «constitution économique» de l'Europe. Leur position de surplomb explique pourquoi la politique économique menée en France est la même depuis le milieu des années 1980, bien que se succèdent à la tête de l'État des hommes d'obédiences différentes. C'est «l'alternance unique» selon la formule de Jean-Claude Michéa, le pareil qui succède au même tout en se donnant les apparences du changement. En Union européenne, on a beau voter cela ne change rien.
C'est pourquoi l'ancienne Commissaire Viviane Reding pouvait par exemple affirmer: «il faut lentement mais sûrement comprendre qu'il n'y a plus de politiques intérieures nationales».
Les gouvernements des pays membres ne disposent que d'un très petit nombre d'instruments de politique économique. Aucune politique industrielle volontariste ne leur est possible puisque les traités interdisent de «fausser la concurrence» par le biais d'interventions étatiques. Aucune politique commerciale protectrice ne leur est possible puisque la politique commerciale est une «compétence exclusive» de l'Union. Aucune politique de change n'est possible puisque dans le cadre de l'euro, les pays ne peuvent dévaluer. Aucune politique monétaire n'est possible puisque c'est la Banque centrale européenne qui la conduit. Enfin, aucune politique budgétaire n'est possible puisque les pays qui ont adopté la monnaie unique sont soumis à des «critères de convergence», notamment la fameuse règle - arbitraire - des 3 % de déficit public. En outre, depuis 2010 et dans le cadre d'un calendrier appelé «Semestre européen», la Commission encadre méticuleusement l'élaboration des budgets nationaux.

Dans ces conditions, ne restent aux gouvernants nationaux que deux outils disponibles: la fiscalité et le «coût du travail».

Quant à la fiscalité, ils choisissent généralement de diminuer celle qui pèse sur le capital délocalisable et d'augmenter celle qui pèse sur les classes sociales qui ne peuvent échapper à l'impôt. En 1986 a été posé le principe de «libre circulation des capitaux» au sein du Marché unique. Depuis lors, le capital peut exercer sur chaque États un véritable chantage en menaçant de fuir vers les États voisins. Les pays membres se livrent une concurrence fiscale effrénée, certains (Luxembourg, Irlande) s'étant même constitués paradis fiscaux et vivant des possibilités d'évitement fiscal qu'ils proposent aux multinationales.
[...]
Pourquoi les gouvernements français successifs ont-ils œuvré à l'édification de cette Europe?
[...]
L'Europe du marché et de la monnaie est une Europe de classes. Elle a vocation à éroder sans fin les revenus du travail et à détruire tous les outils redistributifs, en particulier les services publics, sous prétexte «d'ouverture à la concurrence» d'une part, de «maîtrise des dépenses publiques» et de «résorption de la dette» d'autre part.

Comme cela s'est déjà produit dans l'Histoire, cette politique de classe s'accommode fort bien d'un «régime d'occupation» permettant aux classes dirigeantes de se défausser et/ou de confier à plus fort qu'elles le soin de garantir un certain Ordre. Comme l'occupation stricto sensu, par une puissance étrangère ayant envahi le territoire militairement, est bien sûr inenvisageable, la fraction postnationale des élites françaises a élaboré les modalités d'une occupation soft. L'ancien président de la Commission José Manuel Barroso disait de l'Union européenne qu'elle est un «empire non impérial», une formule qui suggère à juste raison que l'agrégation des territoires à l'empire s'est faite par l'économie et par le droit, non par la force. Une fois l'unification continentale réalisée, les règles communautaires jouent le rôle qui leur revient: celui de contrainte extérieure choisie en régime de servitude volontaire.

L'un des principaux slogans entendus dans les manifestations de Gilets jaunes ou sur les ronds-points est «Macron démission». Dans les conditions actuelles, le renoncement d'un homme demeurerait très insuffisant. Pour redevenir maîtres de leur destin, les Français (et tous les peuples d'Europe) doivent exiger que les cartes européennes soient rebattues en profondeur et que soit restituée la souveraineté nationale, autre nom du «droit des peuples à disposer d'eux-mêmes».

Et que l'on se rassure: la fin de l'Union européenne, ensemble contingent de règles et d'institutions au service d'intérêts particuliers, ne sera pas la fin de l'Europe, vieux continent, ni des pays qui la composent.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#308 Message par Goldorak2 » 04 févr. 2019, 14:11

https://www.atlantico.fr/decryptage/356 ... etats-unis
Aveuglement
"La tragédie de l’euro" ou l’incroyable bulle cognitive dans laquelle l’Europe s’est enfermée : interview exclusive de Ashoka Mody, auteur du livre économique de l'année 2018 aux Etats-Unis


Mody nous raconte comment les européens ont bâti un monde parallèle, une "bulle cognitive" basée sur des règles dépourvues de toute raison économique. La capacité de déni des européens devient alors la ligne rouge de ce livre. Pourtant, à aucun moment, Mody ne recommande d'en finir avec l'euro. Il ne fait que constater, décrire, raconter, l'histoire intégrale de cette folie économique qui domine la question européenne, ou comment, comme il l'indique dans notre interview, l'euro a inversé les immenses bienfaits issus des origines des premiers pas de la construction européenne.
[...]
Atlantico : Vous écrivez à propos de l'euro : "l'intention initiale – poursuivie par trois présidents français pendant un quart de siècle, a été d'utiliser l'union monétaire pour contrôler le pouvoir allemand. Le contraire est arrivé." Pouvez-vous résumer cette histoire ?

Ashoka Mody : L'histoire commence en 1969 avec Georges Pompidou. Quelques mois auparavant, Charles de Gaulle avait refusé de dévaluer le Franc à un moment où il apparaissait pourtant clairement que cela était nécessaire. La dévaluation était devenue le stigmate de l'humiliation française. Ce choix fait par Charles de Gaulle a été soutenu par une majorité de Français parce qu'ils y voyaient une restauration de l'honneur du pays face à l'Allemagne. Mais objectivement, cela n'était pas tenable et la première action de Georges Pompidou, une fois élu, a été de dévaluer le Franc. Il a ensuite rapidement choisi de tenir cette réunion à la Haye ou il a proposé l'union monétaire. Les biographes de Georges Pompidou indiquent que l'union monétaire est alors devenue une priorité pour lui. Il a également été beaucoup influencé par Valéry Giscard d'Estaing qui était imprégné de cette idée – connue dans la littérature économique européenne comme "ancrage externe" – qu'il est nécessaire d'avoir une contrainte extérieure. Je ne crois pas que Giscard et Pompidou étaient sur la même ligne sur cette question, mais ils étaient en accord en ce qui concerne l'objectif d'une union monétaire.

Dès le départ, les Allemands étaient réticents à l'idée de dire "non" aux Français, pour des raisons historiques que nous pouvons tous comprendre. La position allemande était alors de dire qu'il s'agissait d'une bonne idée, mais que cela était prématuré. Plus de préparation, plus de convergence, plus d'unité politique étaient alors considérées comme nécessaires.
[...]
Et ceci toujours pour la même raison : à chaque fois que les Français se trouvaient dans une situation de devoir dévaluer, ils développaient un complexe d'infériorité. Pourtant, il est totalement erroné de considérer une dévaluation comme un déshonneur national, cela relève de la psychologie. Si Pompidou puis Giscard croyaient en cette idée de monnaie unique, l'histoire et l'expérience démontraient déjà que toutes formes de taux de change fixes étaient une mauvaise idée. Le Serpent monétaire européen a été rapidement obsolète, le mécanisme européen de taux de change européen (ERM) a explosé. Malgré cela, le projet est resté ancré dans la psyché européenne, et était toujours considéré comme une bonne idée.

Puis, ce fut au tour de François Mitterrand de soutenir l'union monétaire dans une vision explicitement tournée vers une volonté d'équilibrer le statut économique français avec celui de l'Allemagne. C'est une idée curieuse de penser que des taux de change permettent d'équilibrer le statut économique des pays. Il est possible d'en conclure que François Mitterrand, tout comme ses principaux conseillers - comme Jacques Delors- ne comprenaient pas l'économie. Penser que la situation d'un pays va s'améliorer par la vertu d'y ajouter une monnaie unique est absurde, et cette idée reposait sur des extrapolations économiques non garanties.
[...]
Le référendum français de septembre 1992 a été particulièrement important dans ce processus pour plusieurs raisons. La première est de comprendre que sociologiquement et économiquement, les personnes qui ont voté NON correspondent aux Gilets jaunes d'aujourd'hui. Ce moment a donc révélé qu'il existait déjà une profonde fracture en France, même si celle-ci ne s'est pas toujours reflétée dans les élections. Les politiques français ont pensé trouver dans l'euro une solution à leurs problèmes économiques, alors qu'il s'agissait avant tout de problèmes domestiques : manque de croissance, inégalités, fragmentation sociale. Mais l'idée selon laquelle l'euro allait résoudre ces problèmes n'a rien en commun, ni avec la théorie, ni avec la pratique économique. Le deuxième message de ce référendum, est que ceux qui ont voté NON avaient peur de voir l'Allemagne devenir le pays dominant de l'Union monétaire. Et la logique de ce raisonnement est facile à comprendre : puisque l'Allemagne est le pays le plus puissant sur le plan économique, l'Allemagne aura l'influence la plus forte sur la zone euro. Ce qui est remarquable, et je crois beaucoup à la sagesse des peuples, c'est que dès septembre 1992, les Français ont articulé cette vision que l'Allemagne deviendrait le pays dominant.
[...]
les allemands ne seraient plus seulement économiquement supérieurs, ils auront en plus la possibilité d'imposer des réformes économiques allemandes à l'Europe et à la France. Cela est exactement ce qu'il s'est passé au cours de ces 20 dernières années, avec des ministres des finances allemands qui ont, implicitement ou explicitement, essayé de dire à la France quelles étaient les politiques économiques qu'ils devaient mettre en œuvre.
[...]
"Réformes structurelles", "stabilité des prix", "mettre de l'ordre dans ses affaires budgétaires". Vous décrivez une situation que vous nommez "bulle cognitive" qui ferait désormais partie de la culture et de l'identité européenne, mais qui se serait construite sur une folie économique. A quel point cette folie économique est-elle éloignée de la réalité ?

Le point crucial, c'est que François Mitterrand et Jacques Delors ont souhaité l'euro, ce que Helmut Kohl a accepté. Mais en des termes allemands.
Jacques Delors avait pourtant réalisé, à la fin des négociations relatives au traité de Maastricht, que l'euro qui se profilait divergeait de l'euro qu'il avait imaginé. Il a utilisé le terme de "super-orthodoxie" pour qualifier ce que serait le cadre politico-économique de la monnaie unique. Mais il était allé si loin dans ce projet - dont il rêvait - que lorsqu'il a réalisé que cela serait un euro qui provoquerait des problèmes économiques et politiques, il n'a pas été capable de se retirer. Les deux points sur lesquels l'Allemagne a insisté ont été les règles budgétaires et le mandat de stabilité des prix de la Banque centrale européenne.
Quelles sont les principales erreurs de conception de la monnaie unique qui forment cette "bulle cognitive" ?

La principale erreur est en réalité très basique. Il n'y vraiment aucun mystère ici, et de nombreux auteurs avaient averti de cette situation dès 1969. Une politique monétaire appliquée à plusieurs pays provoquera toujours une situation qui ne correspond aux intérêts d'aucun pays. La politique monétaire sera trop restrictive pour les pays les plus fragiles et elle sera trop souple pour les pays les plus forts. C'est une évidence inhérente à la monnaie unique. Pour faire face à cela, il pourrait y avoir des mécanismes de compensation. La version initiale était qu'il fallait parvenir à une importante mobilité des travailleurs, et à une union fiscale. Il y a eu un long débat dans les années 70 sur la taille que devrait avoir une telle union fiscale, et la conclusion était qu'il fallait mettre en place un budget correspondant au moins à 5 - 7% du PIB. Ce qui signifie que chaque pays devrait contribuer à hauteur de 5-7% de son PIB à une union fiscale qui serait utilisée dans les périodes de récession ou de crise. Mais dès le début des négociations, il a été parfaitement clair que les allemands - ils l'ont toujours dit - ne participeraient pas au sauvetage des autres pays. Dans son discours au Bundestag en avril 1998, Helmut Kohl a dit à deux reprises que l'Allemagne ne paierait pas les factures des autres pays. Depuis les années 70 jusqu'à aujourd'hui, il y a une vision allemande constante et uniforme dans tout le spectre politique, mais également dans la population et dans le monde économique allemand : l'Allemagne ne paiera pas les factures des autres pays.
[...]
Vous avez construit votre livre sur une base chronologique prenant en compte l'ensemble des avertissements déployés, depuis les origines, en provenance d'économistes de renom et de certains Prix Nobel d'économie. Comment expliquez-vous que ces avertissements aient été ignoré par les dirigeants européens ?

Parfois, nous créons une fiction qui devient une réalité dans nos esprits et qui devient une motivation qui nous fait avancer. Je rends Helmut Kohl responsable de cette situation. Il est à l'origine de l'idée que ces difficultés politiques et économiques pourraient être surmontées. Dans ce même discours d'avril 1998, Helmut Kohl a dit que la monnaie unique serait le véhicule de la liberté, de la démocratie, de la paix, et de la prospérité. Ces mots sont très importants parce qu'ils se sont inscrits dans la psychologie européenne. Concernant la prospérité, et comme je l'ai indiqué dans une critique du discours d'anniversaire de l'euro de Mario Draghi, l'évidence économique est désormais parfaitement claire : il n'y a pas de bénéfice économique à la monnaie unique alors qu'elle fait peser des risques économiques réels sur ses membres. Concernant la paix…comment croire qu'une monnaie unique créé la paix ? Comme l'a indiqué Nicholas Kaldor dès 1971, une monnaie unique créé de la divergence économique, et cette divergence approfondit les divisions politiques. En 1998, Martin Feldstein est allé plus loin en disant que les européens s'opposeraient dans le futur en raison de la monnaie unique. Quel que soit le résultat, et j'espère que cela ne sera pas un résultat malheureux, l'euro n'a rien avoir avec la paix. Lorsque le Pakistan était unifié avec le Pakistan Oriental avec une monnaie unique, cela s'est terminé par une guerre civile et une division des pays, entre Pakistan et Bangladesh.

Une monnaie unique n'a pas plus à voir avec la démocratie, parce qu'en réalité, c'est une subversion de la démocratie. Aujourd'hui, on peut voir que lorsque le parlement grec présente une loi de finances, elle doit être acceptée par ses créditeurs, ce qui veut dire, implicitement ou explicitement, que le Bundestag doit approuver le budget grec. Nous avons cette situation incroyable ou les dirigeants européens continuent d'utiliser cyniquement le mot de "démocratie" alors qu'ils savent que le système est structurellement non démocratique. Par nature, ce système ne pourra jamais être démocratique à moins que les pays membres renoncent à leurs parlements nationaux.

Je crois dans le projet européen, dans ce projet de paix - et que la période entre 1945 et 1970, celle du traité de Rome est un accomplissement magnifique. C'est un projet de sagesse. Mais tout ce qui est intervenu après cette période - en excluant le développement du marché unique dans lequel je crois – c’est-à-dire toute la structure de l'euro, déconstruit en réalité la réussite européenne des 25 années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale. Mais nous assistons à un retard cognitif qui voudrait que l'euro soit la continuation de la réussite du traité de Rome, ce qui n'est simplement pas vrai.
[...]
L'industrie pharmaceutique n'est plus le leader qu'elle a été mais surtout, et cela est très important, le secteur automobile traverse un changement de régime aussi bien en raison des évolutions de la régulation sur les standards d'émissions de Co2, le bannissement potentiel des véhicules diesel, mais aussi sur la question de la transition vers le moteur électrique. [...]C'est donc un moment ou l'Europe a besoin aussi bien d'un soutien économique de court terme que d'un important investissement pour son futur.

Olaf Scholz, ministre allemand des finances, vient de dire qu'il serait impensable de stimuler l'économie européenne aujourd'hui. C'est le genre de réaction d'une personne qui ne veut pas reconnaître que même si l'Allemagne a été une grande puissance, cela n'est plus le cas.
[...]
Votre livre a été commenté par le site américain Foreign Affairs en indiquant qu'en pointant correctement les problèmes de l'euro, et l'incapacité des dirigeants à prendre en considération les avertissements qui leur ont été adressés, vous aviez omis de pointer les intérêts particuliers qui ont soutenu l'euro, les riches, les banquiers, les exportateurs etc… Quelle est votre réponse à cela ?

Andrew Moravcsik, qui a écrit cette critique, était mon collègue à Princeton. Nous sommes d'accord sur tout, excepté sur ce point. Je suis à Cologne actuellement et le même argument m'est opposé, mais l'euro n'a pas été le fruit d'une rationalité économique. L'argument dit que les exportateurs allemands ont été les lobbys de l'euro parce qu'ils ont pensé que cette monnaie serait plus faible que le Deutsche Mark, ce qui les aiderait. Selon ma lecture de l'histoire, de 1988 à 1992 lorsque le traité de Maastricht a été signé, les entreprises allemandes étaient parfaitement claires : elles ne voulaient pas de la monnaie unique. Elles étaient conscientes qu'une monnaie faible pouvait soutenir leurs exportations mais elles ont aussi compris qu'une monnaie unique rendait possible l'idée que l'Allemagne soutienne fiscalement les autres pays avec lesquels elle partagerait la monnaie unique. Le calcul était donc de considérer que la monnaie pouvait aider, mais les entreprises ne voulaient pas se trouver dans une position ou les ressources fiscales allemandes seraient transférées à d'autres pays. Je fais référence à cette période dans le livre, en citant les textes de l'association des industries allemandes, j'ai également rencontré des responsables politiques de cette période, et je n'ai trouvé aucune preuve de ce fait. J'ai cherché cette preuve, mais je ne l'ai pas trouvée. Je pense que cette décision dépend en réalité énormément de Helmut Kohl. Sans lui, je pense que la zone euro n'existerait pas.
50 ans après les débuts du processus, et 20 ans après sa mise en place, comment qualifierez vous le résultat de l'euro, et qu'anticipez-vous de son futur ?

Les dirigeants européens ont fait quelques progrès, ils ont construit des lignes de défense de l'euro pendant la crise, l'architecture a été renforcée. Mais si vous regardez le revers de la médaille, vous constatez que la force économique européenne est en déclin, qu'il y aura de nouvelles crises, et que l'euro restera longtemps politiquement dysfonctionnel, et ce, avec des profondes faiblesses économiques. Chaque crise fera naître de nouveaux défis pour lesquels l'Europe sera de moins en moins préparée.
[...]
Le mécanisme européen de stabilité (ESM) est une innovation importante, mais repose beaucoup sur la notation de crédit allemand. Si une crise intervient en Italie, cette note pourrait être affectée. Et si le déclin économique continue, notamment en Allemagne, je pense que cela affectera la capacité des européens à faire face. Je ne dis pas aujourd'hui que l'euro va s'effondrer, mais je dis qu'il y va y avoir un processus continuel d'affaiblissement des défenses de l'euro au cours des 10 ou 20 prochaines années. Il est également possible qu'une crise italienne devienne si importante que la capacité européenne d'y faire face ne sera simplement plus là. Oui, des efforts ont été faits, mais les déceptions économiques et politiques sous-jacentes vont continuer d'éroder les capacités de répondre aux prochaines crises. Je pense qu'à un moment, une résolution bien plus dramatique devra arriver.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#309 Message par Goldorak2 » 07 févr. 2019, 09:06

en attendant, la situation économique de la France continue à se dégrader.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019 ... n-2018.php
Le déficit de la balance commerciale a atteint 59,9 milliards d'euros l'an dernier. La facture énergétique représente quasiment les deux tiers de ce montant.

Le solde commercial français n'arrive décidément pas à s'améliorer. Le déficit s'est de nouveau creusé pour atteindre 59,9 milliards d'euros en 2018 - à comparer aux 57,8 milliards de l'année précédente -, selon les chiffres publiés ce jeudi matin par les Douanes.
[...]
la part de marché de la France dans le commerce mondial n'a fait que se stabiliser ces dernières années, à 3,1%. Elle était de 17% en 2000.
[...]
Lequel a également demandé au Trésor, à Bercy, d'évaluer les effets positifs sur l'économie de la stratégie d'internationalisation des entreprises françaises. En effet, nombreuses sont celles qui font le choix d'investir à l'étranger en vue d'y produire des biens, plutôt que d'exporter. «Nous sommes davantage entrepreneurs que commerçants», résume Jean-Baptiste Lemoyne.
Mais oui bien sûr. Si on doit traduire cette nov-langue en langue d'avant, Jean Baptiste aurait résumé : «Nous sommes davantage davantage délocaliseurs qu'exportateurs».

L'article insiste lourdement sur l'importance de la facture energétique... mais j'ai pas l'impression que la France ait produit tant d'énergie (pétrole, gaz) que ça, dans les années 2000 ou avant... ni que le pétrôle et/ou le gaz aient été particulièrement chers en 2018. (je peux me tromper sur ce dernier point mais les pays producteurs de pétrôle se plaignent eux d'un prix anormalement bas en 2018).
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#310 Message par slash33 » 10 mars 2019, 22:12

Interview de Varoufakis par Thinker View le 18/02/2019. C'est long, c'est en anglais mais vache j'ignorais que le gars était aussi bon dans son analyse tout en restant humble. Bon, y a quelques passages a bit too much: comparaison d'un certain politique avec Mussolini, un peu obsédé par le green business aussi et avis sacrément tranché quant à l'IA - bien qu'étayé par ses témoignages. Mais, à part ça, c'est très bon. Il n'est pas avare de confidences non plus.

Yánis Varoufákis, la fin de l'Europe et de l'Euro ?
https://www.youtube.com/watch?v=hbnzQtLS4T8

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#311 Message par Goldorak2 » 07 mai 2019, 08:37

Une clarification sur le "couple franco allemand" et l'euro ?

https://www.atlantico.fr/decryptage/357 ... -verhaeghe
Emmanuel Macron doit-il vraiment essayer de sauver le couple franco-allemand ?
Le couple franco-allemand fait partie des grandes légendes urbaines qui structurent les élites françaises. Au lendemain des élections européennes, il devrait vivre un moment difficile, et de fortes tensions risquent bien d’interroger son sens et sa légitimité. Jusqu’où la France doit-elle pousser l’amitié avec l’Allemagne? Ce sujet tabou de ce côté-ci du Rhin ne pourra plus guère donner lieu à des dérobades. Rien n’exclut que, très vite, l’opinion française ne conclue à la nécessité d’une rupture claire avec l’Allemagne en Europe.
[...]
Le couple franco-allemand mis à l’épreuve des faits

On pense connaître déjà le nom de la « dauphine » d’Angela Merkel, celle qui lui succéderait à la chancellerie. Il s’agit d’Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée AKK. On sait déjà quelles seront ses probables revendications internationales: le siège de la France au conseil permanent de sécurité, et la fin du siège strasbourgeois du Parlement européen.

Ces revendications sont celles d’une nouvelle génération de politiciens allemands qui souhaitent tourner la page de la Guerre. Pour les élites françaises, la demande sera difficile à manier: le vrai visage de la coopération franco-allemande apparaîtra enfin. Il faudra bien avouer que l’Allemagne a profité du parapluie français – voire de la coupable naïveté des élites françaises – pour faire oublier ses fautes et pour revenir dans le jeu, tout en nous laissant assumer les dépenses militaires qui vont bien.
[...]
Le brillant couple franco-allemand et ses accords de coopération autorisent donc l’Allemagne à bloquer les exportations françaises dans le domaine de l’armement. Voici ce qu’en dit l’ambassadrice de France en Allemagne:

« Cette insécurité juridique conduit de plus en plus [d’entreprises] à développer des stratégies ‘German-free’ – permettant de produire des équipements sans composants allemands. Si cette évolution se confirme, elle aura des conséquences graves et durables sur notre capacité à procéder à des rapprochements industriels et à conduire des programmes communs »

Autrement dit, la coopération industrielle avec l’Allemagne (vantée comme une nécessité pour peser dans l’Union) devient un handicap majeur dans certains domaines.

L’incapacité structurelle de l’Allemagne à coopérer

D’une manière générale, c’est la question de la coopération avec l’Allemagne réunifiée qui est posée depuis les années 90. Les élites françaises refusent obstinément qu’elle soit posée et s’accrochent au monde obsolète de la République Fédérale Allemande (RFA), c’est-à-dire à l’Allemagne de la Confédération du Rhin créée par Bonaparte, qui était une alliée naturelle de la France.

Depuis la réunification de cet Etat moderne né à Versailles en 1870 après un long cycle d’Union douanière, et mort le 8 mai 1945, la coopération franco-allemande a progressivement changé de visage et d’esprit, même si les Français ont refusé de le voir et de l’admettre. La réintroduction de la composante prussienne dans l’entité politique germanique a réactivé de vieux réflexes outre-Rhin, notamment celui d’une organisation internationale du travail tournée vers l’est de l’Europe et destinée à enrichir l’Allemagne elle-même.

Cette conception des relations régionales a conduit à déséquilibrer en profondeur la construction européenne, à la rendre de moins en moins coopérative et de plus en plus germano-centrée. La fin du parlement à Strasbourg, la demande de cession du siège français au conseil permanent en montreront tout le vice et tous les risques.

L’euro, ce cheval de Troie dont plus personne ne se départit

L’euro a joué un rôle-clé dans cette logique non-coopérative qui creuse la tombe de l’Union Européenne.

La monnaie unique, qui envoûte les élites françaises depuis plusieurs décennies, a été, pour l’Allemagne, un moyen de continuer la politique d’expansion territoriale commencée par la Prusse dans les années 1830 avec le mark. Les Français, qui n’apprennent pas l’histoire de l’Allemagne, ne savent pas que ce que nous appelons l’Allemagne par commodité est née d’une union monétaire et douanière appelée le Zollverein, qui s’est « propagée » dans la constellation des petits Etats rhénans à partir de la Prusse au cours du dix-neuvième siècle.

La zone euro n’a pas fonctionné autrement que le Zollverein. La monnaie unique est à la fois est un outil économique et politique qui sert à unifier les marchés et les espaces politiques. L’ironie de l’histoire est que l’Allemagne a eu besoin de fermer sa parenthèse d’expansion politique agressive commencée dans les années 1870 (avec la défaite française qui débouche sur la création du Reich) pour reprendre son expansion par la voie monétaire.

D’où cette situation de subordination du sud de l’Europe par une monnaie unique qui a enrichi l’Allemagne et appauvri ses voisins.

L’incompréhension fondamentale de l’euro en France

Lorsque les élites françaises se sont lancées dans l’aventure de l’euro, elle n’ont pas compris, ou pas voulu comprendre, qu’une zone monétaire commune avec l’Allemagne était une gageure politique et économique. Et elles n’ont pas clairement expliqué aux Français qu’avoir la même monnaie que l’Allemagne, impliquait aussi d’avoir la même politique budgétaire qu’elle.

Cet oubli, ce manque de pédagogie, cette facilité, n’ont pas seulement concerné la France. Les Grecs, les Italiens, les Espagnols, peuvent formuler les mêmes reproches à leurs dirigeants respectifs. Toujours est-il que nos brillantes élites qui n’ont que les mots « Europe » et « couple franco-allemand » à la bouche, n’ont pas eu le courage de comprendre que les lois Hartz des années 2000 adoptées en Allemagne pour assainir les finances publiques, nous obligeraient à suivre la même politique. Ou alors à perdre de la compétitivité, donc des emplois.

Le couple franco-allemand à l’épreuve de l’euro

Sans surprise, la divergence croissante des politiques économiques entre la France et l’Allemagne depuis 2008 enrichit l’Allemagne et appauvrit la France. Une étude allemande l’a clairement montré, même si on peut pinailler sur d’éventuels ajustements des chiffres.

Sur ce point, il faut prendre des options claires. Soit les élites françaises aiment l’Allemagne et l’union économique qui nous lie à elle et… dans ce cas, nous devons harmoniser nos politiques budgétaires. C’est-à-dire, pour parler clair, rentrer dans l’ordo-libéralisme fondé sur la baisse de la dépense publique. Soit les élites françaises ne se sentent pas de purger nos finances publiques, et elles doivent assumer d’abandonner l’euro pour dévaluer et retrouver ainsi une salutaire compétitivité.

Cette question très simple suppose un choix auquel les élites françaises se soustraient depuis de nombreuses années. Jusqu’ici, les Allemands avaient eu l’intelligence de ne pas nous sommer de le faire. Mais la successeuse d’Angela Merkel risque bien de vouloir rompre cet équilibre en poussant trop loin l’avantage de l’Allemagne.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#312 Message par olmostoline » 07 mai 2019, 09:16

Tu vas le poster partout, cet article ?
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#313 Message par clarine » 14 oct. 2019, 21:16

Esther Duflo qui éclaire le discours présidentiel du "pognon de dingue" (ou le discours de la responsabilisation des pauvres...)

https://twitter.com/i/status/1183832019597438976

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#314 Message par ProfGrincheux » 15 oct. 2019, 02:01

Tout cela est bien vrai.

Mais observez quand même que, dans le discours de Duflo, c'est l'investissement dans le capital humain qui est le comportement permettant l'intensification du travail et à terme la sortie de la pauvreté. Elle rappelle aussi cette verité de sens commun que l'agent économique ne peut investir que si sa consommation de base est assurée. Le fait de ne pas porter de jugement moral en qualifiant ce comportement de responsable n'empêche pas qu'elle le valorise manifestement.

D'autre part la mise en évidence de l'emergence du comportement en question est de nature statistique. Une caractéristique de la thèse ideologique qu'elle attaque est qu'elle a été beaucoup défendue à travers des exemples individuels anecdotiques et non quantifiés. Autant dire qu'il n'y a pas photo et qu'il est juste et bon d'en saper l'apologetique savante. Bravo!

Passons quand même la parole à l'avocat du diable. Qui pourrait s'appeler Tirole d'ailleurs.

Son approche est microeconomique et scientifique, tandis que l'approche de Macron est macroeconomique et technocratique.

Le problème economique du quinquennat Hollande fut la mollesse de la reprise économique française par comparaison avec les économies concurrentes et surtout l'Allemagne. La partie de l'élite politique à laquelle appartient Macron (et Hollande!) a supposé que ce sont les reformes de l'état providence du gouvernement Schröder qui ont permis à l'Allemagne d'augmenter sa compétitivité économique.
La différence entre Hollande et Macron est que le premier n'a pas osé le dire autrement que par des actes qui ont fracturé sa majorité qui aurait explosé s'il les avait vraiment expliqués.

Ce n'est pas évident à réfuter sur le plan strictement économique.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#315 Message par Gpzzzz » 15 oct. 2019, 06:35

D ailleurs en France on aide les pauvres énormément depuis 30ans, et on voit le résultat.. presque plus de chômage, plus du tout d'insécurité, une cohésion nationale.. bref pas besoin d etudes américaines suffit de regarder le miracle français :lol:

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#316 Message par rascasse76 » 15 oct. 2019, 07:37

Gpzzzz a écrit :
15 oct. 2019, 06:35
D ailleurs en France on aide les pauvres énormément depuis 30ans, et on voit le résultat.. presque plus de chômage, plus du tout d'insécurité, une cohésion nationale.. bref pas besoin d etudes américaines suffit de regarder le miracle français :lol:
Oui, mais on aide seulement les pauvres qui ne travaillent pas.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#317 Message par Sifar » 15 oct. 2019, 07:39

L'idéal serait que tous les pays de la Terre soient exportateurs net.
...and suddenly, out of the blue, and with absolutely no reason at all people voted for Adolf Hitler.

Ils n'ont pas de homard ? Qu'ils mangent des kebabs!
( Adapté de Sibeth N'diaye, porte-parole du gouvernement de la République Française. ( ou pas. )

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#318 Message par Goldorak2 » 06 avr. 2020, 15:03

et voilà les erreurs

Ah zut ! Qui pouvait s'en douter ?
https://www.atlantico.fr/decryptage/358 ... es-reviens
La France malade de sa désindustrialisation (et de l’euro...?)

Pour se sortir de la pandémie, la France ne peut pas compter sur sa capacité de production industrielle. À l’inverse, l’Allemagne s’en sort mieux car elle s’appuie sur sa forte productivité et un important stock de réactifs chimiques.

Atlantico : Aujourd’hui avec la crise du coronavirus, notre production de tests ou de masques est nulle et représente bien notre situation de production. En comparaison de l’Allemagne, la France est-elle véritablement nue industriellement ?

Christian Saint-Étienne : La France a subi la désindustrialisation la plus forte de tous les pays développés au cours des vingt dernières années. Aujourd’hui, l’industrie représente entre 10 et 11% du PIB contre 20 % en Allemagne. Sachant que l’Allemagne a un PIB supérieur d’un tiers au nôtre, l’industrie Allemande est au moins deux fois et demie plus importante que l’industrie française en terme de chiffre d’affaires.

Nous avons pris un retard considérable qui se traduit par l’effondrement de la part des exportations françaises dans les exportations de produits manufacturés de la zone euro. Nous sommes passé de 17% il y a 20 ans à 11,5, 12 % aujourd’hui. Nous avons laissé s’effondrer notre appareil industriel. La conséquence est que des pans entiers de notre activité ont disparu comme la machine-outil, les appareillages dans les domaines de la santé mais nous avons gardé quelques filières fortes : l’aéronautique, la défense, la chimie, la pharmacie (mais sans les appareillages) et également le luxe.

Cela est du à une politique totalement à court terme. Nous sommes passé de la première industrie pharmaceutique en Europe à la cinquième place en une quinzaine d’années car nous surtaxons les industries pharmaceutiques dans notre pays. Tout cela est la conséquence d’une vision comptable à courte terme dans son ensemble et nous nous retrouvons avec un appareil industriel fortement affaibli.

On voit cela dans la crise du coronavirus, où nous ne sommes même pas capables de fabriquer des masques. Pour ce qui est des tests, on en fait six à sept fois moins que l’Allemagne par jour. Les réactifs nous manquent car ils viennent soit de Chine, soit des États-Unis et nous n’avons pas anticipé que dans la crise ces pays gardent les réactifs. L’industrie française est donc nue dans le combat international.

Cela nous rend infiniment plus fragile. Ce que nous n’avons pas fait, c’est de réfléchir aux industries souveraines dont nous avons besoin pour faire face aux crises internationales. On a bien identifié qu’il fallait une industrie de défense et les travaux menés depuis quarante ans aux Etats-Unis et en Russie ont déterminé que pour maintenir la souveraineté d’un État il y a cinq domaines clefs : la défense, la santé-pharmacie, la la finance, l’agro-alimentaire et les industries informatiques-numériques. Les grands systèmes d’exploitation sont tous américains, aucun n’est européen et 60 % des bases qui permettent de produire des médicaments viennent de Chine ou d’Inde.

À la fois au niveau français et européen, nous n’avons pas mené cette réflexion sur l’industrie souveraine. Du côté de l’Allemagne, du fait qu’elle ait gardé une production beaucoup plus puissante avec les machines-outils, les systèmes de transport et la chimie-pharmacie, elle a des atouts bien plus considérables dans les cinq domaines évoqués que la France.

Loïk Le Floch Prigent : La désindustrialisation française s’est accélérée ces vingt dernières années avec d’une part la disparition de secteurs entiers et d’autre part la vente de fleurons de l’industrie nationale comme Rhodia, Lafarge, Alstom, Alcatel…Par ailleurs les normes et règlementations ont conduit bon nombre de fabrications à se délocaliser dans des pays moins sourcilleux . C’est une bonne moitié du tissu industriel français qui a ainsi disparu et dont on peut constater les effets sur l’ensemble du territoire.

La crise du coronavirus a d’abord mis en relief l’absence de fabrication nationale d’un matériel sanitaire obligatoire pour surmonter la pandémie. Ainsi a-t-on pu constater l’absence de masques de protection, de gel hydroalcoolique, de petit matériel pour tests, des tests eux-mêmes, des respirateurs artificiels, des lits de réanimation…mais plus grave encore c’est une grande part des produits pharmaceutiques nécessaires aux soins dont la fabrication a déserté la France et l’Europe, les principes actifs provenant désormais intégralement des industries chinoises et indiennes. Ainsi la population a-t-elle pu prendre conscience de la pénurie des produits essentiels, de la possibilité d’en être privée et de l’incapacité de porter remède à cette situation catastrophique dans un temps court.

Les sujets sur lesquels nos scientifiques nationaux , nos techniciens et nos industriels ont travaillé et qui n’offrent plus de fabrications sur notre sol sont nombreux, les batteries pour voitures électriques, les matériels de téléphone, les matériels des énergies solaire et éolienne , les téléviseurs, les ordinateurs…mais la théorie économique s’en satisfaisait, la mondialisation avait prévu la localisation des « fournisseurs au meilleur prix et au meilleur endroit » et ceux qui dénonçaient ces dérives des « chaines de valeur ajoutée mondiale » étaient montrés du doigt comme appartenant au vieux monde désormais dépassé. Il a donc fallu se confronter à la réalité, notre économie ne pouvait plus répondre à nos besoins essentiels dans une situation de crise aiguë. Plutôt que de plonger dans la réalité industrielle et de concentrer un renouveau brutal sur les nécessités de l’heure, on a même préféré déclarer que les matériels requis n’étaient pas indispensables ! Consternant et douloureux pour tous ceux qui ont bâti un appareil industriel de qualité et qui l’ont vu disparaitre peu à peu .
L’Euro a aussi joué un rôle dans cette déconstruction industrielle. On peut dire qu’il a étouffé les industries du sud et favorisé le déficit. La monnaie était utilisée par la France pour corriger l’augmentation des salaires face à la baisse de productivité mais c’est désormais impossible. A-t-on agit comme si les Français ou les Italiens pouvaient devenir des Allemands ?

Christian Saint-Étienne : Ce n’est pas l’euro qui est responsable de la désindustrialisation. C’est le fait que stratégiquement, on n’a pas intégré l’entrée dans la zone euro pour modifier le comportement sur le plan salarial, industriel et en terme de politique de filière. Il aurait fallu comprendre en 1999 quand on est entré dans l’euro qu’il fallait rester au moins aussi compétitif que l’Allemagne. Quand on crée une zone monétaire, si on veut garder notre industrie, on doit être au moins aussi compétitif que le pays le plus compétitif de la zone.

Or, au moment où nous sommes entré dans l’euro, les 35 heures ont coûté extrêmement chers en terme de compétitivité et de finances publiques. Cela a bien illustré que l’on rentrait dans l’euro sans comprendre ce que cela impliquait en terme de compétitivité économique. C’est cette incompréhension de la nécessité de garder cette compétitivité qui a conduit à une dérive permanente contribuant à la désindustrialisation. Cependant, l’euro n’est pas le seul fautif.

C’est l’euro en conjonction avec les 35 heures d’une part mais c’est le fait qu’en France, il y a 25 ans, l’ensemble des élites de droite et de gauche ainsi que les élites économiques se sont convaincues que nous étions entrés dans un monde post-industriel, post-travail et qu’on pouvait laissé filer l’industrie sans que cela n’ait d’importance. Les élites n’ont pas compris que les industries sont les activités avec la plus forte productivité et qui assurent la compétitivité globale du pays.

Il y a eu une incompréhension stratégique globale. Au fond, on n’est jamais revenu en arrière sur cette lacune créée, cela fait 25 ans que l’on applique cette stratégie et cela se traduit par des coûts de production élevés. Nous avons également des impôts de production qui sont parmi les plus élevés d’Europe et du monde. Si on veut ré-industrialiser, il faut réformer le marché du travail plus que cela n’a été fait. Et il faut fortement réduire les impôts de production et sur les sociétés ainsi que les charges sociales. C’est une politique d’ensemble globale qui n’a pas été menée depuis 25 ans car encore une fois personne ne s’intéressait à l’avenir de l’industrie.

Dans le cas où nous n’aurions pas eu l’euro, la monnaie aurait été dévaluée pour améliorer notre compétitivité industrielle. Cela aurait affaibli notre système financier. Ce n’est pas l’idéal non plus. L’euro a été fait sur une demande française, c’est Mitterand qui a exigé cela au chancelier Kohl. À partir du moment où nous voulions l’euro, il fallait vouloir toute la politique stratégique qui allait avec. Ce que l’on n’a pas fait.

Charles Reviens : Deux préalables méthodologique s’imposent avant de répondre à votre question. Il me semble d’abord utile de compléter l’analyse sur l’industrie (qui renvoie à la distinction ancienne entre secteurs primaire secondaire et tertiaire) stricto sensu par une vision globale sur l’économie productive (incluant l’industrie mais aussi les services marchands) dont l’offre doit trouver sa place sur un marché concurrentiel notamment à l’export ; Il est ensuite utile de rappeler des faits stylisés dans le champ de l’économie productive et de l’industrie depuis la mise en place de l’euro le 1er janvier 1999, il y a un peu plus de vingt-et-un ans. Ainsi depuis le 1er janvier 1999 : la part de l’industrie de la valeur ajoutée totale de la France est passée de 19 % à 13 % de 1999 à 2018 soit une baisse de 29 % ; cette diminution de quasiment un tiers de la place de l’industrie dans l’économie a été très rapide, ainsi en 1999 il fallait remonter à 1965 soit 35 ans pour trouver une baisse comparable ; la France est constamment depuis 2003 en déficit de sa balance commerciale et depuis 2005 en déficit de sa balance des paiements courant ; cette séquence de plus de quinze ans de déficits jumeaux (comptes extérieurs et budget) est tout simplement inédite dans l’histoire économique récente de la France.

La France connait donc depuis 1999, année de mise en place de l’euro, une dégradation tout à fait considérable de son économie productive et de ses capacités industrielles. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’objectif de convergence des économies mises en avant au début des années 1990 par les promoteurs de l’union économique et monétaire n’a pas été tenu et que c’est strictement l’inverse qui s’est produit. Le thinktank allemand CEP (Centrum für Europäische Politik) a publié en 2019 une étude ratifiant les divergences majeures des économies européennes de la zone euro : l’économie allemande, et dans une moindre mesure l’économie néerlandaise, ressortent nettement vainqueurs de l’union monétaire, tandis que les deux grands perdants sont l’Italie et la France.

Il y a donc une corrélation plus qu’évidente pour la France entre perte de compétitivité et la désindustrialisation accélérée de la France et participation à la zone euro. On peut en revanche constater que de 1949 à 1989, la monnaie française s’était dépréciée de 30 % par rapport au deutsche mark tous les dix ans alors que les performances macro-économiques et industrielles des deux pays étaient alors beaucoup plus proches, au traditionnel biais mercantiliste allemand près.

Il est plus que probable que l’euro est surévalué pour les fondamentaux de l’économie française, ce qui distribue du pouvoir d’achat mais étiole l’économie productive et exportatrice et donc contribue à la désindustrialisation. C’est probablement strictement l’inverse pour l’Allemagne, dont l’ambition de demeurer une grand pays industriel et exportateur est évident.

Il faut enfin noter qu’avant l’euro les responsables politiques français pouvaient, suite à des orientations économiques « déraisonnables », subir des crises de balances de paiement et des attaques contre le franc qui imposaient des changements drastiques de politique économique. Raymond Barre doit mettre en place en 1976 une politique de stabilisation monétaire après le creusement du déficit commercial sur UNE seule année et François Mitterrand fait de même en 1983 après TROIS années de déficits extérieurs consécutifs. En 2020 nous sommes à QUINZE années : le signal douloureux mais salutaire de la crise de balance des paiements a aujourd’hui disparu.
Dans une zone monétaire optimale, chacun se spécialise sur ses points forts et les transferts de force entre les états rééquilibrent les faiblesses de l’autre. Cependant, lors de la crise que nous connaissons, l’industrie allemande qui devrait fonctionner au service des états qui n’en ont pas, ne le fait pas. Comment l’Europe doit-elle fonctionner pour éviter ce genre de désastre car là où l’on a besoin de solidarité tout le monde disparait derrière ses frontières ?

Christian Saint-Étienne : C’est la toute la théorie monétaire. Si on crée une zone monétaire, par nature elle conduit à la spécialisation des sous-parties de la zone. Si on prend les États-Unis, il y a 50 états, c’est une zone monétaire mais tout le monde ne fait pas de l’aéronautique dans les 50 états, ni de l’électronique. Si on met en place une zone monétaire, on sait que pour que cela ça fonctionne dans la durée, il faut un gouvernement économique intégré et un budget de la zone pour opérer un minimum de redistribution. Aux Etats-Unis, ils l’ont car c’est le budget fédéral qui est en charge de cela.

Chez nous, les personnes qui ne comprennent pas cela disent que nous avons le budget de l’Europe mais cela n’a rien à voir. Ce qu’il faut, c’est un budget de la zone euro. Il faudrait un budget de deux à trois point de PIB, spécifique à la zone euro permettant d’investir dans les infrastructures et dans la politique de souveraineté. La solidarité manque depuis que nous avons créé l’euro.

Loïk Le Floch Prigent : Comment a-t-on pu arriver en si peu de temps à un tel seuil de désindustrialisation ? Beaucoup de lâchetés et d’erreurs, une insouciance de nouvelles élites enthousiastes devant la mondialisation heureuse et sans aucune connaissance des mécanismes de création et de développement de l’appareil productif. La conscience de la nécessité d’un appareil industriel pour soutenir l’économie du territoire national a déserté les cerveaux de l’administration du pays et des élus de la République. Cela a été progressif, insidieux, les héros de la production industrielle ne l’étaient plus, ils devenaient même gênants pour beaucoup de chantres des « métropoles » à ambition mondiale. Il faudra un jour rendre hommage aux industriels qui sont restés, aux industriels qui ont tenu patriotiquement dans la tempête pendant que certains se sentaient devenir des dirigeants mondiaux tenant table à Davos tandis que d’autres finissaient pas jeter l’éponge devant les tracasseries administratives, fiscales, judiciaires, environnementales en vendant leur entreprise au plus offrant, en général venu d’ailleurs. La production a été fortement dévalorisée pendant toutes ces années, dans les familles, à l’école et dans les médias, très peu de politiciens se sont engagés pour soutenir l’industrie nationale , le monde nouveau était rempli de smartphones et de tablettes venant d’ailleurs et s’imaginait maintenir le niveau de vie du pays avec le télétravail ! Jamais l’industrie n’a plus été une priorité pour la nation, depuis le création de l’euro sans harmonisation fiscale qui a desservi dès l’origine notre outil national de production jusqu’à aujourd’hui où l’on a poussé à la fermeture des usines plutôt que d’essayer de favoriser le maintien d’une activité pour mieux favoriser le rebond espéré. La volonté politique n’est pas tout, mais elle est indispensable pour valoriser toutes les richesses de compétences et d’initiatives qui existent dans notre pays, on a bien vu que dès que l’on a fait appel à l’appareil productif, une grande partie des industriels s’est portée volontaire. Des trésors sont enfouis chez tous les ouvriers, techniciens, chercheurs et ingénieurs de notre pays, ils veulent créer, produire et se mobiliser, comme les soignants qui se donnent corps et âme au succès de leur mission, le monde de l’industrie est prêt à relever les défis du monde actuel que plus jamais nous n’ayons à connaitre la honte de ne pas être capables de produire des masques, et pire encore de fournir des élastiques pour les masques.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#319 Message par Goldorak2 » 11 avr. 2020, 11:29

le bilan provisoire et déjà signifiant de l'UE aidant le cornavirus :

https://www.valeursactuelles.com/clubva ... ner-117928
L'UE, cet Ehpad de l'histoire dont il faut se déconfiner

« Le manque de solidarité européenne fait courir un danger mortel à l'Union européenne », prévient l'ancien président de la Commission Jacques Delors. « L'Union européenne, premier mort du Covid-19 » , répond Marine Le Pen.

Europhiles et europhobes s’accordent pour considérer que Bruxelles s’est révélé inepte pendant cette crise sanitaire. La pandémie a peut-être mis au jour une vérité plus clinique. [...]

La paralysie économique et le mur de l’euro
[...]
Dans le cadre d'une monnaie unique, une telle cohésion n'est pas seulement souhaitable, elle s'avère vitale. Mais peu ou pas endettée et moins atteinte par le virus, l'Europe du Nord a immédiatement fait savoir à celle du Sud qu'elle ne paierait pas pour elle. Comme dans cette autre parabole de La Fontaine, la fourmi refuse d'aider la cigale. Le camp des cigales (France, Grèce, Portugal, Slovénie, Belgique, Luxembourg, Irlande et Chypre) plaide pour une mutualisation des dettes sous forme de “coronabonds”. Les fourmis bataves et germaniques ne veulent pas en entendre parler, préférant réactiver le mécanisme européen de stabilité. Ce MES n'est pas un fonds de solidarité mais un dispositif d'aides sous conditions, symbolisé par les mesures d'austérité dévastatrices qui furent imposées à la Grèce et au Portugal. Rembourser quoi qu'il en coûte. La monnaie commune, véritable lit de Procuste, nous force, tout en nous empêchant de trouver une solution, à la crise. L'union ne fait pas la force mais la faiblesse.

Le torchon brûle

Même réduite à une communauté des acquêts monétaires et économiques, l'Europe ne fonctionne pas. Alors que reste-t-il du rêve des pères fondateurs ? Alors que Madrid allonge ses morts sur la glace de ses patinoires réquisitionnées, le Premier ministre des Pays-Bas prononce cette phrase terrible : « L'Espagne doit régler seule les coûts engendrés par la pandémie qu'elle a mal gérée. » Le Premier ministre du Portugal, António Costa, s'étrangle d'indignation : « C'est répugnant ! » Comment lui donner tort ? Un État membre en regarde un autre se noyer, refuse de l'aider et se permet en plus de lui faire la morale. [...] Alors que Berlin et La Haye refusent toute aide à Madrid et à Rome, Moscou et Pékin envoient du matériel médical aux Européens du Sud. Varsovie interdit son espace aérien aux avions-cargos affrétés par Poutine pour soulager les Italiens. La Tchéquie confisque les masques que Pékin destinait à la Lombardie. Une union sans cesse plus étroite prévoit les traités.

Dans ce qui restera sûrement comme l'une des contributions les plus efficaces à la lutte contre le Covid-19, Ursula von der Leyen explique, dans une vidéo, aux Européens comment se laver les mains. Se laver la main, l'inconscience de l'Union hurle, son impuissance frappe. Autre mesure ultravolontariste prise par la présidence de la Commission, commander une étude sur les fake news… accusant l'Union européenne d'impuissance. Il était temps de joindre le geste à la parole. Le coup de grâce sera donné par la Commission. Asséné par la direction de la concurrence, le saint des saints, le noyau le plus fanatique de l'oignon idéologique dont parlait Hannah Arendt. Au bord de la faillite, l'Italie peine à enterrer ses morts lorsqu'elle reçoit une amende de Bruxelles avec pénalités quotidiennes pour soutien aux hôtels de Sardaigne faussant la concurrence. L'Union sait joindre le geste à la parole.

Sur les réseaux sociaux, les Italiens descendent le drapeau de l'“immaculée conception” et vont parfois jusqu'à le brûler. Le président du Conseil, Giuseppe Conte, avoue craindre que l'édifice européen perde sa raison d'être. Laquelle ? Serait-on tenté de lui répondre. Le libre-échange à sens unique, le remplacement des nations par une zone de duty free ouverte à tous les vents, l'invention d'une monnaie sans budget et sans État ? La crise du Covid-19 montre le projet conçu par Jean Monnet pour ce qu'il est : la nef des fous.

Une maladie auto-immune qui a affaibli nos défenses étatiques

Quel aura été le premier conseil aux États membres formulé par Bruxelles ? Surtout ne pas limiter la liberté de circulation des personnes (avec la liberté de circulation des capitaux, des biens et des services, l'un des quatre piliers sur lesquels se fonde la “construction” européenne). Comme toute idéologie, l'européisme se désintéresse du réel. Emmanuel Macron d'ailleurs n'en démord pas et appelle à fermer les frontières… de la zone Schengen. Qu'importe si le virus ignore Schengen, qu'importe si les inter actions humaines sont plus intenses à l'intérieur d'un pays qu'entre deux pays de la zone Schengen, ce qui compte, c'est de sauver le dogme.

L'affaire des masques offre un cas d'école de l'abrasion par l'Union de la capacité des États à faire face au coronavirus. Les masques sont importés de Chine. Nos producteurs nationaux ont fait faillite, à la fois en raison de l'absence de barrières douanières (merci, Bruxelles) et à cause de la libre circulation des capitaux qui a boosté les délocalisations (encore merci, Bruxelles). Cette politique a accéléré la désindustrialisation (par exemple, en France, l'équivalent de la ville de Fontainebleau en emplois industriels depuis 1992 supprimé chaque année) sur le vieux continent. Le respect des critères de Maastricht a déclenché des économies de bouts de chandelle, dont le déstockage des masques.

La mise en oeuvre de l'euro et du libre échange nous a désindustrialisés

L'euro monnaie trop forte pour les cigales et trop faible pour les fourmis a polarisé les économies des pays membres, concentrant des richesses et organisant un dumping des plus riches par les plus pauvres. Bruxelles nous a exposés au danger, tout en nous privant des moyens d'y faire face. La mise en œuvre de l'euro et du libre-échange unilatéral nous a désindustrialisés. En conséquence, nous devons tout importer de Chine y compris les masques, les tests, les médicaments ou les respirateurs parfois défectueux. Le respect des critères de Maastricht nous a poussés à la faute, en nous incitant à déstocker des masques, à fermer des lits d'hôpitaux, à ne pas augmenter le personnel hospitalier, etc.

La débâcle provoquée par les dogmes bruxellois est visible sur la carte de la pandémie. Si le taux d'ouverture des différentes régions au commerce international et aux flux humains issus de la globalisation (et d'abord de Chine) est bien visible, un autre l'est aussi, c'est le niveau d'investissements dans les infrastructures de santé. Partout où l'ordo-libéralisme européiste a permis d'engranger des excédents commerciaux et de renforcer la production de richesse, le virus a été plus facilement combattu par un système sanitaire plus robuste. Partout où les dogmes de Bruxelles ont fragilisé les sociétés et les infrastructures de soin, le virus a été plus meurtrier. Il devient urgent de se déconfiner de cet Ehpad de l'histoire que l'on appelle l'Union européenne.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#320 Message par la cigale75 » 11 avr. 2020, 12:35

je vais parler de mon cas.
Enseignant dans la partie technique de l EN. prof de genie mecanique mais de puis 2002 prof de SII mécanique. niveau bac technique et BTS. je change de fonction à la rentrée 2020. Dégouté de ne plus enseigner ce que je sais depuis la réforme de la filière technique.
l'EN a fusionné les 14 spécialités en 4 spécialités, car on coute trop cher. fermeture du concours pendant pendant 10 ans sauf les agrégations.
aucun recrutement pour enseigner de électronique, mécanique, électrotechnique. je ne parle pas de productique etc...
on a fait greve a l'epoque contre la perte de compétence et de savoir.
nous prof de meca on devait savoir faire de la prod... je demande à voir.
donc les Loïk Le Floch Prigent, Christian Saint-Étienne me font sourire.
comme j aime bien le dire je sais lire un livre de philosophie mais est ce que tu sais programmer en Ladder? on a été tellement dénigrer et rabaisser.

On a enterre volontairement la France en pensant faire une France de service et de Marque sans usine.
Alors la réindustriallisation, c'est comme la fabrication des masques, tu as beau faire des effets d annonce, on a tout casser avant. donc pas de masques.
on est plus un pays industrielle depuis 15 ans mini. on ne sais meme plus faire de centrale nuclaire car les types coule mal la matiere ou monte des vannes a l envers car ils ne savent pas lire une documentation technique...
je rigole avec ces bien penseurs et donneurs de leçons, eux qui ont prôner le buissness.
a quand la taxation du monde de la finance ( ventes à découvert et autres outils financiers inutiles pour le monde. )

on assiste juste au basculement du monde entre l occident vers l'orient. Dommage pour nous. On est petit sur le globe.
La cigale
"Connaitre l'art d'impressionner l'imaginaire des foules c'est connaitre l'art de les gouverner."
Psychologie des foules de Gustave Le Bon

Eh bien aujourd'hui, on dirait qu'il y a un mur au milieu de la piste d'atterrissage.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#321 Message par EmileZola » 11 avr. 2020, 12:45

Goldorak2 a écrit :
11 avr. 2020, 11:29
le bilan provisoire et déjà signifiant de l'UE aidant le cornavirus :

https://www.valeursactuelles.com/clubva ... ner-117928
Merci d'éviter de poster des liens vers ce torchon raciste d'extrême droite !

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#322 Message par Indécis » 11 avr. 2020, 12:49

EmileZola a écrit :
11 avr. 2020, 12:45
Goldorak2 a écrit :
11 avr. 2020, 11:29
le bilan provisoire et déjà signifiant de l'UE aidant le cornavirus :

https://www.valeursactuelles.com/clubva ... ner-117928
Merci d'éviter de poster des liens vers ce torchon raciste d'extrême droite !
On sait bien que le raciste c'est toi.
Donc, si tu pouvais appliquer cette règle à toi même, on te remercierai...
vpl : "OUI les migrants violent beaucoup plus que les suédois".
vpl : "Indécis et Zoumana, je fais suivre vos messages à la DCRI, au service qui s'occupe des prédicateurs radicaux".

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#323 Message par Pi-r2 » 11 avr. 2020, 14:43

EmileZola a écrit :
11 avr. 2020, 12:45
Goldorak2 a écrit :
11 avr. 2020, 11:29
le bilan provisoire et déjà signifiant de l'UE aidant le cornavirus :

https://www.valeursactuelles.com/clubva ... ner-117928
Merci d'éviter de poster des liens vers ce torchon raciste d'extrême droite !
Si ce journal était raciste il serait interdit en France.
Les bonnes idées triomphent toujours. D'ailleurs c'est à cela qu'on reconnait qu'elles étaient bonnes.
mon statut de modérateur ne m'interdit pas de participer aux discussions. Je ne modère pas les discussions auxquelles je participe.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#324 Message par kamoulox » 11 avr. 2020, 15:08

Il y a des articles intéressants sur valeur actuelles comme il y en a parfois même sur libé. Pourtant libération je déteste ces collabos.

Faut pas être sectaire non plus.

Je lis des journaux de gauche de droite et d’extrême droite. Le traitement d’une même info est souvent intéressant.

Croisement d’infos tout ça

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#325 Message par EmileZola » 11 avr. 2020, 16:28

Pi-r2 a écrit :
11 avr. 2020, 14:43
EmileZola a écrit :
11 avr. 2020, 12:45
Goldorak2 a écrit :
11 avr. 2020, 11:29
le bilan provisoire et déjà signifiant de l'UE aidant le cornavirus :

https://www.valeursactuelles.com/clubva ... ner-117928
Merci d'éviter de poster des liens vers ce torchon raciste d'extrême droite !
Si ce journal était raciste il serait interdit en France.
Minute n'est pas interdit. Ni les discours noséabonds du RN.

Ni certains posts de ce forum. liberté d'expression il paraît.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#326 Message par Pi-r2 » 11 avr. 2020, 16:42

EmileZola a écrit :
11 avr. 2020, 16:28
Minute n'est pas interdit. Ni les discours noséabonds du RN.

Ni certains posts de ce forum. liberté d'expression il paraît.
Tout à fait. Et comme le racisme est interdit et punissable c'est la preuve qu'ils ne sont pas racistes. La liberté d'expression c'est ce qui te permet de traiter les propos du RN de nauséabonds.
Les bonnes idées triomphent toujours. D'ailleurs c'est à cela qu'on reconnait qu'elles étaient bonnes.
mon statut de modérateur ne m'interdit pas de participer aux discussions. Je ne modère pas les discussions auxquelles je participe.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#327 Message par seb-seb » 11 avr. 2020, 17:36

Je serais pas étonné que, pour relancer l'offre et la demande en même temps, l'hélicoptère monétaire nous envoie non pas des € mais des bons.
Parce que c'est bien beau de soutenir les entreprises pour passer la crise, si derrière personne ne consomme .. et vu comment le gros des troupes va faire le dos rond, ça risque de sabrer dans les dépenses.
Là, obligé de dépenser et faire tourner la machine.
Bon, dans le contexte européen de concurrence blablabla, ça risque d'être drôle.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#328 Message par henda » 11 avr. 2020, 19:52

EmileZola a écrit :
11 avr. 2020, 12:45
Goldorak2 a écrit :
11 avr. 2020, 11:29
le bilan provisoire et déjà signifiant de l'UE aidant le cornavirus :

https://www.valeursactuelles.com/clubva ... ner-117928
Merci d'éviter de poster des liens vers ce torchon raciste d'extrême droite !
Visiblement, tu préfère appliquer des techniques fascistes (la censure) que d'apporter des arguments contre un article qui ne te plaît pas. Certainement parce que tu n'en as pas.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#329 Message par pangloss » 11 avr. 2020, 22:24

Moi, je trouve l'article partisan dans le bon sens du terme. L'heure de vérité n'est pas loin pour la zone euro et pour l'Europe des mercanti(liste)s. Je pense que c'est encore la BCE, à l'action de laquelle personne ne comprend grand'chose qui va sauver la mise. Si ça pète néanmoins, les allemands pourront garder leurs Mercedes et les hollandais manger leurs tulipes...
Excellente video (téléchargeable) de Hans Rosling sur l'évolution démographique au XXIème siècle: https://vimeo.com/79878808
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#330 Message par parisien » 11 avr. 2020, 23:16

On va aller faire l'Europe avec juste les Belges, les ritals, les portos et les espingoins.
Ca risque de pas déboucher sur grand-chose, mais au moins y 'aura personne pour nous dire qu'on dépense trop. :mrgreen:

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#331 Message par saturne » 12 avr. 2020, 14:31

Et ramener les couts de logement a leur cout de remplacement,
Ça suffit largement pour que les entreprises productives soeient rentables sur sol et les salaires remunerateurs

Ah oui, mais,,, l'immo ça rente :!

Eh bien bouffons des cailloux comme les BE, ES, PT IT et autres
Billets philophynanciers crédit-consuméristes : http://ppcc-fr.blogspot.fr/?view=mosaic

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#332 Message par ignatius » 12 avr. 2020, 14:33

parisien a écrit :
11 avr. 2020, 23:16
On va aller faire l'Europe avec juste les Belges, les ritals, les portos et les espingoins.
Ca risque de pas déboucher sur grand-chose, mais au moins y 'aura personne pour nous dire qu'on dépense trop. :mrgreen:
Chez les Belges, seulement avec les wallons.
Les flamands sont du même bois que les Hollandais.
Vainqueur du concours de pronos Bulle-Immo 2014.

"Le ressentiment est la preuve de sa propre faiblesse" Friedrich Nietzsche - Par delà le bien et le mal

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#333 Message par lumierecendree » 12 avr. 2020, 15:02

parisien a écrit :
11 avr. 2020, 23:16
On va aller faire l'Europe avec juste les Belges, les ritals, les portos et les espingoins.
Ca risque de pas déboucher sur grand-chose, mais au moins y 'aura personne pour nous dire qu'on dépense trop. :mrgreen:
Au moins, on aura des vins, des huiles d'olive et des philosophes. De quoi vivre finalement.
" Un journal a écrit que ce qui manque aux jeunes, c’est une bonne guerre ; ce qui ne nous apprend rien sur les jeunes, mais en dit long sur les vieux. " (Romain Gary)

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#334 Message par parisien » 12 avr. 2020, 16:39

lumierecendree a écrit :
12 avr. 2020, 15:02
parisien a écrit :
11 avr. 2020, 23:16
On va aller faire l'Europe avec juste les Belges, les ritals, les portos et les espingoins.
Ca risque de pas déboucher sur grand-chose, mais au moins y 'aura personne pour nous dire qu'on dépense trop. :mrgreen:
Au moins, on aura des vins, des huiles d'olive et des philosophes. De quoi vivre finalement.
C'est vrai.
Il y aurait l'Europe de la bonne bouffe d'un coté, et l'Europe des psychorigides de l'autre...
Et les anglais à coté.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#335 Message par lescargot » 12 avr. 2020, 17:04

parisien a écrit :
12 avr. 2020, 16:39
C'est vrai.
Il y aurait l'Europe de la bonne bouffe d'un coté, et l'Europe des psychorigides de l'autre...
Et les anglais à coté.
ou bien d'un coté l'Europe des cigales ruinées, incapables d'appuyer sur le stop de la planche à billets et de l'autre l'Europe des fourmis qui vivront à peu près normalement, avec un grand mur entre les deux.
Lucius Cassius ille quem populus Romanus verissimum et sapientissimum iudicem putabat identidem in causis quaerere solebat 'cui bono' fuisset
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#336 Message par Goldorak2 » 22 avr. 2020, 10:32

L'euro qui plombe l'Italie (et la France, l'Espagne, la Grèce...).

https://www.lefigaro.fr/vox/economie/co ... l-20200421
Conseil européen: les dirigeants de la zone euro face à un dilemme existentiel

FIGAROVOX/TRIBUNE - Les problèmes structurels de la zone euro ont largement aggravé les divergences entre États membres de l’UE, argumente l’ancien banquier Jean-Michel Naulot. Ces inégalités risquent de devenir insoutenables si les dirigeants européens ne parviennent pas à s’accorder ce jeudi sur une importante aide financière en réponse à la crise.


[...]
En réalité, depuis l’origine, l’euro n’a pas cessé d’être en crise. Mais cette crise prend des formes diverses selon les périodes. La crise est parfois souterraine, lorsque les taux d’intérêt sont sages et que les bulles financières se constituent. Ce fut le cas dans les années 2000 et dans la période récente. La crise éclate au contraire au grand jour, lorsque les taux d’intérêt s’envolent et que les Etats sont menacés d’une crise de solvabilité. Ce fut le cas en 2010-2012. Le remède à la crise a été trouvé dans les politiques d’austérité et dans l’action spectaculaire de la BCE.
[...]
Le recours au bazooka des achats de dettes souveraines, par la BCE et par les banques, risque de devenir plus délicat. Il a permis de gagner du temps. Mais les problèmes de fond demeurent. Aucune des conditions indispensables au bon fonctionnement d’une zone monétaire n’est actuellement en place.

La flexibilité des salaires, jugée indispensable par les fondateurs de l’euro, a pu exister dans un pays comme l’Allemagne très attaché à l’ordolibéralisme (réformes Hartz-Schröder en 2003-2004), mais en aucune façon dans les pays du Sud très attachés à leur modèle social. La mobilité de la main-d’œuvre, également jugée indispensable, est restée un mythe, ne serait-ce que pour des raisons culturelles et de langues. Et surtout, l’Union de transferts financiers n’existe pas, même à titre symbolique. Les Allemands considèrent que les États ne doivent compter que sur eux-mêmes. Un État qui a fauté doit payer le prix de ses erreurs.
[...]
Les économistes considèrent qu’un budget de la zone euro permettant de faire face aux chocs asymétriques, aux spécificités historiques et aux divergences des politiques économiques devrait représenter environ 20% du PIB et, au strict minimum, 5% (Michel Aglietta).
[...]
ce programme ne comporte pas de transfert de fonds des États mais seulement la délivrance de garanties (deux fois 25 milliards d’euros) et une autorisation de tirage sur des lignes de crédit déjà existantes (recours au fonds de secours européen). L’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce, vont pouvoir tirer environ 70 milliards d’euros…sous réserve naturellement que les conditions leur conviennent.
[...]
Le résultat de cette absence de solidarité financière, ce sont des inégalités croissantes au sein de la zone monétaire, ce qui a pour effet d’attiser les divisions. Selon le FMI, l’euro est fortement sous-évalué pour l’Allemagne. Il agit donc comme un produit dopant. L’euro est en revanche surévalué pour des pays comme la France et l’Italie. Il agit comme des semelles de plomb. L’écart de parités serait considérable, dit le FMI, de l’ordre de 30 à 40%. Dans un rapport publié en 2017, l’institution faisait un bilan très sévère de l’euro: «Les pays appartenant à la zone euro ont connu une convergence régulière de leurs PIB réels par habitant dans les décades précédant l’introduction de l’euro mais elle s’est arrêtée net ensuite.»

Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes sur l’ampleur des inégalités au sein de la zone monétaire. L’excédent de la balance courante allemande est à un niveau inédit depuis dix ans (entre 6 et 9% du PIB). La production industrielle a progressé de 31% en Allemagne depuis vingt ans alors qu’elle a baissé de 3% en France et de 15% en Italie. La dette publique représente 61% du PIB en Allemagne au lieu de 100% en France (au lieu de 60% du PIB pour les deux pays en 2000). L’Allemagne domine la zone monétaire et cette domination ne cesse de s’accroître.

Pour un pays comme l’Italie, confrontée à une dette qui va bondir de 137% à 170% du PIB, c’est-à-dire à un niveau proche de celui de la Grèce, les «chemins semblent fermés de toute part»: ni aide financière, ni possibilité de restructuration de dette, ni mise en place d’un plan de sauvetage accompagné d’une Troïka. L’humiliation serait inacceptable. Si l’Italie n’était pas dans l’euro, elle pourrait vivre avec un niveau de dette élevé car les parités monétaires s’ajusteraient. De plus, facteur très favorable, les Italiens détiennent une grande partie de leur dette. Mais, au sein d’une zone monétaire, cela est impossible car les taux d’intérêt s’envolent aussitôt. Seule la solidarité financière permet de stabiliser la situation. Le 23 avril, les dirigeants de la zone euro seront ainsi une nouvelle fois face à la question existentielle.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#337 Message par Goldorak2 » 29 avr. 2020, 08:34

Magnifique article, j'adhère à tout :

https://www.lefigaro.fr/vox/monde/nous- ... e-20200428
«Nous entrons dans une nouvelle guerre froide qui pourrait marquer notre sortie de l’histoire»

FIGAROVOX/TRIBUNE - La pandémie révèle des évolutions profondes du système international que les Occidentaux ont souvent été tentés d’ignorer, analyse le haut fonctionnaire Pierre-Henri d’Argenson. Seules une politique de puissance et une vision réaliste des enjeux mondiaux permettront selon lui à l’Europe d’éviter la marginalisation stratégique.

[...]
Or désormais le monde est nu, et nous n’avons pas d’autre choix que d’abandonner nos coupables pudeurs pour regarder la vérité géopolitique qu’il nous donne à voir, et les conséquences que nous devrons rapidement en tirer pour y survivre en hommes libres.

Examinons les faits. Trois choses absolument frappantes se sont produites durant la crise. La première, c’est qu’aux premières alertes, chacun est rentré chez soi, dans son pays. Du jour au lendemain, les touristes sont passés du statut d’heureux voyageurs nomades à celui d’étrangers indésirables, parfois objets de comportements hostiles de la part des populations locales. La mondialisation heureuse venait de tomber le masque. Les citoyens du monde se sont évaporés. Le touriste, l’étudiant, l’homme d’affaires sont redevenus, chez les autres, ce qu’ils ont toujours été: des étrangers. Bien sûr, lorsque la crise sera passée, la circulation des biens et des personnes reprendra son cours, mais nous ne croirons plus, en particulier nous les Européens à qui l’on a enjoint de «s’ouvrir» toujours plus, à l’article fondateur de la doxa mondialiste qui prétendait que tout le monde est chez soi partout.

Le deuxième fait frappant est la quasi-absence de solidarité internationale dans la crise. Le virus, pas plus aujourd’hui que dans le passé, n’a été traité comme un ennemi commun de l’humanité. [...] Cette compartimentation nationale de la lutte contre le virus oblige les élites européennes à admettre ce qu’elles récusent depuis des décennies: la nation reste la brique fondamentale de la société mondiale.

Le troisième fait marquant est la cristallisation des tensions géopolitiques entre la Chine et l’Occident, qui dessinent les contours d’une nouvelle guerre froide structurée par l’axe Chine-États-Unis.[...] C’est donc autour de ce clivage que les relations internationales vont désormais s’organiser. [...] L’idée de «doux commerce» répandue par les courants libéraux depuis le XIXe siècle a vécu.

Dans l’affrontement titanesque qui s’annonce entre les États-Unis, puissance menacée, et la Chine, puissance ascendante, affrontement porteur d’un risque de guerre [...]
L’exposition médiatique des ambitions chinoises oblige les dirigeants occidentaux à affronter les réalités désagréables jusque-là repoussées sous le tapis. C’est notamment le cas de l’Europe: si elle poursuit sa trajectoire, sans révision de son modèle économique de transfert à l’Asie de son industrie, d’ouverture commerciale asymétrique et de financement à crédit de sa consommation par l’épargne chinoise, l’Européen de 2030 (plutôt celui du Sud, dont le Français) travaillera à bas coût pour un groupe chinois, sera surveillé par des technologies chinoises et des logiciels américains, consommera encore plus de sous-culture américaine, n’aura plus qu’un accès payant à la santé, et aura perdu sa liberté. La crise grecque de 2010, qui a vu ce pays traité comme un pays en développement, en donne un avant-goût. Le coronavirus arrache tous les masques.

Dans cette nouvelle configuration, que peut, que doit faire l’Europe pour conserver la maîtrise de son destin? Trois actions me paraissent urgentes et déterminantes. La première est de recentrer l’Europe sur son marché intérieur. Cela concerne tout d’abord la demande, qui doit être orientée, par la voie dirigiste si besoin, vers les circuits courts et la production locale. Il serait aberrant que nos vastes plans de relance soient, comme après 2008, absorbés par des importations ne créant aucune valeur ajoutée sur le sol français et européen. Cela suppose de se doter de protections tarifaires et normatives actuellement vidées de leur portée par les accords de libre commerce peu réciprocitaires négociés par la Commission européenne et d’une politique de soutien à l’industrie impossible dans le cadre européen actuel, qui a au contraire montré, en ouvrant, en pleine pandémie, de nouveaux chapitres de l’élargissement à l’Albanie et à la Macédoine du Nord, en signant un traité de libre-échange avec le Vietnam, ou encore en

La seconde action concerne la maîtrise des frontières physiques, et la crise a justement montré qu’elle était parfaitement réalisable. Il n’est nul besoin d’insister sur la déstabilisation des sociétés européennes induite par des décennies d’immigration incontrôlée et instrumentalisée par de nombreux États, la Turquie en dernier lieu. Si rien n’est fait, il faut s’attendre à l’installation d’un état de fracturation permanente au sein d’une Europe connaissant successivement le destin de l’Autriche-Hongrie, de la Yougoslavie puis du Liban, débouchant sur une partition politique croissante, notamment avec les pays de l’Est. Aucune politique de puissance n’est possible lorsque l’on est miné par des dissensions internes irréconciliables, l’histoire montrant que l’éclatement était invariablement au bout du chemin.sanctionnant les aides d’État, que sa vision des choses était diamétralement inverse. [...]

La troisième action consiste à ressouder le bloc de l’Ouest sur une base plus équilibrée avec les États-Unis, mais non tournée contre la Russie. La paix n’a jamais été possible sans une conscience claire des rapports de force sur la scène internationale et la volonté de les assumer. S’affaiblir, c’est inciter l’adversaire à frapper. Or l’Ouest apparaît plus divisé que jamais, ce qui est sa principale faiblesse. [...] Un effondrement européen laisserait en tout cas les États-Unis très exposés au géant chinois et à ses obligés. Passer d’une logique de protectorat à une stratégie d’alliance implique, il est vrai, une révolution de la pensée stratégique américaine, dont le renoncement avec ses alliés au privilège d’extraterritorialité de son droit, véritable tribut qui mine ses relations bilatérales (comment apprécier un allié ayant infligé aux entreprises françaises plus de 13 milliards de dollars d’amendes sur ce fondement depuis 2010?). Mais si les États-Unis veulent conserver leur leadership, il leur faudra faire des concessions à l’Europe.
[...]
La crise du coronavirus [...] offre peut-être une occasion à la France et à l’Europe, en abrogeant pour de bon le récit de la mondialisation heureuse et en les plaçant devant la brutalité du monde, d’échapper à la trajectoire de décomposition poursuivie avec assiduité depuis maintenant quelques décennies. Mais son enseignement le plus «disruptif», et certainement le plus subversif pour les dirigeants actuels, est d’avoir prouvé que la volonté politique pouvait, en quelques jours, rendre possible ce que l’on prétendait impossible, de la même manière qu’on jugeait inenvisageable il y a peu le départ d’un membre majeur de l’Union européenne. Le niveau de tolérance pour l’immobilisme risque donc, après le déconfinement, de dangereusement se réduire.
enfin j'adhère à presque tout.
Mon point de désaccord : l'auteur souligne bien que l'UE fait du caca mais il pense que l'EU pourrait s’amender. Je n'en crois rien. L'UE ne pourra jamais faire quelque chose de bien et doit être jetée dans les poubelles de l'histoire.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#338 Message par optimus maximus » 29 avr. 2020, 09:06

L'union européenne et la France en particulier sont déjà sortis de l'histoire. C'était déjà flagrant pour la guerre en Syrie.
Par sa nature égalitaire, cette pandémie est sûrement une opportunité qui s'offre aux pays européens de rentrer à nouveau dans l'histoire, en s'épargnant des débats fratricides.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#339 Message par maud lepage 75 » 29 avr. 2020, 13:00

le phoenix sera la future monnaie mondiale !!! virtuelle bien sur , plus de cash !!

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#340 Message par Goldorak2 » 29 avr. 2020, 23:22

maud lepage 75 a écrit :
29 avr. 2020, 13:00
le phoenix sera la future monnaie mondiale !!! virtuelle bien sur , plus de cash !!
c 'est quoi le phoenix ? Pour info, une monnaie, c'est un truc qui est accepté par un état (avec monopole de la violence légale) pour payer les impôts sur son territoire.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#341 Message par ProfGrincheux » 30 avr. 2020, 00:34

Merci pour le partage de l'article de D'Argenson. Ce sont des façons de penser très classiques mais qui ont subi un discrédit en Europe pendant de longues années, notamment parce qu'une majorité de pays de l'UE étaient farouchement atlantistes, ce qui permettait de se dispenser de penser géopolitiquement, il suffisait de penser géoéconomiquement. La présidence Trump a permis d'entrevoir les inconvénients d'être le vassal d'un suzerain erratique. La survie de l'UE n'est pas certaine mais les raisons pour lesquelles il faudrait qu'elle survive sont pour moi celles qu'expose D'Argenson.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#342 Message par pangloss » 30 avr. 2020, 06:29

Goldorak2 a écrit :
29 avr. 2020, 23:22
Pour info, une monnaie, c'est un truc qui est accepté par un état (avec monopole de la violence légale) pour payer les impôts sur son territoire.
C'est pour cela, que des pays comme la France (où l'état a la force de la croyance quasi anthropologique qu'y mettent les français), particulièrement après le moment de frugal commencé il y a peu mais qui pourrait bien continuer suffisamment longtemps pour changer des habitudes, notamment de pensée, doivent être traités avec égard par le "bloc du Nord", qui confond dette et culpabilité : une nouvelle monnaie - paralléle et sans prétention à remplacer l'euro, bien sûr...- avec pouvoir libératoire pour payer les impôts, ce qui n'est pas rien quand le budget dudit état "recycle" plus de 54% de son PIB (la "dette", c'est finalement 2 ans d'impôts) est vite créée...et l'on se retrouve avec ses Mercos, ses tulipes et ses poivrons...
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#343 Message par Goldorak2 » 30 avr. 2020, 09:17

ProfGrincheux a écrit :
30 avr. 2020, 00:34
Merci pour le partage de l'article de D'Argenson. Ce sont des façons de penser très classiques mais qui ont subi un discrédit en Europe pendant de longues années, notamment parce qu'une majorité de pays de l'UE étaient farouchement atlantistes, ce qui permettait de se dispenser de penser géopolitiquement, il suffisait de penser géoéconomiquement. La présidence Trump a permis d'entrevoir les inconvénients d'être le vassal d'un suzerain erratique. La survie de l'UE n'est pas certaine mais les raisons pour lesquelles il faudrait qu'elle survive sont pour moi celles qu'expose D'Argenson.
Et tu crois que par magie, par intelligence ou par Trump, les diverses nations composant l'UE vont parler d'une seule voix (moins atlantiste, plus souveraine, plus protectrice, plus étatiste, plus interventionniste, moins naïve, plus prudente, etc...) ? Il n'y a aucune chance que ça arrive.

L'Europe institutionnelle est une machine à empêcher de faire. Elle a été inventée pour empêcher l'Allemagne d'agir par tous les pays ayant peur de l'Allemagne ... y compris l'Allemagne. Et ça ne fonctionnait déjà pas bien à 6 pays riches et proches avec une Allemagne limitée et repentante... Evidemment, ça fonctionne encore plus mal avec des pays aux richesses et intérêts divergents. Sans parler des pays dont le buisness modèle est d'être officiellement des parasites fiscaux (Luxembourg, Irlande sont les deux exemples évidents. Mais sans aller jusqu'à ses extrémités, le Portugal a fait le choix d'attirer les retraités et leurs juteuses pensions au détriment de ses voisins).

Bien sur, un état européen peut agir malgré l'UE (cf Hongrie, Italie de Salvini, renvoi de migrants malgré l'UE, aide à air france... ) mais l'UE est systématiquement un obstacle que l'Etat acteur doit surmonter avant d'agir.
L'UE n'est pas et ne peut être une solution, c'est et ça ne peut être qu'un problème.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#344 Message par WolfgangK » 30 avr. 2020, 15:35

Pas de solution, mais un diagramme intéressant pour visualiser le système à préserver :
Image
L'islamophobie n'est pas plus du racisme que l'antisionisme n'est de l'antisémitisme.
Que les racistes soient islamophobes n'implique pas que les islamophobes soient racistes.

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#345 Message par ProfGrincheux » 30 avr. 2020, 16:53

Goldo, je pense qu'il va y avoir une crise politique majeure au sein de l'UE dans les 5 ans, où sa survie (ou celle de la zone euro) sera en jeu.

Les États-nations la composant vont devoir prendre des décisions et faire des choix contraires à leurs pratiques de ces 30 dernières années.

Je n'ai aucune idée des décisions qui seront prises. Un paramètre majeur a changé: le Royaume-Uni n'est plus dans l'UE. Il n'était certes pas dans la zone euro.

Ce sera peut être un Frexit qui entrainerait un choc économique de l'ampleur de la présente crise, ou la monétisation de la dette, ou une plongée dans l'austérité, ou une scission de la zone euro, ou autre chose que nous n'imaginons pas encore.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#346 Message par maud lepage 75 » 30 avr. 2020, 17:07

Image

:mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

LA PROCHAINE CRISE MAJEURE sera hydrique et alimentaire !!!!!!

https://www.youtube.com/watch?v=xPFKHdeBM3s&t=2s Témoignage d'un éleveur texan durant la crise sanitaire Covid 19

partagez SVP

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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#347 Message par RFK1 » 30 avr. 2020, 19:55

WolfgangK a écrit :
30 avr. 2020, 15:35
Pas de solution, mais un diagramme intéressant pour visualiser le système à préserver :
Image
Ce type de schéma est indispensable pour comprendre des systèmes dynamiques complexes.

Comme il s'agit d'un système de stocks, mais surtout de flux (exponentielles), il n'est utile que s'il inclut les relations qui se renforcent ou diminuent et les proportionne. Au minimum, des flux qui ont plusieurs ordre de grandeur de différence et/ou ont des évolutions différentes ne peuvent pas être représentés à la même échelle.
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#348 Message par Goldorak2 » 01 mai 2020, 08:05

ProfGrincheux a écrit :
30 avr. 2020, 16:53
Ce sera peut être un Frexit qui entrainerait un choc économique de l'ampleur de la présente crise,
Tu professes un mensonge éhonté au milieu de vérités. Le Frexit sera positif à la France à moyen long terme. Cf RU, Islande, Suisse, Norvège, Suède, etc... Les pays comparables hors UE s'en sortent mieux que les pays (sudistes) de l'UE. On voit bien ce que l'UE nous coute et on ne voit pas bien ce qu'elle rapporte.
Cette crise du confinement a et aura une telle ampleur que seule une guerre en France couterait encore plus cher. Une guerre classique... mais on ne voit pas bien contre qui. Ou une guerre civile. Celle là je la voit très bien arriver. Il suffit de regarder les exemples de l'Algérie (opposition France univers musulman en 1954-62, métastases islamistes en 1991-2002) et du Liban (immigration incontrôlable, multiculturalisme et islam en 1975-90).
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#349 Message par lemiamat13 » 01 mai 2020, 09:24

Goldorak2 a écrit :
01 mai 2020, 08:05

Tu professes un mensonge éhonté au milieu de vérités. Le Frexit sera positif à la France à moyen long terme. Cf RU, Islande, Suisse, Norvège, Suède, etc... Les pays comparables hors UE s'en sortent mieux que les pays (sudistes) de l'UE. On voit bien ce que l'UE nous coute et on ne voit pas bien ce qu'elle rapporte.
Cette crise du confinement a et aura une telle ampleur que seule une guerre en France couterait encore plus cher. Une guerre classique... mais on ne voit pas bien contre qui. Ou une guerre civile. Celle là je la voit très bien arriver. Il suffit de regarder les exemples de l'Algérie (opposition France univers musulman en 1954-62, métastases islamistes en 1991-2002) et du Liban (immigration incontrôlable, multiculturalisme et islam en 1975-90).
Pour la Suisse, que je connais, il y aura de nombreuses modifications (système politique, décentralisation, responsabilité individuelle....) à prévoir en France pour arriver au même niveau. Ce n'est pas seulement parce qu'elle hors zone euro qu'elle s'en sort mieux.
"L'État c'est un ténia qui se fait passer pour un rémora"
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Re: Mais où sont les économistes pour les solutions ?

#350 Message par pangloss » 01 mai 2020, 11:13

Oui, en somme, il suffirait de remplacer en France les français par des suisses, des islandais, des norvégiens (qui n'oublieraient pas d'emporter leur pétrole), etc...

Et si ma tante en avait, on l'appelerait mon oncle.
Excellente video (téléchargeable) de Hans Rosling sur l'évolution démographique au XXIème siècle: https://vimeo.com/79878808
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