"La démographie c'est le destin" A.Comte

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nanne02
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3851 Message par nanne02 » 05 août 2026, 09:10

Le féminisme c est un des enfants du développement économique.
Sans développement économique, sans technologie permettant de remplacer le muscle par la machine, ya pas d émancipation des femmes (ni des hommes d ailleurs).

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Bidibulle
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3852 Message par Bidibulle » 05 août 2026, 09:11

Fluctuat a écrit :
05 août 2026, 09:01
Les hommes qui se font opérer pour être sûrs de ne pas avoir de gosses ( avec la cohorte de devoirs attachés) ne me semblent pas très féministes.
Les profils mis en avant font plutôt penser à des hommes soja déconstruits.
U.E. macht frei

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Lenneth
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3853 Message par Lenneth » 05 août 2026, 09:13

wasabi a écrit :
05 août 2026, 08:44
Le féminisme ...
Bof bof. Au plus une corrélation, pas une causalité.
Je dirais plutôt que la cause en est la rationnalité occidentale moderne - instrumentale - qui couplée au capitalisme devient de plus calculatoire,
avec la notion de rentabilité coût / bénéfice qui oriente alors toutes les décisions, individuelles comme collectives.
Les groupes à plus forte fécondité apparaissent alors comme ceux ayant limité la diffusion de cette rationnalité calculatoire en la subordonnant à des idéaux spécifiques ( tradition, religion, ... ).

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3854 Message par nanne02 » 05 août 2026, 09:21

Tout a fait d accord.
Celà étant cette rationalité est elle occidentale ?
C est dans les pays asiatiques que cette rationalité s exprime de la façon la plus drastique, pourtant.
Modifié en dernier par nanne02 le 05 août 2026, 09:32, modifié 1 fois.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3855 Message par Fluctuat » 05 août 2026, 09:29

Bidibulle a écrit :
05 août 2026, 09:11
Fluctuat a écrit :
05 août 2026, 09:01
Les hommes qui se font opérer pour être sûrs de ne pas avoir de gosses ( avec la cohorte de devoirs attachés) ne me semblent pas très féministes.
Les profils mis en avant font plutôt penser à des hommes soja déconstruits.
Il y en a. Mais "aller chercher du lait/des allumettes" et ne plus donner de nouvelles n'a pas attendu le féminisme et, est devenu bien plus compliqué en ces temps d'identité numérique et de lois mises en application. Alors qu'une vasectomie couplée ou non avec un "je ne veux pas surcharger la planète" c'est plus vendeur pour attirer certaines nanas et n'est pas interprété comme un " je pense qu'à ma pomme et ne veut pas m'occuper de qui que ce soit d'autre". De façon générale le féminisme et l'écologie fournissent de bons alibis pour légitimer le repli sur ses intérêts personnels. Des alibis , pas nécessairement de réelles causes

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3856 Message par Goldorak2 » 05 août 2026, 09:33

wasabi a écrit :
05 août 2026, 08:44
-chute de la spermatogenèse à cause de pollution
-perturbateurs endocriniens qui transforment des hommes en femmes et des femmes en hommes (d'où l'idée de départ des mouvements trans, même si on le dit pas)
Je ne crois pas du tout que ce soit important. On est vraiment dans les épiphénomènes picrocholines.
C'est bien la raison pour laquelle Macron le met en avant (ça concerne ses potes homosexuels et ça noit le poisson du logement et du sacrifice des jeunes français (variable d'ajustement sacrifiée au profit des retraités, des immigrés, de son Europe, et du réchauffement climatisme.)
-grossesse gérontologiques (>40ans) car faut faire carrière avant et elles ne sont pas assez informées de ça adolescentes
-scientisme autour de la FIV et de la congélation d'ovule présentés comme sûrs alors que c'est un pari
Là, on n'est pas dans un problème médical ou démographique mais dans le mode de vie urbain, moderne individualiste, carriériste, féministe, jouisseurs dont tu as fait état avec raison.
On vit sa vie et un jour on veut se dépasser et faire des enfants. Mince alors, c'est trop tard et compliqué d'avoir des enfants. Saleté de nature humaine.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3857 Message par nanne02 » 05 août 2026, 09:35

Et ça reste un phénomène vraiment marginal, tout comme la ligature des trompes.
C est juste que maintenant c est un tout petit peu plus assumé par ceux qui pratiquent la stérilisation. Mais il y a beaucoup plus de couples qui désespèrent de ne pouvoir procréer.

Et sinon avant la généralisation de la contraception les grossesses après 40 ans n étaient pas rares pour peu que monsieur "honore" encore madame. L abstinence était en effet le seul moyen autorisé de prévention des grossesse autorisé.
Modifié en dernier par nanne02 le 05 août 2026, 09:39, modifié 1 fois.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3858 Message par WolfgangK » 05 août 2026, 09:38

Il y a plein de causes simultanées.
Je pense que les études longues pour les femmes et le début d'une carrière sont une raison importante.
Mais je pense qu'il y a aussi le fait de déménager (par exemple pour ses études ou sa carrière) loin des parents qui ne peuvent pas aider en tant que grand-parents.
Le logement, c'est plutôt une question de montée des exigences à mon avis. Ce n'est que très récemment qu'on a décidé que chaque gamin devait avoir sa propre chambre. Je pense qu'on peut avoir une chambre de garçons et une chambre de filles.
L'islamophobie n'est pas plus du racisme que l'antisionisme n'est de l'antisémitisme.
Que les racistes soient islamophobes n'implique pas que les islamophobes soient racistes.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3859 Message par nanne02 » 05 août 2026, 09:41

Et en plus "avant" les enfants étaient envoyés en pension dès le collège. Parce qu il n y en avait pas partout. Ça a été le cas de mes parents par exemple.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3860 Message par Goldorak2 » 05 août 2026, 10:18

WolfgangK a écrit :
05 août 2026, 09:38
Il y a plein de causes simultanées.
Je pense que les études longues pour les femmes et le début d'une carrière sont une raison importante.
Mais je pense qu'il y a aussi le fait de déménager (par exemple pour ses études ou sa carrière) loin des parents qui ne peuvent pas aider en tant que grand-parents.
Très juste
Le logement, c'est plutôt une question de montée des exigences à mon avis. Ce n'est que très récemment qu'on a décidé que chaque gamin devait avoir sa propre chambre. Je pense qu'on peut avoir une chambre de garçons et une chambre de filles.
Montée des exigences ET des menaces. Il n'y a pas "que" la chambre. Il y a l'extérieur aussi qui est accidentogène et peu sécurisé en ville. Je pense aux voitures, aux trotinettes (circulation), mais aussi aux mendiants, racketteurs, voleurs, fous, déséquilibrés par rapport à la campagne et aux pavillons ou les voisins se connaissent ou connaissent l'enfant et où il n'y a pas de marginaux.
D'où l'importance de la chambre et de la grosseur du logement. On laisse rarement ses enfants aller jouer librement dehors en ville aujourd'hui. On les garde dans le logement qui doit donc être plus spacieux qu'avant (où il suffisait d'un lit et d'une armoire par enfant et ensuite l'enfant allait vivre sa vie d'enfant dehors avec ses amis)
Modifié en dernier par Goldorak2 le 05 août 2026, 10:45, modifié 1 fois.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3861 Message par pangloss » 05 août 2026, 10:35

Lenneth a écrit :
05 août 2026, 09:13
wasabi a écrit :
05 août 2026, 08:44
Le féminisme ...
Bof bof. Au plus une corrélation, pas une causalité.
Je dirais plutôt que la cause en est la rationnalité occidentale moderne - instrumentale - qui couplée au capitalisme devient de plus calculatoire,
avec la notion de rentabilité coût / bénéfice qui oriente alors toutes les décisions, individuelles comme collectives.
Les groupes à plus forte fécondité apparaissent alors comme ceux ayant limité la diffusion de cette rationnalité calculatoire en la subordonnant à des idéaux spécifiques ( tradition, religion, ... ).
+1
De plus, la "rationalité occidentale" s'est étendue (presque) au monde entier (et depuis assez longtemps).

un représentant important.
Heine a écrit :Ein neues Lied, ein besseres Lied,
O Freunde, will ich euch dichten!

Wir wollen hier auf Erden schon
Das Himmelreich errichten.


Wir wollen auf Erden glücklich sein,
Und wollen nicht mehr darben;
Verschlemmen soll nicht der faule Bauch,
Was fleißige Hände erwarben.

Es wächst hienieden Brot genug
Für alle Menschenkinder,
Auch Rosen und Myrten, Schönheit und Lust,
Und Zuckererbsen nicht minder.

Ja, Zuckererbsen für jedermann,
Sobald die Schoten platzen!
Den Himmel überlassen wir
Den Engeln und den Spatzen
.
Plus loin, Epicure...
Le Moyen-Orient a le pétrole, nous avons les Terres Rares Deng Xiaoping (1992)

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3862 Message par Vincent92 » 05 août 2026, 14:29

Lenneth a écrit :
05 août 2026, 09:13
wasabi a écrit :
05 août 2026, 08:44
Le féminisme ...
Bof bof. Au plus une corrélation, pas une causalité.
Je dirais plutôt que la cause en est la rationnalité occidentale moderne - instrumentale - qui couplée au capitalisme devient de plus calculatoire,
avec la notion de rentabilité coût / bénéfice qui oriente alors toutes les décisions, individuelles comme collectives.
Les groupes à plus forte fécondité apparaissent alors comme ceux ayant limité la diffusion de cette rationnalité calculatoire en la subordonnant à des idéaux spécifiques ( tradition, religion, ... ).
La rationalité n'est pas un absolu, mais une logique instrumentale au service d'objectifs de vie subjectifs : avoir dix enfants ou n'en avoir aucun présente une cohérence interne équivalente.
Il y a un demi-siècle, les individus ne faisaient pas preuve d'une moindre rationalité. Ils évoluaient simplement au sein d'un autre paradigme. Ce n'est donc pas la rationalité en soi qu'il faut analyser, mais le cadre idéologique qui la façonne et qui définit, à chaque époque, ce que signifie « réussir sa vie ».
Si réussir sa vie signifie s'inscrire dans une lignée, fonder un foyer, apporter de la stabilité à sa communauté et transmettre alors fonder une famille nombreuse est l'indicateur ultime d'une vie accomplie.
Si réussir sa vie signifie se réaliser en tant qu'individu, préserver sa liberté de choix, accumuler des expériences et réussir sa carrière alors les contraintes de la parentalité sont perçues comme un risque pour l'accomplissement personnel.

Actuellement, ce cadre s'articule autour d'un triptyque : l'individualisme, l'hédonisme et une guerre/friction systémique entre les sexes (L'émergence de la manosphère et des discours « redpill » diffuse la peur d'être ruiné par le divorce, d'être dépossédé de son rôle ou instrumentalisé financièrement; l'émergence d'une féminosphere où la diffusion des concepts de « charge mentale », de « travail émotionnel » non rémunéré ou de pénalité de maternité met en garde contre le risque d'exploitation domestique ou d'aliénation au sein du couple traditionnel) largement instrumentalisée.
Les gens ne sont pas devenus beaucoup plus intelligents et beaucoup plus précaires depuis 2010. C'est totalement autre chose (réseaux sociaux/féminisme/vie solo mit en scène/etc.).
Je pense notamment à des pays comme la Finlande ou la Norvège, dotés d'un État-providence généreux, de congés parentaux massifs et d'un niveau de vie élevé, ont vu leur taux de fécondité s'effondrer après 2010 de manière quasi identique aux pays plus précaires.

On peut rajouter les contraintes économiques et matérielles ou l'éco-anxiété, mais le poids est très largement surévalué par le mainstream. Pour avoir des enfants, il faut déjà vouloir se mettre en couple et avec des critères réalistes. Et aussi que ce soit dans ses objectifs de vie.
La "rationalité" individuelle a simplement intégré ces nouveaux risques (réels ou perçus) et la société a redéfini la réussite : dans un monde où l'épanouissement personnel est la valeur suprême et où le couple est perçu comme un terrain de négociation à haut risque, ne pas s'engager devient la décision la plus cohérente sur le plan individuel.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3863 Message par Vincent92 » 05 août 2026, 16:58

Et sur l'argument du "el famoso capitalism, camarade", son problème c'est le timing.
La fécondité française s'effondre en deux ruptures nettes et brèves : 1965-1975 (post-68), puis 2008-2012, séparées par trente ans de relative stabilité (1980-2005). Le capitalisme, lui, n'a jamais cessé de s'intensifier sur toute la période (financiarisation, mondialisation, ubérisation des années 2010) sans jamais marquer de pause pendant ces trente ans calmes. Une variable qui bouge par à-coups pendant que l'autre progresse en continu, c'est plutôt le signe d'une corrélation fantôme que d'une causalité.

Et le premier choc est même contre-productif pour la thèse : Mai 68 est une révolte anticapitaliste et contre-culturelle (l'esprit 68tards; l'ancêtre du "moi je"), pas une poussée de rationalité marchande, pourtant elle produit le même effondrement de fécondité qu'une rupture individualiste-numérique quarante ans plus tard, en plein climat anti-système.
Si le même effet surgit dans un contexte hostile au capitalisme, ce n'est probablement pas le capitalisme la variable causale, mais un basculement plus général vers l'autoréalisation individuelle comme valeur suprême (+ la technique, notamment avec la contraception), peu importe qu'il vienne d'une révolte de gauche anti-bourgeoise en 68 ou d'un individualisme numérique en 2010. Ajoute à ça que le baby-boom lui-même s'est produit en pleine explosion du capitalisme de consommation d'après-guerre : la relation entre intensité capitaliste et natalité n'a jamais été stable dans un sens ou dans l'autre.

Et, surtout si c'était vraiment essentiellement un calcul de rentabilité matérielle, l'argent devrait pouvoir le corriger. Le Japon et la Corée du Sud ont massivement augmenté leurs dépenses familiales sans inverser la tendance, et en Finlande la baisse a touché uniformément tous les niveaux d'éducation et de revenu, alors qu'un mécanisme de rentabilité économique devrait logiquement frapper plus durement les plus précaires que les plus aisés.

Le capitalisme a sans doute fourni le terrain matériel (autonomie, contraception, État-providence) qui a rendu ce nouveau rapport à l'engagement possible, mais comme moteur causal direct il est trop ancien, trop continu et trop peu discriminant pour expliquer deux ruptures aussi brèves, aussi transversales, et une fois même née en son sein.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3864 Message par pangloss » 05 août 2026, 19:33

Prompt a écrit :Éléments d'explication de l'établissement actuel (presque) partout dans le monde d'un régime de basse fécondité.
Gemini a écrit :La convergence mondiale vers un régime de basse fécondité

La convergence presque mondiale vers un régime de basse fécondité (souvent inférieur au seuil de renouvellement de 2,1 enfants par femme) est l'un des bouleversements les plus profonds de l'histoire humaine. Ce phénomène, autrefois limité aux pays occidentaux industrialisés, touche désormais l'Amérique latine, une grande partie de l'Asie (Chine, Corée du Sud, Japon) et s'amorce même en Afrique subsaharienne.

Ce basculement s'explique par la convergence de plusieurs bouleversements structurels, économiques et culturels.

1. La révolution économique : de l'enfant-ressource à l'enfant-charge
Dans les sociétés agraires traditionnelles, l'enfant est un actif économique : il participe tôt aux travaux des champs et constitue une assurance vieillesse pour ses parents.

Avec l'industrialisation et surtout l'urbanisation, ce paradigme s'inverse totalement. En ville, l'espace coûte cher. Les lois interdisent le travail des enfants, et le marché du travail moderne exige des qualifications de plus en plus élevées. L'enfant devient donc un centre de coûts majeur (logement, santé, études prolongées). Face à ce coût, les parents optent rationnellement pour la « qualité » (investir beaucoup dans un ou deux enfants) plutôt que la « quantité ».

2. L'émancipation féminine et le coût d'opportunité
L'accès massif des femmes à l'éducation supérieure et au marché du travail salarié est le moteur le plus puissant de la baisse de la fécondité.
  • Le recul de l'âge à la première maternité : Les études longues repoussent mécaniquement l'âge du mariage ou de la mise en couple, réduisant la fenêtre biologique de procréation.
  • Le coût d'opportunité : Dans des sociétés où la conciliation vie professionnelle/vie familiale reste difficile (manque de crèches, inégalité des tâches domestiques), avoir un enfant représente un frein brutal pour la carrière d'une femme. Ce "coût" pousse à limiter ou retarder les naissances.
3. La transition sanitaire et la maîtrise reproductive
C'est le mécanisme central de la théorie classique de la transition démographique. L'effondrement de la mortalité infantile grâce à l'hygiène, aux vaccins et à la médecine moderne modifie le comportement des familles : il n'est plus nécessaire d'avoir six enfants pour espérer en voir deux atteindre l'âge adulte.

À cela s'ajoute la révolution contraceptive (la pilule, le stérilet) et l'accès à l'IVG, qui ont permis de décorréler totalement la sexualité de la reproduction. L'enfant n'est plus une fatalité biologique, il devient un projet planifié.

4. La « Seconde transition démographique » (Le basculement culturel)
Les démographes Ron Lesthaeghe et Dirk van de Kaa ont théorisé dès les années 1980 ce basculement idéologique. Il se caractérise par :
  • L'hyper-individualisme : L'accomplissement personnel (carrière, loisirs, liberté de mouvement) prime désormais sur le devoir de perpétuer la lignée familiale ou de répondre aux injonctions religieuses et patriotiques.
  • L'exigence parentale : La norme sociale exige aujourd'hui de fournir un environnement matériel et psychologique parfait à l'enfant. Cette pression décourage les naissances nombreuses.
5. Les nouvelles précarités du XXIe siècle
Enfin, la chute récente de la fécondité dans des pays déjà développés (le phénomène du baby bust) s'explique par de nouvelles anxiétés :
  • La crise du logement : Dans les métropoles mondiales (de Séoul à Paris en passant par Londres), l'incapacité des jeunes adultes à accéder à la propriété ou à un logement suffisamment grand repousse indéfiniment la constitution d'une famille.
  • L'incertitude économique : La précarisation des contrats de travail retarde le moment où l'on se sent "prêt" financièrement.
  • L'éco-anxiété : Une frange croissante des jeunes générations cite les crises climatiques et écologiques comme une raison directe de ne pas avoir d'enfant.
Allons plus loin...
Prompt a écrit :Rapprocher de cette phrase du héros du roman Bartelby, "I'd rather not to".
Gemini a écrit :Le syndrome de Bartleby et la baisse de la fécondité

C'est un rapprochement très intéressant.

Pour être tout à fait précis, le héros de la célèbre nouvelle d'Herman Melville, Bartleby le scribe (1853), prononce inlassablement la formule : « I would prefer not to » (généralement traduite par « Je préférerais ne pas le faire »).

Appliquer ce « syndrome de Bartleby » à la chute mondiale de la fécondité est une grille de lecture sociologique et philosophique fascinante. Voici pourquoi la posture du scribe éclaire parfaitement le comportement démographique contemporain :

1. De la reproduction des actes à la reproduction des êtres
Dans le récit de Melville, Bartleby est un « copiste ». Son travail consiste littéralement à reproduire. Son refus de copier les actes notariés résonne de manière frappante avec le refus contemporain de se reproduire biologiquement.
Dans les deux cas, on assiste à un arrêt de la machine à dupliquer. La société demande à ses citoyens de produire la prochaine génération de travailleurs et de consommateurs ; une part croissante de la population répond simplement : « I would prefer not to ».

2. La force de la « résistance passive »
Ce qui rend la formule de Bartleby si déroutante, c'est qu'elle n'est pas une rébellion violente. Il ne dit pas « Je refuse ! » ou « Je ne le ferai pas ! », ce qui appellerait un conflit direct. Il exprime une préférence négative, polie mais inébranlable.

C'est exactement la dynamique de la baisse de la fécondité actuelle. Il ne s'agit pas (à part chez quelques militants radicaux) d'une grève des ventres politisée et agressive. C'est un retrait silencieux, une force d'inertie. Face aux injonctions politiques (les gouvernements qui supplient de faire des enfants pour sauver le système de retraite) ou familiales, les jeunes adultes opposent la douceur têtue de Bartleby : ils préfèrent s'abstenir. C'est l'équivalent démographique du quiet quitting (la démission silencieuse).

3. Le refus de l'utilitarisme (Le retour de Bentham)
Nous retrouvons ici notre discussion précédente sur Karl Marx et Jeremy Bentham. Bartleby travaille à Wall Street, le temple du capitalisme naissant. En refusant de travailler, il grippe la machine de l'utilité, du profit et de la rentabilité.

Aujourd'hui, faire un enfant dans une économie néolibérale implique de l'insérer dans un circuit hyper-compétitif (réussite scolaire, rentabilité économique). La génération actuelle, écrasée par la précarité et le coût de la vie (comme mentionné dans l'article sur la baisse de la fécondité), regarde ce système de croissance perpétuelle et refuse de lui fournir du nouveau "capital humain". C'est un retrait face à l'absurdité d'un système qui exige toujours plus.

4. L'éco-anxiété et le « mur de briques »
Dans la nouvelle, le bureau de Bartleby donne sur un mur de briques aveugle. C'est la vision d'un horizon totalement bouché, qui nourrit sa profonde mélancolie et son apathie.

Cette image est la métaphore parfaite de l'éco-anxiété moderne. Les jeunes générations qui refusent d'enfanter regardent les courbes du changement climatique, l'effondrement de la biodiversité et l'instabilité géopolitique comme le mur de briques de Bartleby. L'horizon leur semble fermé. Dès lors, pourquoi jeter un nouvel être humain face à ce mur ?

En résumé, la civilisation moderne, face aux défis écologiques et économiques de notre siècle, n'est peut-être pas en train de s'effondrer avec fracas. Elle est peut-être simplement assise à son bureau, murmurant doucement : « Je préférerais ne pas le faire ».
Modifié en dernier par pangloss le 05 août 2026, 19:59, modifié 1 fois.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3865 Message par wasabi » 05 août 2026, 19:33

Pierric a écrit :
05 août 2026, 09:01
wasabi a écrit :
05 août 2026, 08:44
Dans tous les pays où l'idéologie féministe s'est implantée, les naissances ont reculé.
Ça recule partout. Certains pays vont mettre encore quelques décennies à passer sous les 2.1 mais on y viendra.

Vous oubliez le point le plus important pour la baisse de la natalité : la baisse de la mortalité infantile. Avec 1 ou 2 générations de retard, ce qui a causé les booms démographiques importants.

Après, effectivement, un tas d'autre raisons viennent se greffer dessus. Le logement cher, çà complexifie et çà limite souvent à un enfant. Mais la baisse de la population résoudra le problème.
on ne parle pas de la même chose. Vous vous parlez de la transition démographique qui a été amenée par la baisse de la mortalité infantile, il y a déjà plusieurs siècles en Europe. La natalité a chuté pour que le nombre de naissance "viable à l'âge adulte" rejoigne les 2.1 enfants par femme. Bref on est passé de 6 naissances et 2.1 survivant, à 2.1.... naissances et 2.1 survivants, en gros.

Là il est question d'un autre phénomène qui remonte à une quarantaine d'années, la chute de la natalité, sans qu'il n'y ait eu de baisse de la mortalité infantile (au contraire elle serait plutôt de nature à augmenter dans les pays développés). Au final on se retrouve à des taux de fécondités sous le renouvellement.

Image
ne pas considérer au delà de 2020 ce sont des projections
"Le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable" - J.M. Keynes, 1936

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3866 Message par wasabi » 05 août 2026, 19:57

Lenneth a écrit :
05 août 2026, 09:13
wasabi a écrit :
05 août 2026, 08:44
Le féminisme ...
Bof bof. Au plus une corrélation, pas une causalité.
Je dirais plutôt que la cause en est la rationnalité occidentale moderne - instrumentale - qui couplée au capitalisme devient de plus calculatoire,
avec la notion de rentabilité coût / bénéfice qui oriente alors toutes les décisions, individuelles comme collectives.
Les groupes à plus forte fécondité apparaissent alors comme ceux ayant limité la diffusion de cette rationnalité calculatoire en la subordonnant à des idéaux spécifiques ( tradition, religion, ... ).
c'est une causalité pur jus, le féminisme est en réalité la graine de plein de phénomènes

c'est le féminisme qui a entraîné les femmes à étudier plus longtemps, à faire carrière d'abord les enfants ensuite, à avoir la discrimination positive des DEI qui les avantage lourdement et renforce les deux points précédents. Sauf qu'au moment où ça devient stable, l'horloge biologique est déjà proche de la fin elle. "Un bébé quand je veux"

c'est le féminisme qui a entraîné la légalisation puis la multiplication des contraceptions et des IVG. "Mon corps mon choix"

c'est le féminisme qui a détricoté tout l'ensemble de loi encadrant la famille, faisant que la mariage n'a désormais plus aucun avantage pour un homme (il y a une meilleure alternative quasiment à chaque fois (souvent un PACS avec testament et reconnaissance de paternité est bien plus sûr juridiquement et financièrement) ). Or le mariage c'est le fondement de la société précédente qui nous a mené jusqu'à nous. Il est bien naïf que de penser que la destruction du mariage peut se greffer dessus sans externalité sur les causes même de la prospérité récente. "sus au patriarcat !"

c'est le féminisme qui a mené à l'hypergamie actuelle des femmes (gen Z surtout) et au fait qu'homme et femme ont des trajectoires de plus en plus disjointes et ne cherchent plus à vivre ensemble mais uniquement à répondre à leurs pulsions "adopte un mec !"

c'est le féminisme qui a bouleversé le rapport à la nutrition et au logement. Non seulement on mange de la *Mot2Cambronne* industrielle à la place de ce qu'elles faisaient, mais en plus, l'augmentation du taux de célibataire a augmenté le besoin en logement (pression inflationiste sur les prix des logements pour une personne), mais le double salaire des familles vivant en couple avec enfant a lui aussi créé un effet inflationiste. Le logement est devenu hors de prix pour fonder une famille ou pour s'imagine pouvoir le faire, quand on n'est pas à haut revenu / en logement social / en dehors des centres urbains. Ce point là provient des différentes lois pour que les femmes peuvent vivre seules elles aussi venues du féminisme. Quand ma mère était étudiante, non seulement elle pouvait pas ouvrir un compte, mais pas non plus louer un logement (problème de caution) c'est son père qui a du faire tout ça.

Le féminisme a eu aussi un impact colossal sur la structure des familles. Autant l'accès à l'IVG a permis de ne plus avoir d'enfants non désirés donc c'était le premier indicateur pour qu'un enfant termine dans la criminalité après avoir été élevé "par la rue". (sauf qu'une fois mis en place on s'est empressé d'importer des étrangers hors UE qui ont rempli ce rôle sociétal dont on se serait passé. D'ailleurs on notera le caractère synchrone, et j'irais même jusqu'à dire causal, entre les lois sur l'IVG, et le regroupement familial), donc c'est positif. Autant la facilité de divorcer ou d'avoir des attentes supérieures dans le mariage (la femme ne se contentait plus d'avoir été choisi, elle préférait maintenant être seule que mal accompagnée) a fait que le nombre d'enfants élevés en famille monoparentale a explosé. C'est "mieux" que les enfants non désirés, mais ça a aussi des problèmes de comportements, en particulier chez les filles élevées sans figure paternelle (qui provoque en particulier l'avant dernier paragraphe)

Je ne dis pas que ces luttes, au moins initialement, n'avaient pas de légitimité. Je dis juste que quand on change un système, il peut devenir instable. Et en matière sociale, comme médicale ou plein d'autres domaines on devrait être TRES conservateur et prudent et changer les choses lentement en les évaluant. L'enfer est pavé de bonnes intentions.
Là on a ouvert la boîte de Pandore et les risques sont systémiques d'extinction, mais non c'est pas grave le problème n'est même pas diagnostiqué et on continue les conneries alors qu'il faudrait d'urgence réhabiliter la vie de mère de famille, finançièrement et au niveau des moeurs.


Mais je suis d'accord, le féminisme est le fruit de l'individualisation de la société, et de son matérialisme. Mais cette individualisation n'est pas apparue toute seule, elle a été poussée par des lobbys qui ont vu dans cette idéologie une alternative à la religion, en particulier chrétienne. Pareil pour le matérialisme. On remarquera d'ailleurs "par hasard" qu'en figure comme Elisabeth Badinter poussait le féminisme, quand la boîte de son mari Marcel Bleustein Blanchet poussait le matérialisme (publicis), que tout ce petit monde n'était pas très catholique et que le même lobby y trouvait son intérêt à faire travailler les femmes dans les firmes de la communauté (augmentation de la concurrence sur le marché de l'emploi, avec initialement possibilité de les payer moins cher car elles n'avaient pas à payer les frais fixes du foyer vu que déjà payés sur le salaire du mari), c'est un petit monde.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3867 Message par wasabi » 05 août 2026, 20:11

pangloss a écrit :
05 août 2026, 10:35
Lenneth a écrit :
05 août 2026, 09:13
wasabi a écrit :
05 août 2026, 08:44
Le féminisme ...
Bof bof. Au plus une corrélation, pas une causalité.
Je dirais plutôt que la cause en est la rationnalité occidentale moderne - instrumentale - qui couplée au capitalisme devient de plus calculatoire,
avec la notion de rentabilité coût / bénéfice qui oriente alors toutes les décisions, individuelles comme collectives.
Les groupes à plus forte fécondité apparaissent alors comme ceux ayant limité la diffusion de cette rationnalité calculatoire en la subordonnant à des idéaux spécifiques ( tradition, religion, ... ).
+1
De plus, la "rationalité occidentale" s'est étendue (presque) au monde entier (et depuis assez longtemps).=
pourquoi plussoyez vous si vous vous rendez compte que cette explication est très antérieure au phénomène et ne peut donc pas en être l'élément déclencheur ?
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3868 Message par pangloss » 05 août 2026, 21:44

wasabi a écrit :
05 août 2026, 20:11
pangloss a écrit :
05 août 2026, 10:35
Lenneth a écrit :
05 août 2026, 09:13
wasabi a écrit :
05 août 2026, 08:44
Le féminisme ...
Bof bof. Au plus une corrélation, pas une causalité.
Je dirais plutôt que la cause en est la rationnalité occidentale moderne - instrumentale - qui couplée au capitalisme devient de plus calculatoire,
avec la notion de rentabilité coût / bénéfice qui oriente alors toutes les décisions, individuelles comme collectives.
Les groupes à plus forte fécondité apparaissent alors comme ceux ayant limité la diffusion de cette rationnalité calculatoire en la subordonnant à des idéaux spécifiques ( tradition, religion, ... ).
+1
De plus, la "rationalité occidentale" s'est étendue (presque) au monde entier (et depuis assez longtemps).=
pourquoi plussoyez vous si vous vous rendez compte que cette explication est très antérieure au phénomène et ne peut donc pas en être l'élément déclencheur ?
Parce que le déploiement de la rationalité au niveau individuel est un processus commencé il y a longtemps mais qui n'aboutit à sa plus large extension qu'avec l'avènement de l'individu néo-libéral actuel.
Il n'y a au demeurant aucune contradiction avec l'avancée du féminisme (au contraire...) Autrement dit, le féminisme est une manifestation en quelque sorte différée/retardée d'un phénomène plus large, le passage de l'hétéronomie à l'autonomie.
Modifié en dernier par pangloss le 05 août 2026, 22:11, modifié 1 fois.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3869 Message par Vincent92 » 05 août 2026, 22:07

Je me répète, mais vouloir gagner beaucoup d’argent, maximiser sa liberté, faire carrière, être indépendant, voyager, etc., ce sont des objectifs de vie.

Ils ne sont ni plus rationnels ni moins nobles que de choisir une vie minimaliste ou de vouloir avoir des enfants. Ce sont simplement des préférences différentes.

La rationalité ne consiste pas à dire quels objectifs il faudrait poursuivre, mais à déterminer les moyens les plus efficaces pour atteindre ceux que l’on s’est fixés.

Le raisonnement en termes de coûts et de bénéfices est d’ailleurs bien plus ancien que le XVIIIᵉ siècle et ne naît pas avec l’utilitarisme. Les êtres humains arbitrent entre les avantages et les inconvénients de leurs choix depuis toujours.

Ce qui évolue au fil des époques, ce n’est pas le fait de raisonner en termes de coûts et de bénéfices, mais la définition même de ce que la société considère comme une « vie réussie ». Et les moyens à disposition.

Considérer que les humains seraient aujourd’hui plus rationnels sort à mon avis un peu de nul part. Vous (toi et d’autres) ne le démontrez pas.
J’ai presque l’impression que les présenter comme « plus rationnels » revient à confondre vos propres préférences avec des vérités universelles.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3870 Message par pangloss » 05 août 2026, 22:31

prompt a écrit :Hétéronomie, autonomie, rationalité individuelle. Expliquer la dynamique historique.
Gemini a écrit :La dynamique historique de l'hétéronomie à l'autonomie

La dynamique historique qui relie l'hétéronomie, l'autonomie et la rationalité individuelle peut se lire comme le grand récit de la modernité occidentale. C'est l'histoire dialectique d'une libération spectaculaire qui, poussée à son extrême logique, finit par engendrer de nouvelles chaînes.

Pour comprendre cette trajectoire, il faut suivre le déplacement de la source de la « Loi » (en grec, nomos).

1. L'Âge de l'Hétéronomie : La loi vient d'ailleurs (Pré-modernité)
Durant la plus grande partie de l'histoire humaine, les sociétés sont fondamentalement hétéronomes (heteros : autre, nomos : loi).
  • La source de la Loi : Elle est extérieure à l'individu. C'est Dieu, le Cosmos, la Nature, les Ancêtres ou la Tradition.
  • La place de la rationalité : La raison individuelle existe, mais elle est subordonnée. Au Moyen Âge, par exemple, la philosophie et la raison sont les « servantes de la théologie » (ancilla theologiae). L'individu utilise sa raison non pas pour inventer ses propres règles, mais pour mieux comprendre et obéir à l'ordre divin ou naturel préétabli.
2. Le Basculement : L'invention de l'Autonomie (Les Lumières)
Le grand tournant s'opère entre la Renaissance et le XVIIIe siècle (avec Descartes, puis Kant et la Révolution française). C'est le projet d'émancipation des Lumières.
  • La source de la Loi : Elle s'intériorise. L'autonomie (autos : soi-même) désigne la capacité de l'individu à se donner à lui-même sa propre loi.
  • Le rôle moteur de la rationalité : Pour s'affranchir des dogmes, des superstitions et de l'autorité religieuse, l'homme s'appuie sur la rationalité individuelle. Kant résume cette dynamique avec la devise des Lumières : Sapere aude ! (Aie le courage de te servir de ton propre entendement). L'individu rationnel devient le souverain juge de ce qui est vrai, juste et bon. C'est la naissance politique du citoyen et la naissance philosophique du Sujet.
3. Le Triomphe de la Rationalité Instrumentale : L'ère utilitariste
Au XIXe siècle, une fois Dieu et le Roi écartés, la rationalité individuelle devient le principe organisateur absolu de la société (nous retrouvons ici notre discussion sur Bentham et Marx).
Mais cette rationalité change de nature. Elle passe d'une raison philosophique (chercher le Vrai/le Juste) à une raison instrumentale et calculatoire (chercher l'Utile/l'Efficace).
  • L'individu autonome devient l'Homo economicus : un agent qui calcule ses intérêts de manière purement rationnelle.
  • La société moderne se structure autour de l'optimisation des moyens et des fins (la révolution industrielle, la bureaucratisation, la science appliquée). L'autonomie semble totale : chacun est libre de poursuivre ses propres intérêts sur le marché libre.
4. Le Retournement : La nouvelle Hétéronomie (La postmodernité)
C'est ici qu'intervient le grand paradoxe historique, brillamment théorisé par le sociologue Max Weber puis par l'École de Francfort.

En voulant être absolument rationnel et autonome, l'homme moderne a créé des systèmes d'une complexité inouïe (le marché financier mondial, la technoscience, l'intelligence artificielle, l'administration bureaucratique). Or, ces systèmes créés par la rationalité humaine ont fini par s'autonomiser.
  • La "Cage d'acier" : Aujourd'hui, l'individu fait face à ces macro-systèmes comme le paysan médiéval faisait face à la colère des dieux. Les règles du marché, les algorithmes de recommandation ou les impératifs de la croissance économique s'imposent à lui de l'extérieur.
  • La rationalité contre l'autonomie : L'individu contemporain est formellement libre (autonome), mais il est contraint de se soumettre aux exigences d'efficacité, de rentabilité et de vitesse d'un système qui le dépasse (hétéronomie).
En résumé : La dynamique historique forme une boucle ironique. Nous avons utilisé la rationalité individuelle pour briser l'hétéronomie religieuse et conquérir notre autonomie. Mais le déploiement technique et économique de cette même rationalité a accouché d'une nouvelle hétéronomie systémique, un monde où, pour reprendre la métaphore de Bartleby, refuser de se plier à la mécanique du système devient le dernier et ultime refuge de la liberté individuelle.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3871 Message par wasabi » 05 août 2026, 23:47

pangloss a écrit :
05 août 2026, 21:44
Parce que le déploiement de la rationalité au niveau individuel est un processus commencé il y a longtemps mais qui n'aboutit à sa plus large extension qu'avec l'avènement de l'individu néo-libéral actuel.
Il n'y a au demeurant aucune contradiction avec l'avancée du féminisme (au contraire...) Autrement dit, le féminisme est une manifestation en quelque sorte différée/retardée d'un phénomène plus large, le passage de l'hétéronomie à l'autonomie.
le passage de l'hétéronomie à l'autonomie ?

Alors autant l'évolution récente en France en particulier, mais pas partout, a fait que les gens se sont affranchis des règles culturelles / cultuelles / de moeurs fixées par la morale liée à une religion majoritaire, ce qui permet plus d'autonomie comportementale à ce niveau (en particulier l'union libre, l'homosexualité, les intérêts financiers..)
Autant pour le reste c'est exactement le contraire. C'est pas vous qui parliez des fictions collectives / réalités intersubjectives ? Le cadre actuel est bien plus intrusif que les cadres passés, on n'a quasiment plus aucune liberté. Faut posséder un compte en banque pour avoir son argent, un smartphone pour prouver son identité numérique, un permis et une assurance pour se déplacer, une formation initiale longue et sélective pour pouvoir travailler, un cadre déclaratif et réglementaire pour pouvoir commercer, tout est fiché et archivé, il faut cotiser au chômage, à la retraite, à la maladie que tu le veuilles ou pas... Dans quelques semaines une évolution majeure électronique obligatoire... le carcan administratif et légal c'est tout le contraire de l'autonomie. L'état se mêle de tout, de ta naissance à ta mort. Les gens sont libres de consommer, de vivre seuls, d'avoir du sexe avec n'importe quoi (apparament même les enfants, c'est pas la priorité de contrôler ça), mais sinon ? Ils ne sont même plus libres de leurs opinions, de plus en plus de cadres t'obligent à penser correctement. Et encore même la consommation, l'état veut en permanence contrôler comment tu dépenses ton argent, en te forçant à lui donner une finalité avant de le donner : on te donne des droits à retraite, des droits à chômage, des droits à assurance maladie, des chèques vacances, tickets repas, chèques emplois service, voiture de fonction... tu ne dois pas être libre. Et demain bientôt l'euro numérique que l'on te donnera dans le but d'une dépense précise en finalité et en temps et qui disparaîtra si tu ne l'utilises pas (à l'image des tickets repas), la TVA électronique ça servira aussi à ça, on pourra automatiquement contrôler la nature des dépenses et taper sur les mauvais élèves qui ne pratiqueront pas assez la restriction CO2, le DEI, ou autre ligne directrice politique du moment.... Entre ton smartphone, voiture connecté en permanence au réseau, ou notes de frais, on peut déjà contrôler tes déplacements et te dire si tu bouges trop, si tu n'es pas là où tu dis aux impôts, si tu es allé aux mauvaises manifestations....
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3872 Message par wasabi » 05 août 2026, 23:59

Vincent92 a écrit :
05 août 2026, 22:07
Considérer que les humains seraient aujourd’hui plus rationnels sort à mon avis un peu de nul part. Vous (toi et d’autres) ne le démontrez pas.
J’ai presque l’impression que les présenter comme « plus rationnels » revient à confondre vos propres préférences avec des vérités universelles.
les humains ne sont absolument pas rationnels.
Déjà la rationnalité est un fruit du système 2 lent réfléchi et coûteux, alors que l'écrasante majorité des décisions sont prises par le système 1 automatique rapide peu coûteux et intuitif chez tout le monde.
Ensuite une grosse proportion de la population est incapable de faire un raisonnement rationnel avec son système 2. Pire une écrasante majorité de la population est incapable de faire un raisonnement intelligent, au mieux ils font du mimétisme, c'est à dire qu'ils regardent ce qui marche par rapport à leurs objectifs, et copient, ils sont incapables de comprendre pourquoi ça marche avec des états internes. Un peu comme un LLM.

Et enfin, même chez ceux qui en sont capables et tournent pas mal sur le système2, il faut avoir une information objective et pertinente sur le monde sur lequel on vit pour prendre des décisions rationnelles, et dans la plupart des cas on ne les a pas, la nature même des concepts peuvent être foireux, leurs interactions cosmétiques énoncées mais leurs interactions fondamentales passées sous silence (ésotérisme, tabou...). Un exemple tout ***, demander à un français moyen qu'il explique ce que sont les euros, que pourtant il utilise tous les jours, sa définition, sa création, sa destruction et ses règles d'évolution et d'échange. Avec des concepts comme l'érosion ou les emprunts. La monnaie c'est la base de la civilisation actuelle pourtant. Les révolutions intellectuelles ont souvent lieu justement quand quelqu'un comprend qu'un autre concept est plus adapté pour décrire le réel que celui existant jusqu'à présent.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3873 Message par Vincent92 » 06 août 2026, 00:37

pangloss-gemini a écrit :L’individu autonome devient l’Homo economicus : un agent qui calcule ses intérêts de manière purement rationnelle. (...)
La formulation est intéressante et percutante, mais c’est faux, et ça ne l’a jamais été. Les individus ne raisonnent absolument pas dans la vie comme un fichier Excel. Penser ainsi peut d’ailleurs conduire à de grosses déconvenues.

L’individu a toujours, plus ou moins, essayé d’évaluer les coûts et les bénéfices de ses décisions. Mais cet exercice est très imparfait et nous sommes, au contraire, toujours profondément irrationnels. Je ne vois pas ce qui a changé, si ce n’est que les nouvelles définitions de ce que signifie « réussir sa vie » modifient le calcul. Mais cela ne veut pas dire que les individus sont devenus plus rationnels.

Ce qui me paraît juste, en revanche, c’est que lorsqu’un système change, les individus adaptent leurs comportements aux incitations qu’il crée et au niveau de confiance qu’ils accordent aux institutions et aux autres. S’ils ont l’impression qu’on essaie en permanence de les « rouler » (probablement ce que tu penses du « néolibéralisme »?) ou que cela ne fait absolument aucune différence (travail dans le communisme), ils sont probablement de moins en moins nombreux à voir l’intérêt de « bien faire », par exemple.

Ce n’est pas vraiment de l’Homo economicus, à proprement parler. C’est plutôt une adaptation des comportements à un environnement donné.
Modifié en dernier par Vincent92 le 06 août 2026, 08:56, modifié 1 fois.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3874 Message par Lea » 06 août 2026, 08:02

Je dois vivre dans un monde parallèle. Entourée de jeunes couples de trente ans, travaillant, avec bientôt des enfants ou ayant déjà franchi le pas. Mais effectivement, autour ce sont des narcisses, et de ce côté ce sont les femmes qui régressent, vivent tardivement au delà des 40 ans avec des groupes de copines adulescentes tardives, sans mômes et très éloignées de vie en couple. C’est très bizarre. Tellement agréable de vivre à deux plutôt que tout seul dans son ghetto... :roll:

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3875 Message par Lenneth » 06 août 2026, 10:16

Vincent92 a écrit :
05 août 2026, 22:07
rationnel, rationnalité
Je pense que nous n'y mettons pas les mêmes significations.
La rationalité occidentale est le déploiement historique de la métaphysique comme volonté de rendre l'étant intégralement intelligible, puis intégralement disponible. Née de l'idéalisme grec ( logos, Platon ), accomplie par la science mathématique moderne, elle trouve dans le capitalisme sa réalisation sociale : l'abstraction de la valeur généralise la commensurabilité de toute chose et convertit le monde en objet de calcul. La technique est l'accomplissement de ce processus, parce qu'elle institue le calcul comme principe d'organisation effectif de l'étant dans sa totalité.
Càd que la rationnalité dite occidentale n'est pas la rationnalité en soi. C'en est une configuration historique particulère, une parmi d'autres possibles. Une configuration initialement occidentale mais qui s'est voulue comme universelle et s'est d'ailleurs mondialisée. La collection d'ouvrages anthropologiques Terre humaine ( dont le plus connu doit être Tristes tropiques de Levi-Strauss ) nous montre des configurations alternatives de rationnalité, irréductibles à la rationnalité scientifique ou calculatoire moderne.

Bref on passe de economicus à l'homo calculus. Ce que disait d'ailleurs Adam smith avec sa main invisible. Si les actions individuelles ressortent collectivement convergentes, c'est parce chacun - sauf exception - est formaté comme calculateur de son intérêt et que son intérêt est assigné la recherche plus ou moins optimisée de la valeur. Càd une subjectivité conditionnelle, contrainte. Sinon on est un marginal.

Vincent92 a écrit :
05 août 2026, 22:07
capitalisme
Une des forces du capitalisme, c'est sa capacité à résister aux oppositions en les intégrant recyclées.
Il résiste aux oppositions en concédant parfois après luttes sociales ce qui sera des acquis progrès sociaux.
Et il les intègre en les recyclant à son profit encore. Typiquement, mai 68 et ses revendications anti-capitaliste d'autonomie, de flexibilité, de réalisation de soi, etc., qu'il va se réapproprier. Finalement quoi de mieux pour le système qu'un salarié qui va se considérer lui-même comme une ressource à optimiser au mieux ? Ou Che Guevarra devenu icône de tee-shirt commerciaux ? Ou encore Andy Warhol qui a joué subtilement avec cette contradiction.

Lea a écrit :
06 août 2026, 08:02
Je dois vivre dans un monde parallèle.
Pareil. Certains posts ici - sur les femmes et le féminisme - m'étonnent bcp et me semblent caricaturaux.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3876 Message par pangloss » 06 août 2026, 11:46

Nous avons effectivement une espèce rare, un taliban non musulman :lol:
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3877 Message par WolfgangK » 06 août 2026, 11:48

La force et la limite du capitalisme, c'est la généralisation des incitations à créer de la richesse.

Si vous voulez l'avis de Houellebecq

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Que les racistes soient islamophobes n'implique pas que les islamophobes soient racistes.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3878 Message par Vincent92 » 06 août 2026, 12:06

pangloss a écrit :
06 août 2026, 11:46
Nous avons effectivement une espèce rare, un taliban non musulman :lol:
Je pense que tu fais référence, par exemple, au message de wasabi ci-dessus, mais la lecture que j'en fais est différente.

Son propos n'est pas d'émettre un jugement moral (« bien » ou « mal ») ni de dire ce qui devrait être (comme ce que font par exemple les talibans), mais d'établir un constat sociologique.
Par exemple, l'accès élargi des femmes aux études supérieures et l'investissement professionnel, portés par les évolutions féministes, ont décalé l'âge du premier enfant et influencent directement la dynamique démographique. Pointer ce lien de cause à effet ne relève pas de l'opinion, mais de l'analyse systémique.

Reconnaître ces répercussions ne signifie aucunement remettre en question le droit des femmes à s'instruire ou à faire carrière. Il s'agit simplement de refuser un prisme idéologique qui interdirait d'analyser l'ensemble des impacts d'une transformation sociale, sous peine d'être faussement caricaturé.

Par ailleurs, j'interprète aussi cette pique comme une volonté de glisser sous le tapis ce qui dérange; les "trous idéologiques". Mais peut-être as-tu d'autres éléments en tête ? Difficile de le savoir quand on s'en tient à des messages aussi laconiques.

Il serait intéressant de citer ce qui est faux ou fait penser que lui (ou certains) sont des "talibans". Plutôt que d'être le trait d'esprit ou la petite phrase amusante.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3879 Message par Goldorak2 » 06 août 2026, 12:57

Vincent92 a écrit :
06 août 2026, 12:06
Il serait intéressant de citer ce qui est faux ou fait penser que lui (ou certains) sont des "talibans". Plutôt que d'être le trait d'esprit ou la petite phrase amusante.
Tu veux une explication et un développement ? Tu plaisantes j'espère... C'est Pangloss, l'homme des smiley, des sous entendus et des chansons.
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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3880 Message par pangloss » 06 août 2026, 14:28

Vincent92 a écrit :
06 août 2026, 12:06
pangloss a écrit :
06 août 2026, 11:46
Nous avons effectivement une espèce rare, un taliban non musulman :lol:
Je pense que tu fais référence, par exemple, au message de wasabi ci-dessus, mais la lecture que j'en fais est différente.
Je réagis effectivement sur un mode plaisant à la fixette de notre ami sur le féminisme, qui n'est, pour moi, qu'une facette (tardive, et pour cause) du processus général d'émancipation, celui de la modernité. A trop insister sur le féminisme, à trop concentrer son "analyse systémique" sur les femmes, surtout quand on est un homme, on donne une certaine impression...

Je suis taquin, ça ne parle pas que de féminisme...

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3881 Message par Tristana » 06 août 2026, 15:10

Lea a écrit :
06 août 2026, 08:02
Je dois vivre dans un monde parallèle. Entourée de jeunes couples de trente ans, travaillant, avec bientôt des enfants ou ayant déjà franchi le pas. Mais effectivement, autour ce sont des narcisses, et de ce côté ce sont les femmes qui régressent, vivent tardivement au delà des 40 ans avec des groupes de copines adulescentes tardives, sans mômes et très éloignées de vie en couple. C’est très bizarre. Tellement agréable de vivre à deux plutôt que tout seul dans son ghetto... :roll:
Peut être qu'elles ont beaucoup été déçues, trompées ou avec des mecs qui foutaient rien à la maison..

Y a pas de hasard.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3882 Message par Lea » 06 août 2026, 15:16

Je pense que pour le féminisme, il faut laisser parler les femmes, et les hommes, victimes du "néo féminisme". En tant que femme et ayant profité du véritable féminime, celui issu des années 70. Ayant bénéficié de la contraception, des études supérieues, je trouvais ça génial. J’ai connu la vraie parité, avais plein d’amis hommes, de petits amis respectueux, sans trop faire d’effort, suffisait de dire non. Et à l’époque, "fille sérieuse" avait une signification... :roll: Perso, perso ne m’a jamais manqué de respect... :roll:
Là hommes et femmes sont plus les uns contre les autres, sans vouloir faire d’effort. Je suis en couple depuis plus de 30 ans et je trouve ça génial avec quelqu’un du sexe opposé. Les gens sont amers, déconstruits. Quelle tristesse. Pour moi la parité, être différant fait tout le bonheur d’un couple. Quel dommage de passer à côté.
Quand je dis "avais des amis hommes", ils sont morts. A ma génération les hommes meurent plus jeunes...
Modifié en dernier par Lea le 06 août 2026, 15:24, modifié 1 fois.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3883 Message par Lea » 06 août 2026, 15:21

Tu as sans doute raison avec certains de nouvelles générations. Je pense que les narcisses n’aident en rien. Et je pense que pas mal d’hommes bien s’en prennent plein la figure pour quelques moutons noirs. Perso, j’aime toujours autant la gent masculine, même mon robot respecte ses consoeurs.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3884 Message par nanne02 » 07 août 2026, 16:27

https://www.lefigaro.fr/actualite-franc ... oid_Figaro

On en avait déjà parlé ici mais cette fois c est paru dans la presse : l augmentation du taux de mortalité infantile est liée à l augmentation du nombre de mères d origine étrangère.

Article payant hélas.

Bientôt on parlera de la saturation des IME par un certain public...

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3885 Message par lecriminel » 07 août 2026, 16:43

Tristana a écrit :
06 août 2026, 15:10

Peut être qu'elles ont beaucoup été déçues, trompées ou avec des mecs qui foutaient rien à la maison..

Y a pas de hasard.
ou alors elles ont beaucoup déçu (ou trompé ou étaient nulles en cuisine) les mecs qu'elles ont rencontré.


Y a pas de hasard.
Le résultats objectifs chez nous : 90% de la population éligible vaccinée en un an. Si on était resté à la chloroquine on serait tous mort. Mais ca doit être un détail.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3886 Message par Tristana » 07 août 2026, 16:51

Peut être.

Mais je lisais plus de femmes déçues des hommes que l'inverse.

Si je dois un jour me recaser je sais même pas où chercher.

Paraît sur les sites de rencontre c'est n'importe quoi.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3887 Message par Ben92 » 07 août 2026, 16:53

nanne02 a écrit :
07 août 2026, 16:27
https://www.lefigaro.fr/actualite-franc ... oid_Figaro

On en avait déjà parlé ici mais cette fois c est paru dans la presse : l augmentation du taux de mortalité infantile est liée à l augmentation du nombre de mères d origine étrangère.

Article payant hélas.

Bientôt on parlera de la saturation des IME par un certain public...
Comme j'ai déjà dit à d'autres sujets :
'Plus il y a d'africains en France, plus le niveau de vie de la la France se rapproche d'un pays africain".

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3888 Message par Tristana » 07 août 2026, 17:14

Exactement.

Plus nos politiciens incompétents...

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3889 Message par Lea » 08 août 2026, 08:07

Importe le tiers monde tu deviens le tiers monde. :mrgreen:

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3890 Message par WolfgangK » 09 août 2026, 21:42

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L'islamophobie n'est pas plus du racisme que l'antisionisme n'est de l'antisémitisme.
Que les racistes soient islamophobes n'implique pas que les islamophobes soient racistes.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3891 Message par WolfgangK » 09 août 2026, 23:36

Image
L'islamophobie n'est pas plus du racisme que l'antisionisme n'est de l'antisémitisme.
Que les racistes soient islamophobes n'implique pas que les islamophobes soient racistes.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3892 Message par henda » 11 août 2026, 11:01

https://x.com/french_report78/status/20 ... 7074322892
La gouverneure démocrate du Massachusetts vient de signer une loi autorisant les avortements jusqu'au jour de la naissance.

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3893 Message par moinsdewatt » 11 août 2026, 14:01

henda a écrit :
11 août 2026, 11:01
La gouverneure démocrate du Massachusetts vient de signer une loi autorisant les avortements jusqu'au jour de la naissance.
Ca concerne des situations médicales graves (danger pour la mère, anomalies fœtales létales, complications majeures)

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Re: "La démographie c'est le destin" A.Comte

#3894 Message par Goldorak2 » 11 août 2026, 14:12

moinsdewatt a écrit :
11 août 2026, 14:01
henda a écrit :
11 août 2026, 11:01
La gouverneure démocrate du Massachusetts vient de signer une loi autorisant les avortements jusqu'au jour de la naissance.
Ca concerne des situations médicales graves (danger pour la mère, anomalies fœtales létales, complications majeures)
pour commencer (comme d'habitude...) ?
Ca peut pas être vu avant ?

J'ai l'impression que Le Mal à l'état brut s'est emparé de la gauche occidentale, avec son inversion systématique de tout ce qui est Bien et Mal.
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