le féminisme

Discussions et revue de presse sur des thèmes ne relevant ni de la politique ni de l'économie et des finances: technologies, emploi, écologie, transport, sport...
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Re: le féminisme

#12551 Message par pangloss » 15 mars 2023, 18:58

WolfgangK a écrit :
15 mars 2023, 17:16
pangloss a écrit :
15 mars 2023, 08:09
WolfgangK a écrit :
15 mars 2023, 00:04
Contrairement à ce que croient les naïfs, les représentations suivent la réalité et non l'inverse.
Certes, mais elles la confortent. C'est pourquoi il est utile de toujours les interroger ("déconstruire").
La "déconstruction", c'est un truc de *** censuré *** pédants. On devrait toujours remettre en question et parfois ensuite détruire. Mais déconstruire, c'est prétendre remettre en question alors qu'on veut a priori détruire.
Détruire quoi au juste ? En interrogeant ?
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Re: le féminisme

#12552 Message par Jeffrey » 15 mars 2023, 19:17

pangloss a écrit :
15 mars 2023, 18:58
WolfgangK a écrit :
15 mars 2023, 17:16
pangloss a écrit :
15 mars 2023, 08:09
WolfgangK a écrit :
15 mars 2023, 00:04
Contrairement à ce que croient les naïfs, les représentations suivent la réalité et non l'inverse.
Certes, mais elles la confortent. C'est pourquoi il est utile de toujours les interroger ("déconstruire").
La "déconstruction", c'est un truc de *** censuré *** pédants. On devrait toujours remettre en question et parfois ensuite détruire. Mais déconstruire, c'est prétendre remettre en question alors qu'on veut a priori détruire.
Détruire quoi au juste ? En interrogeant ?
que les choses soient claires, on vient de te sortir de pré-validation, escomptant que le message soit passé du point de vue des efforts de communication et d'échange.
Donc si tu discutes ici, tu réponds avec des phrases, des arguments, des oppositions explicites, et pas des vidéos sans intérêt qui détournent avec une mise en dérision.
Faute de quoi, on se passera rapidement de tes contributions.
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Re: le féminisme

#12553 Message par Jeffrey » 15 mars 2023, 19:29

pangloss a écrit :
15 mars 2023, 08:09
WolfgangK a écrit :
15 mars 2023, 00:04
Contrairement à ce que croient les naïfs, les représentations suivent la réalité et non l'inverse.
Certes, mais elles la confortent. C'est pourquoi il est utile de toujours les interroger ("déconstruire").

ImageEst-ce tout ce que nous souhaitons pour nos filles ?
Image
ce que ces graphiques inspirent, c'est qu'il y a une tendance de fond à ce que les femmes soient plus représentées dans tous les domaines de thèse, ce indépendamment d'une sous ou sur représentativité dans un domaine donné. Donc les questions qui devraient en découler sont :
- est-ce une libération des pratiques qui aboutit à une proportionnalité plus représentative de la nature des genres à réaliser un travail de recherche ? i.e les femmes ont plus tendance à être attirées par la recherche ?
- dans cette hypothèse, est-ce que les différences par disciplines sont alors toujours le produit d'un ensemble de contraintes sociétales ou bien l'expression du même rapport préférentiel des femmes à choisir certaines disciplines ?
- donc toujours dans cette hypothèse, l'attente d'un équilibre supposé, ou d'une pseudo équité arbitraire n'est-elle pas l'expression d'une forme de contrainte supplémentaire sur les devoirs des femmes ?
- l'autre hypothèse, c'est que cette tendance est le fruit d'un travail coercitif au moins partiel sur les aspirations des uns et des autres. Donc une perte de liberté.
- on peut s'interroger sur la place laissée aux hommes dans le choix préférentiel de leur domaine de travail, faut-il par exemple rappeler que pour faire une thèse, il faut trouver un financement ?

Ce sont de vraies questions, pas un appel à une chanson en vidéo.
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Re: le féminisme

#12554 Message par WolfgangK » 15 mars 2023, 20:50

Une thèse est rarement un choix optimisé pour le POGNON, donc ça ne me choque pas que les femmes soient en général sur-représentée, vu qu'elles se sentent moins obligées que les hommes d'être "support de famille" (je dirais, tant mieux pour elles, mais des gens très (trop) diplômés nous disent qu'il faut les en plaindre, cf "gender wage gap").
Le problème, c'est que beaucoup de gens veulent avoir un CDI avant de commencer à penser à faire des gamins, et je n'ai plus les stats en tête de l'âge pour devenir MdC, mais c'est pas terrible.
En plus, si tu décroches ENFIN un poste de MdC après avoir fait la roue et promis tout ce qu'ils voulaient à l'équipe qui t'a recrutée pour des besoins précis en enseignement / recherche et que tu poses tes congés mat en arrivant, bonjour l'ambiance !
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Re: le féminisme

#12555 Message par WolfgangK » 15 mars 2023, 20:54

pangloss a écrit :
15 mars 2023, 18:58
WolfgangK a écrit :
15 mars 2023, 17:16
pangloss a écrit :
15 mars 2023, 08:09
WolfgangK a écrit :
15 mars 2023, 00:04
Contrairement à ce que croient les naïfs, les représentations suivent la réalité et non l'inverse.
Certes, mais elles la confortent. C'est pourquoi il est utile de toujours les interroger ("déconstruire").
La "déconstruction", c'est un truc de *** censuré *** pédants. On devrait toujours remettre en question et parfois ensuite détruire. Mais déconstruire, c'est prétendre remettre en question alors qu'on veut a priori détruire.
Détruire quoi au juste ? En interrogeant ?
Quand on parle de "déconstruire les stéréotypes de genre", à votre avis, on se contente de les interroger ?
J'ai toujours de la peine à faire la part entre l'ignorance, la bêtise et la mauvaise foi car les effets produits peuvent être indiscernables et j'ai une faible théorie de l'esprit, mais là, j'ai quand même ma petite idée.
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Re: le féminisme

#12556 Message par lecriminel » 15 mars 2023, 21:05

WolfgangK a écrit :
15 mars 2023, 20:50
"gender wage gap"
je ne comprends pas, quand quelqu'un se plaint de son salaire type smic pour un métier pénible ça ne suffit plus de répondre "la nature n'est pas égalitaire" "fallait faire d'autres études" "sors toi les doigts" "c'est le marché" ou "(si tu étais grassement payé à rien foutre) à leur place tu ferais pareil" ?
C'était pourtant énoncé avec tant d'arrogance et de mépris. D'ailleurs je sais que ça a toujours cours (source radio française où des branleurs gavés de POGNON ne se gênent pas pour faire la morale) sauf si la plaignante vient avec le puissant argument d'être une femme. C'est louche quand même.
Le résultats objectifs chez nous : 90% de la population éligible vaccinée en un an. Si on était resté à la chloroquine on serait tous mort. Mais ca doit être un détail.

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Re: le féminisme

#12557 Message par wasabi » 15 mars 2023, 22:23

Sifar a écrit :
15 mars 2023, 17:28
Ce qui n'est pas dit, c'est que Charlotte a 17 ans et qu'elle s'est faite aider par chatGPT.
Charlotte est un homme blanc cis hétéro 5 fois vacciné de 60ans, qui aime la pizza, et qui s'identifie à une fille noire homosexuelle de 5 ans.
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Re: le féminisme

#12558 Message par WolfgangK » 20 mars 2023, 22:48

https://www.payscale.com/research-and-i ... r-pay-gap/

La différence de salaire homme/femme :
- pour les nuls : 17%
- pour ceux et celles qui savent distinguer corrélation et causalité, et essayer de redresser les échantillons : 1%

Par ailleurs, cf. discussion sur la démographie, les femmes ont un "children gap" de -30% à -50% d'enfants par rapport au nombre qu'elles voudraient avoir, mais les "féministes" ont choisi leurs priorités… :roll:
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Re: le féminisme

#12559 Message par pangloss » 22 mars 2023, 07:25

Image It's all dowhill...

Image
Il semble que ces horribles "féministes" soient à l'oeuvre un peu partout dans le monde...
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Re: le féminisme

#12560 Message par Indécis » 23 mars 2023, 09:28

Observatoire des inégalités : la domination masculine n’existe pas
https://www.contrepoints.org/2023/03/22 ... existe-pas
Dans un article du 7 mars 2023, Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, s’interroge sur le rôle de la « domination masculine » dès l’école primaire. Plus diplômées que les garçons, les filles sont pourtant minoritaires dans les filières les plus sélectives, notamment à cause d’un niveau plus faible en mathématiques. Une inégalité qui persiste dans le monde professionnel. Faut-il en déduire que les femmes sont victimes d’une oppression systémique ?

Alors que les différences de niveau en mathématiques entre filles et garçons sont quasi inexistantes au CP, elles se creusent en primaire, avant d’aboutir à une différence très marquée dans le choix des filières au lycée : 55 % des garçons optent pour deux options scientifiques, contre 36 % des filles en classe de terminale. Parallèlement, la part des femmes âgées de 25 à 34 ans et diplômées de l’enseignement supérieur dépasse de presque 10 points celle des hommes au sein de l’UE (46 % vs. 35% en 2020, et 37 % vs. 29 % en 2010). Pourtant, elles ne sont que 20,2 % à occuper des postes de direction dans le peloton de tête des entreprises cotées en bourse en 2021. En réalité, ces choix professionnels sont peu surprenants pour les raisons que nous allons voir.

Selon une étude intitulée « The Gender-Equality Paradox in Science, Technology, Engineering, and Mathematics Education » publiée en 2018, dans deux pays sur trois, les femmes réussissent aussi bien, voire mieux que les hommes dans les filières scientifiques ou « STEM » (science, technologie, ingénierie, mathématiques). Ces données se fondent sur les résultats d’un test PISA de 2015 incluant 67 pays dans le monde.

Le paradoxe est le suivant : on observe des disparités dans les choix professionnels des hommes et des femmes selon un écart fort ou faible entre le traitement des deux sexes, mais ces disparités ne sont pas celles auxquelles on s’attend a priori. Le Word Economic Forum calcule un indice global des écarts entre les genres – le Global Gender Gap Index (GGGI) – en comparant, pour les femmes et les hommes, la participation et les opportunités économiques, les niveaux d’éducation, de santé et de survie et l’émancipation politique. Sur la base de cet indice, on constate que les pays les plus inégalitaires ont une surreprésentation de femmes dans les filières scientifiques (Turquie, Algérie, Émirats arabes unis). À l’inverse, ce sont dans les pays les plus égalitaires comme la Finlande, la Suède ou le Danemark, qu’une écrasante majorité de femmes se dirigent vers des filières socialement plus connotées.

Des choix qui s’expliquent par le fait que les filières scientifiques sont un filet de sécurité dans les environnements économiques incertains, tandis que des contextes économiques plus favorables donnent aux femmes la liberté de choisir des métiers qui leur plaisent davantage – souvent à temps partiel et/ou moins rémunérateurs. Rien à voir avec des « stéréotypes de genre véhiculés à la fois par les parents et les enseignants » comme l’affirme l’Observatoire. D’autant plus que le niveau de satisfaction globale dans la vie, mesuré notamment par les opportunités économiques, est plus élevé dans les pays égalitaires. Pour améliorer la représentation des femmes dans les filières scientifiques, il faudrait alors restreindre leurs opportunités professionnelles et leurs possibilités de faire des choix.

Chercher à tout prix l’augmentation du nombre de femmes dans les filières scientifiques ou dans les postes de direction – qui requièrent, par définition, plus de temps et de sacrifices personnels – est une erreur. Premièrement, le mythe de la working woman finit tôt ou tard par se confronter à la réalité : aux États-Unis, 33 % des femmes âgées de 41 à 55 ans ayant « fait une belle carrière » n’ont pas d’enfant, bien qu’une majorité désire en avoir – avec toutes les conséquences que cela implique (procédures médicales longues et complexes, dépenses de dizaines de milliers de dollars, stress psychologique important). Deuxièmement, un tel objectif ne peut être atteint que par une politique de quotas – comme nous l’avons vu dans les classes de spécialités informatiques, les cycles d’ingénieur, ou encore les conseils d’administration – ce qui s’oppose, par définition, à toute idée de mérite personnel.

Pour améliorer la condition des femmes, il est temps d’en finir avec les raisonnements simplistes, les mythes dévastateurs et les objectifs d’ingénierie sociale. Les choix individuels devraient primer sur la lutte contre les inégalités.
L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit...

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Re: le féminisme

#12561 Message par pangloss » 23 mars 2023, 09:53

Excellent article.
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Re: le féminisme

#12562 Message par Sifar » 23 mars 2023, 10:13

Je ne conteste pas l'ensemble de l'article ci-dessus, mais je voudrais mettre en évidence quelques points.
Selon une étude intitulée « The Gender-Equality Paradox in Science, Technology, Engineering, and Mathematics Education » publiée en 2018, dans deux pays sur trois, les femmes réussissent aussi bien, voire mieux que les hommes dans les filières scientifiques ou « STEM » (science, technologie, ingénierie, mathématiques). Ces données se fondent sur les résultats d’un test PISA de 2015 incluant 67 pays dans le monde.
Premier problème: le regroupement STEM ne permet pas de discerner les capacités des uns et des autres en mathématiques d'une part, en biologie d'autre part.
La spécialité mathématiques en Terminale avait autrefois, les mathématiques expertes ont aujourd'hui une forte majorité de garçons. En revanche, les filles étaient très nombreuses en spécialité SVT ( bio... ) réputée moins exigeante.

Second problème: le test PISA, dont on peut critiquer ce qu'il choisit d'observer, est pratiqué sur des sujets de 15 ans, c'est-à-dire un temps assez court après la puberté. De plus, les compétences de collège testées relèvent assez peu de l'abstrait.
( Pas de démonstration ) ( En lisant un test PISA, je vois des questions intéressantes cependant. ( Pas la lecture de données) )

aux États-Unis, 33 % des femmes âgées de 41 à 55 ans ayant « fait une belle carrière » n’ont pas d’enfant, bien qu’une majorité désire en avoir – avec toutes les conséquences que cela implique (procédures médicales longues et complexes, dépenses de dizaines de milliers de dollars, stress psychologique important).
Ne serait-ce pas l'objectif ? Trop d'enfants nés de mères trop intelligentes déstabiliseraient nos sociétés si parfaites, si équilibrées.
Cahin-caha, l'humanité se traîne et trébuche jusqu'au jour suivant.

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Re: le féminisme

#12563 Message par pangloss » 23 mars 2023, 10:24

Plus centré sur les USA
Plus général, et en particulier les pays de l'Europe du Nord
Modifié en dernier par pangloss le 23 mars 2023, 10:34, modifié 1 fois.
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Re: le féminisme

#12564 Message par nanne02 » 23 mars 2023, 10:27

C est pas dans ce fil que quelqu'un a posté un lien vers une étude qui pointe du doigt que les femmes ayant un parcours scolaire court sont celles ayant le plus d enfants et qu il y a une corrélation possible avec le constat de baisse de QI constaté dans nos sociétés ?

Dans une autre étude démographique, le constat était fait que dans les pays développés où la natalité est en chute libre, les primes et autres mesures financières d aide aux familles n ont que peu d impact et que c est la mise en place de structures de prise en charge de la petite enfance (crèches, école maternelle dès 2 ou 3 ans, études secondaires voir supérieures financièrement accessibles) qui est vraiment un critère déterminant pour le maintien de la natalité.

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Re: le féminisme

#12565 Message par WolfgangK » 23 mars 2023, 10:31

Sifar a écrit :
23 mars 2023, 10:13
Je ne conteste pas l'ensemble de l'article ci-dessus, mais je voudrais mettre en évidence quelques points.
Selon une étude intitulée « The Gender-Equality Paradox in Science, Technology, Engineering, and Mathematics Education » publiée en 2018, dans deux pays sur trois, les femmes réussissent aussi bien, voire mieux que les hommes dans les filières scientifiques ou « STEM » (science, technologie, ingénierie, mathématiques). Ces données se fondent sur les résultats d’un test PISA de 2015 incluant 67 pays dans le monde.
Premier problème: le regroupement STEM ne permet pas de discerner les capacités des uns et des autres en mathématiques d'une part, en biologie d'autre part.
La spécialité mathématiques en Terminale avait autrefois, les mathématiques expertes ont aujourd'hui une forte majorité de garçons. En revanche, les filles étaient très nombreuses en spécialité SVT ( bio... ) réputée moins exigeante.

Second problème: le test PISA, dont on peut critiquer ce qu'il choisit d'observer, est pratiqué sur des sujets de 15 ans, c'est-à-dire un temps assez court après la puberté. De plus, les compétences de collège testées relèvent assez peu de l'abstrait.
( Pas de démonstration ) ( En lisant un test PISA, je vois des questions intéressantes cependant. ( Pas la lecture de données) )
Le principal problème, c'est la pensée unidimensionnelle qui ne considère pas les coûts d'opportunité.
Il n'y a pas de « filières scientifiques ou « STEM » (science, technologie, ingénierie, mathématiques).» au niveau de PISA, mais des matières scientifiques qui n'xigent pas de s'y consacrer au détriment des autres. En revanche, après le Bac, il y a des filières qui nécessitent des choix.
Il faut et il suffit de considérer non pas les résultats en maths/sciences mais les résultats dans tous les domaines pour comprendre que les filles qui sont bonnes en sciences sont bien plus souvent bonnes en tout que les garçons.
J'avais fait l'analyse il y a longtemps de la répartitions par genre des rapports niveau STEM/ niveau non STEM pour les niveau STEM > à un seuil donné, selon le sexe. Les résultats sont édifiants et expliquent parfaitement les différences de choix d'orientation.
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Re: le féminisme

#12566 Message par Sifar » 23 mars 2023, 10:35

Bien noté.
Cahin-caha, l'humanité se traîne et trébuche jusqu'au jour suivant.

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Re: le féminisme

#12567 Message par WolfgangK » 23 mars 2023, 11:30

Sifar a écrit :
23 mars 2023, 10:35
Bien noté.
Aussi, ça a l'air stupide, parce que ça l'est, mais je suis persuadé qu'à cause de biais cognitifs , des tas de gens voient des femmes sur-représentées dans dans métiers comme caissière, femme de ménage,… et sous-représentées dans des métiers comme chef d'entreprise, programmeur,…
et s'imaginent (en "déduisent") que quelque chose ("le Patriarcat :evil: ") empêche les femmes de devenir cheffes d'entreprises ou programmeuses pour les obliger à devenir caissières ou femmes de ménage.
Dans la vraie vie évidemment, les femmes qui auraient les capacités cognitives pour devenir cheffes d'entreprises ou programmeuses sont avocates, chirurgiennes et cie.
À chaque fois que des collègues se lamentent du % de filles dans nos filières en informatique, je leur dit : «Si vous voulez aller dans les lycées expliquer aux filles qui veulent faire psycho, droit ou médecine / véto qu'elles sont trop connes / aliénées pour savoir ce qui est bon pour elles et qu'elles devraient plutôt se destiner à passer leur vie professionnelle devant un ordinateur : je vous laisse passer devant !»
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Re: le féminisme

#12568 Message par wasabi » 23 mars 2023, 11:40

nanne02 a écrit :
23 mars 2023, 10:27
C est pas dans ce fil que quelqu'un a posté un lien vers une étude qui pointe du doigt que les femmes ayant un parcours scolaire court sont celles ayant le plus d enfants et qu il y a une corrélation possible avec le constat de baisse de QI constaté dans nos sociétés ?
oui, la fameuse étude
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Re: le féminisme

#12569 Message par wasabi » 23 mars 2023, 11:48

WolfgangK a écrit :
23 mars 2023, 11:30

et s'imaginent (en "déduisent") que quelque chose ("le Patriarcat :evil: ") empêche les femmes de devenir cheffes d'entreprises ou programmeuses pour les obliger à devenir caissières ou femmes de ménage.
Dans la vraie vie évidemment, les femmes qui auraient les capacités cognitives pour devenir cheffes d'entreprises ou programmeuses sont avocates, chirurgiennes et cie.
ou, vu que les femmes ont tendance à vivre avec des hommes de classes sociales supérieures, que les femmes les mieux dotées cognitivement ont plus souvent la possibilité de vivre avec le seul salaire du mari.
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Re: le féminisme

#12570 Message par pangloss » 23 mars 2023, 12:03

wasabi a écrit :
23 mars 2023, 11:48
WolfgangK a écrit :
23 mars 2023, 11:30

et s'imaginent (en "déduisent") que quelque chose ("le Patriarcat :evil: ") empêche les femmes de devenir cheffes d'entreprises ou programmeuses pour les obliger à devenir caissières ou femmes de ménage.
Dans la vraie vie évidemment, les femmes qui auraient les capacités cognitives pour devenir cheffes d'entreprises ou programmeuses sont avocates, chirurgiennes et cie.
ou, vu que les femmes ont tendance à vivre avec des hommes de classes sociales supérieures, que les femmes les mieux dotées cognitivement ont plus souvent la possibilité de vivre avec le seul salaire du mari.
Attention aux représentations qui datent...
Où en sont-elles ?, d'Emmanuel Todd. Extrait du chapitre 9

L'émancipation: 1950-2020

......

L'évolution a été rapide, elle est connue. Le problème de perception rétrospective, comme pour le baccalauréat, concerne la date : tout cela est déjà ancien. Les gens qui ont aujourd'hui 50 ans, et dont la génération a vécu l'inversion du sex-ratio dans l'éducation supérieure avaient 20 ans en 1990.

De l'hypergamie à l'hypogamie

Pour un anthropologue, la conséquence la plus importante de cette inversion du sex-ratio aura été le passage de l'hypergamie à l'hypogamie. La tradition était que les femmes, statistiquement, se marient avec des hommes plus âgés, plus riches ou /et plus éduqués. On parlait alors d'hypergamie d'âge, de richesse ou d'éducation. Les hommes du bas ou de la périphérie de la structure sociale-agriculteurs, ouvriers agricoles et manœuvres- avaient donc plus de difficulté à trouver une épouse et leur taux de célibat était plus élevé que la moyenne. En haut et au centre de la structure sociale, les femmes très éduquées, éventuellement cadres supérieures, ne trouvaient pas au-dessus d'elles les hommes nécessaires et présentaient un taux de célibat élevé.

J'emploie ici le terme « mariage » comme on le fait en anthropologie pour désigner une union de fait présentant un minimum de stabilité, qui peut être consensuelle sans être légitimée par un enregistrement civil ou religieux. L'hypergamie exprimait, à un niveau variable, la prédominance masculine de toutes les sociétés humaines jusqu'à la nôtre, mais elle était d'intensité très inégale selon la culture. L'obligation de se marier avec un homme de condition plus élevée, avec une dot, était tellement forte dans les castes rajputs du nord de l'Inde qu'elle y conduisait, dans les familles qui avaient trop de filles, à un infanticide massif des bébés de sexe féminin. Nous étions en France loin de cette hypergamie explicite plutôt que statistique. Encore une différence que masquerait la notion de patriarcat.

Notre monde modérément hypergame n'est plus. On se doute que dans une société où les femmes font plus d'études que les hommes, la perpétuation d'un modèle selon lequel les femmes épousent majoritairement des hommes plus diplômés qu'elles devient impossible. Dans un article de 2015 sur « l'inversion de l'hypergamie féminine au fil des cohortes (c'est-à-dire des générations) en France », Milan Boucher Valat a mesuré une diminution, puis une disparition de l'hypergamie, et finalement une inversion en hypogamie (1). Ce sont désormais les hommes qui, statistiquement, se marient au-dessus de leur condition éducative. Son étude ne concerne pas les seuls éduqués supérieurs mais tous les niveaux - primaire, secondaire et supérieur, avec comme groupes entre lesquels les mouvements sont saisis, les « aucun diplôme » les « certificat d'études primaires », les « CAP, BEP et BEPC » regroupés, les « baccalauréats généraux, technologiques et professionnels », les « diplômes du supérieur inférieurs à la licence », et enfin les « diplômes du supérieur à partir de la licence ». Ce qui est frappant, à nouveau, c'est que le basculement est intervenu bien plus tôt qu'on ne l'imaginerair: au plus tard pour la génération née en 1955 et qui a donc atteint l'âge de se marier vers 1980. Lorsque l'on inclut les échelons éducatifs intermédiaires, et pas seulement entre le supérieur et le reste, le basculement apparaît donc encore plus précoce.

Milan Bouchet-Valat, qui m'a beaucoup aidé pour l'accès et la compréhension de ces données (sans être aucunement responsable de mes éventuelles erreurs), m'a confié sa propre surprise en découvrant la précocité du passage à l'hypogamie. Si l'on prend en compte non plus telle ou telle génération, mais l'ensemble de la population, l'hypogamie devient plus fréquente que l'hypergamie aux alentours de l'an 2000.

Bouchet-Valat se pose la question de savoir si le passage à l'hypogamie a été freiné par des normes. Pour cela, il confronte la distribution aléatoire des unions qu'auraient créées les proportions respectives d'hommes et de femmes ayant atteint tel et tel niveau d'études à ce qui s'est passé réellement. Sa conclusion est fascinante: aucune norme culturelle ne semble s'être opposée à la formation de couples hypogames. Peut-être même y a-t-il eu, à l'inverse, un effet d'accentuation de l'hypogamie par rapport à celle qui aurait dû exister. Dans tous les cas, l'hypothèse d'une résistance de la société favorisant un principe de domination masculine ne tient pas, du moins tant qu'on considère la société globalement.

[
Milan Bouchet-Valat, Plus diplômées, moins célibataires. L'inversion de l'hypergamie féminine au fil des cohortes en France, Population, vol. 70, 4, 2015, p. 705-73
]
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Re: le féminisme

#12571 Message par wasabi » 23 mars 2023, 12:34

pangloss a écrit :
23 mars 2023, 12:03

Attention aux représentations qui datent...
attention aussi aux grosses erreurs qu'il fait.
C'est sûr que si on utilise le critère du diplôme, plutôt que celui de l'âge, du revenu ou du patrimoine, et qu'on considère que tous les brevets + X ou bac+(X-3) se valent si X est identique on arrive à une certaine conclusion qui n'est peut être plus valable si tu considères qu'un DUT c'est mieux qu'une maîtrise en sociologie, qu'un CAP maçon qu'un BEP secrétariat, ou une grande école qu'un doctorat de second zone d'une thématique bidon.
Modifié en dernier par wasabi le 23 mars 2023, 12:36, modifié 1 fois.
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Re: le féminisme

#12572 Message par Sifar » 23 mars 2023, 12:35

Il suffit, pour accepter qu'il y a hypogamie, de considérer qu'un master en sciences de l'éducation est au-dessus d'un BTS électricité.

Edit: Wasabi l'a mieux dit.
Cahin-caha, l'humanité se traîne et trébuche jusqu'au jour suivant.

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Re: le féminisme

#12573 Message par ProfGrincheux » 23 mars 2023, 12:54

L'article de contrepoints est mal écrit sur un point essentiel. Si on lit trop vite, on a l'impression que c'est une reprise d'un post de blog de Louis Maurin. Il n'en est rien. Dans la version sur le site contrepoints est toutefois donné un lien hypertexte vers l'observatoire des inégalités. La tonalité du post de Maurin est assez différente- l'article de contrepoints est en fait une critique du billet de Maurin.

La façon dont Indécis l'a cité m'a induit en erreur dans un premier temps.
Ignorés: pimono, Manfred, titano.

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Re: le féminisme

#12574 Message par Indécis » 25 mars 2023, 19:05

Ovidie : «Le sexe avec les hommes est trop contraignant et décevant, certaines femmes ne veulent plus se forcer»
https://madame.lefigaro.fr/bien-etre/ps ... r-20230323
INTERVIEW - Il y a quatre ans, la réalisatrice Ovidie a décidé d'arrêter le sexe avec les hommes. Trop d'investissement pour si peu en retour, estime-t-elle. Elle retrace son expérience dans son livre La chair est triste hélas.

Les rapports sexuels consentis par politesse, le plaisir optionnel, la trop rare jouissance, l’ennui, la simulation, les positions inconfortables, les heures de préparation à grands coups d’épilateurs, les cystites du lendemain, les heures de sport à jeun pour coller aux critères de beauté et être désirée… Voici un échantillon de ce que la réalisatrice Ovidie a connu et ne veut plus, au point d’arrêter le sexe avec les hommes.

Dans son livre La chair est triste hélas, paru le 16 mars aux éditions Julliard, l'auteure raconte sa grève de l’hétérosexualité entamée il y a quatre ans. «Un jour, je n’ai plus pu», résume-t-elle en prologue. Un rejet d’un investissement trop lourd pour si peu en retour, estime-t-elle. Trop souvent renvoyée à son passé d'actrice porno, cette docteure en Lettres et Études filmiques questionne surtout le corps, les féminismes et les sexualités depuis 15 ans à travers des documentaires et séries documentaires radiophoniques (on retiendra, entre autres, Là où les putains n'existent pas (2018), pour lequel elle reçoit le prix Amnesty International du meilleur documentaire, son enquête sur les violences obstétricales, Tu enfanteras dans la douleur (2019), ou récemment la mini-série animée Libres!, sur Arte.tv, co-écrite avec Sophie-Marie Larrouy, pour aider les femmes à s'affranchir des diktats sexuels).

Dans ce texte aux accents d’exutoire et aux mots parfois violents qui ne cachent pas la colère, Ovidie confie son épuisement face à une sexualité régie par des rapports de domination. Elle retrace les années qui l’ont conduit à s’affranchir du regard des hommes, à cesser de se malmener dans l'unique but d'être désirée, pour, in fine, gagner en liberté.

Madame Figaro.- Comment s’est formalisée votre sortie de la sexualité avec les hommes ?
Ça n’a pas été quatre années d’abstinence totale, d’abord parce que je n’ai pas eu la volonté de m’abstenir et que je ne me suis retenue de rien du tout, et ensuite parce que j’ai eu deux rapports sexuels avec des hommes durant cette période. Au début, il s’agissait plutôt d’un espacement des rapports. Un jour, je me suis rendu compte que cela faisait trois mois que je n’avais pas eu de relations sexuelles avec un homme, puis j’ai réalisé que ces trois mois s’étaient transformés en six mois, puis en neuf, puis en une année... Finalement, je crois que je me suis véritablement extraite de la sexualité avec les hommes quand j’ai compris qu’elle ne m’apportait plus rien.

C’est-à-dire ?
Je pense vraiment que nous, les femmes, baisons en échange de quelque chose, d’amour, de revalorisation, mais assez rarement pour notre propre plaisir. Et il se trouve que je n’ai pas besoin de la validation des hommes, je suis autonome à tout point de vue, ils n’ont donc rien à m’apporter. En réalité, l’hétérosexualité me coûtait trop.

Vous résumez la situation ainsi : «Un jour, je n’ai plus pu». Précisément, qu’est-ce qui vous a mené à cette conclusion ?
Tous les préparatifs à la relation sexuelle avec un homme me posent problème, toute cette danse de la séduction, ce temps avant un rendez-vous consacré à l’épilation, à la pose de vernis, au choix de la lingerie… Sans oublier l’après rapport, le service après-vente pénible, à traiter des cystites ou des mycoses. Je ne supporte plus tout ce que cela coûte d’être une femme, ces injonctions, ce mal que l’on se fait au corps pour rester belle. Je trouve que le jeu n’en vaut pas la chandelle, que la sexualité avec les hommes demande trop d’investissement pour si peu en retour, pour un plaisir féminin trop souvent optionnel.

En arrêtant la sexualité avec les hommes, vous êtes-vous sentie marginale ?
La marginalité est là dans le sens où je suis un peu jeune pour fermer boutique. À 42 ans, je suis à date limite de péremption, on m’envisage encore, on se dit que j’ai de beaux restes, la société considère que je peux encore servir. En tant que femme, ma fonction première n’est pas de travailler ni même d’être mère, mais d’être désirable. Alors en cela, quand on sort de la sexualité, on se sent marginale, à côté de la plaque. Les productions culturelles médiatiques comme les séries, les pubs et même certaines blagues, ne nous sont plus destinées ; on ne se sent plus concerné. En sortant de la sexualité, on se rend aussi compte qu’elle a infusé toutes nos interactions sociales. Il y a un jeu de séduction permanent. Je l’observe dans mon travail, quand une productrice aura un bouton dégrafé lors d’une réunion avec un diffuseur ou fera des battements de cils… Cela ne veut pas dire que tous nos patrons veulent coucher avec nous mais plutôt que nous sommes toujours potentiellement envisagées comme une cible. Il y a comme une promesse d’un rapport non consommé.

Le sexe avec les hommes vous manque-t-il ?
Non. Ce qui me manque, c’est le toucher, la tendresse, un câlin devant un film, un contact désexualisé. Et je ne suis pas sûre que tous les hommes soient capables de vivre une relation avec une femme sans qu’elle ne soit sexualisée. Quand on a une relation physique trop tendre, trop proche, le risque est trop grand que la personne veuille nous embrasser, que ça dégénère. Alors même si le toucher me manque, je ne préfère pas prendre le risque, je ne suis pas prête à ce qui va suivre.

Quelle est votre vision des hommes ?
Je les hais au lit. Autour de moi, il y a des hommes que j’aime éperdument, des amitiés de très longues dates, des hommes que j’estime au plus haut point dans le travail, par exemple. Mais le problème reste le même : à partir du moment où l’on rentre dans une dimension sexuelle, quand ils ferment la porte de la chambre à coucher, ces hommes “biens” ne sont plus les mêmes, l’égalité ne les intéresse plus du tout et je les trouve décevants, dégoûtants.

Que répondez-vous à ceux qui vous objecteront que tous les hommes ne sont pas ainsi ?
Évidemment, je ne les ai pas tous testés ! Toujours est-il que rien ne m’a prouvé le contraire de ce que j’écris, ni ma propre expérience, ni ce que mes amies me rapportent, ni ce que me confient des inconnues depuis toutes ces années de travail sur ces questions. Bien sûr, tous ne sont pas mal intentionnés, mais ils ne se rendent pas compte de ce à quoi ressemble la sexualité avec eux. Parce qu’on ne leur a pas dit et parce qu’on ne nous a pas appris à le dire.

À ce propos, vous écrivez que le problème est que les femmes acceptent sans révolte de devoir satisfaire l’autre, sans rien exiger en retour.
Nous avons été éduquées à faire plaisir, à réfléchir à ce que nous pourrions faire pour satisfaire l’autre, et parfois même à baiser par politesse. On ne nous a pas appris à prendre du plaisir. De plus, la société nous fait comprendre que notre objectif de vie est de trouver un homme, de faire couple et de tout faire pour le maintenir. Je pense qu’il y a en nous une crainte de ne plus être désirée et que l’autre aille voir ailleurs, alors on accepte d’être mal baisées, que notre plaisir soit optionnel et pire, on fait croire à l’autre qu’on aime ça pour flatter son ego. C’est en ce sens que je dis que nous sommes complices, que les femmes sont dans une servitude volontaire. Et nous avons même réussi à nous leurrer, quand on dit “je m’épile, mais c’est pour moi”, “je veux perdre du poids, mais c’est pour moi”, c’est faux ! On se soumet à ces injonctions pour plaire. Si on faisait les choses pour nous, on mangerait des chips et on ne se teindrait pas les cheveux.

Vous en êtes-vous voulue d’avoir accepté ce que vous refusez désormais ?
Oui. En travaillant sur les questions de féminisme et de sexualité depuis plus de 20 ans, je m’en veux d’avoir perdu autant de temps, d’avoir accepté des choses que je n’aurais pas dû accepter, de m’être pliée en quatre pour faire plaisir à des hommes qui ne le méritaient pas, qui étaient des hommes bien par ailleurs mais qui ne me renvoyaient pas la pareille. Je ressens de la colère envers moi-même et du dépit vis-à-vis des autres femmes qui, comme moi, se sont soumises à cela.

Vous dites que les choses changent, que nous vivons une rupture civilisationnelle depuis le mouvement Metoo…
Oui, les lignes bougent et la force des résistances en face le prouve ; pour les femmes et les féministes qui s’expriment sur les réseaux sociaux, ça n'a jamais été aussi violent qu’en ce moment. Ce mouvement Metoo va bien au-delà des violences sexuelles. Depuis 2017, je sens un désenchantement. On s’est mis à repenser le couple, à déconstruire la sexualité. La politisation de l’intime amène les femmes à se dire qu’elles n’ont tout simplement plus envie. Quand je prends la parole sur ces questions, je reçois beaucoup de messages de certaines qui se questionnent, réfléchissent à plus d’égalité dans le couple. Et je crois que le sexe avec les hommes est trop contraignant et décevant, et que certaines ne veulent plus se forcer.

Votre livre questionne d’ailleurs la place du sexe dans le couple. Vous dites que nous sommes torturé(e)s par l’idée qu’un couple sans sexualité n’en n’est pas un. Selon vous, le sexe n’est pas le ciment de la relation ?
Non, je crois qu’il ne l’est pas. Certains couples se sentent parfaitement bien, partagent énormément et font l’amour une fois par mois ou une fois tous les deux mois. À l’inverse, d’autres couchent ensemble et ne sont pas dans un amour inconditionnel. Il y a une véritable injonction à baiser. Quand on ne le fait pas, on se sent anormal. Il m’est arrivé d’avoir une discussion avec une amie qui se plaignait que son partenaire ne l’avait pas touché depuis un mois. Je lui ai alors demandé si ça lui manquait, elle m’a répondu “non, mais quand même”. Je lui ai rétorqué “si ça ne te manque pas, où est le problème ?”. Elle a répondu “ça veut dire qu’il ne me désire pas”. Et voilà tout le souci. Beaucoup de couples paniquent quand le sexe se raréfie, que le désir disparaît. Certains se séparent même, en concluant que s’il n’y a plus de désir, c’est qu’il n’y a plus d’amour. Je pense que c’est une erreur. Avant de paniquer, il faut repenser nos schémas.

Comment revoir nos schémas pour une hétérosexualité plus égalitaire ?
Si j’avais la solution, je ne serais pas en grève depuis 4 ans (rires) ! Je crois qu’il suffirait déjà de commencer par sortir de l’hétéronormativité, en finir avec les représentations tournées autour du coït. Il faut remettre en question l’idée que le rapport sexuel démarre avec une érection et finit avec l’éjaculation. Rien que ça, ça serait un pas gigantesque. Je crois que l’on peut rectifier le tir et espérer une hétérosexualité plus égalitaire. Ce ne sera pas pour ma génération mais pour les suivantes. La philosophe Manon Garcia (auteure de «La conversation des sexes», NDLR) me disait récemment “nous avons fait toutes les gymnastiques possibles, maintenant c’est aux hommes de bouger”. Tout est dit. Mais encore faut-il qu’ils en aient envie. Tant qu’ils ne bougeront pas, nous serons dans une guerre des sexes infinie. L’égalité est possible, à condition que les deux aient envie de jouer.
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Re: le féminisme

#12575 Message par PACA » 25 mars 2023, 19:54

Trop d'investissement pour si peu en retour, estime-t-elle.
Idem pour certaines femme, il faut beaucoup bosser au lit de véritables remèdes contre l'amour....certaines accepte qu'on se fasse aider.
Je ne vois pas de spécificités masculine pour la fainéantise.
On comprend bien qu'un gode à ceinture puisse être plus endurant et performant qu'un sexe masculin.
C'est fatigant toutes ces histoires de performances....

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Re: le féminisme

#12576 Message par WolfgangK » 25 mars 2023, 20:01

Heureusement qu'un journal nous informe que des femmes célibataires de plus de 40 ans ont renoncé à avoir une sexualité avec des hommes, parce que sinon, personne n'aurait remarqué! :oops:

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L'islamophobie n'est pas plus du racisme que l'antisionisme n'est de l'antisémitisme.
Que les racistes soient islamophobes n'implique pas que les islamophobes soient racistes.

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Re: le féminisme

#12577 Message par PACA » 25 mars 2023, 22:20

Ovidie : «Le sexe avec les hommes est trop contraignant et décevant, certaines femmes ne veulent plus se forcer»
Il serait intéressant de savoir si Charlotte Krebs a le même jugement pour tous les hommes dans toutes les civilisations ?
Par exemple un comparatif entre les musulmans et les chrétiens ?
Il n'est pas impossible qu'elle considère que le sexe avec les musulmans soient moins contraignant et décevant ? je n'ai rien retrouvé sur le sujet ?

Autre point, il me semble avoir remarqué que le jugement de certaines femmes(les délaissées ?) changeait en fonction du physique des hommes, un bel étalon a le pouvoir de faire changer d'avis les plus récalcitrantes.
On trouve du charme à un bel étalon, un homme moche est un sale vicieux.

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Re: le féminisme

#12578 Message par pimono » 26 mars 2023, 01:14

Indécis a écrit :
25 mars 2023, 19:05
Ovidie : «Le sexe avec les hommes est trop contraignant et décevant, certaines femmes ne veulent plus se forcer»
https://madame.lefigaro.fr/bien-etre/ps ... r-20230323
INTERVIEW - Il y a quatre ans, la réalisatrice Ovidie a décidé d'arrêter le sexe avec les hommes. Trop d'investissement pour si peu en retour, estime-t-elle. Elle retrace son expérience dans son livre La chair est triste hélas.
Elle m'a l'air bien compliquée cette fille, elle ferait mieux d'envisager une thérapie en attendant de trouver un mec qui corresponde à ses besoins.
Ce féminisme est dangereux.

Je préfère de loin ce témoignage de 9 minutes de Brigitte LAHAIE à propos des hommes. C'est beaucoup plus sain, respectueux et intelligent.
Elle dit que beaucoup de femmes ont été déçues en voulant faire comme les hommes, fumer, travailler, partir "à la chasse", être indépendantes... car elles se sont rendues compte qu'elles ne pouvaient pas tout faire seule comme des grandes, que mêmes les hommes ont besoin d'un(e) partenaire pour faire le ménage, s'occuper des enfants etc (~). C'est exactement en ça que le féminisme est une voie sans issue qui promet beaucoup de lendemains qui déchantent pour les participantes.
"Ils feront le travail pour nous et nous prospérerons grâce à leurs dettes et leur dur labeur, ...nous continuerons à les faire vivre dans la peur et la colère par l’image et le son."

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Re: le féminisme

#12579 Message par clairette2 » 26 mars 2023, 08:42

Amha, cette femme dénonce finalement la sexualité" moderne " d'une société qui en a fait une performance.
Il faut performer au lit, comme au boulot . On n'est plus que dans un plaisir instinctif. Tout est construit, formaté. Pour les jeunes, la pornographie qui met en avant des "séquences sexuelles" presque codifiées, avec passage obligatoire par la fellation par ex, doit être très lourde à porter.
Dès lors, le sexe n'est plus qu'une formalité sociale.
Et ça peut vite devenir ennuyeux...

La sexualisation de la société va-t-elle tuer l'envie sexuelle ?
Fallait il préserver une part de mystère ?
« La moitié des hommes politiques sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout » Coluche

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Re: le féminisme

#12580 Message par Sifar » 26 mars 2023, 09:02

clairette2 a écrit :
26 mars 2023, 08:42
Amha, cette femme dénonce finalement la sexualité" moderne " d'une société qui en a fait une performance.
Et dont elle a vécu.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ovidie
Cahin-caha, l'humanité se traîne et trébuche jusqu'au jour suivant.

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Re: le féminisme

#12581 Message par kamoulox » 26 mars 2023, 10:41

C’est quand même marrant d’être extrême gauche et faire du porno capitaliste.
Un peu comme le bouffon usul

Enfin bon, j’ai quand même bien aimé ses films à l’époque, et son style gothique

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Re: le féminisme

#12582 Message par PACA » 26 mars 2023, 11:09

clairette2 a écrit :
26 mars 2023, 08:42
Amha, cette femme dénonce finalement la sexualité" moderne " d'une société qui en a fait une performance.
Il faut performer au lit, comme au boulot . On n'est plus que dans un plaisir instinctif. Tout est construit, formaté. Pour les jeunes, la pornographie qui met en avant des "séquences sexuelles" presque codifiées, avec passage obligatoire par la fellation par ex, doit être très lourde à porter.
Dès lors, le sexe n'est plus qu'une formalité sociale.
Et ça peut vite devenir ennuyeux...

La sexualisation de la société va-t-elle tuer l'envie sexuelle ?
Fallait il préserver une part de mystère ?
Je pense qu'il n'y a rien de bien nouveau, Charlotte Krebs ne supporte pas de vieillir, le sexe à 40 ans n'est pas le sexe de 16 ans ni celui de 75 ans.
On peut rechercher de nouvelles sensations, homo, en groupe, .... voir la zoo ?
.... ou la tendresse, il faut savoir aimer. L'appareil sexuel de l'homme est très fragile.

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Re: le féminisme

#12583 Message par Indécis » 26 mars 2023, 16:23

REPORTAGE. Qui sont les Babayagas, communauté autogérée de féministes à la retraite
https://actu.fr/ile-de-france/montreuil ... 40295.html

Le féminisme ou la haine des hommes... :roll:
Depuis 2012, des femmes vivent leur retraite dans un immeuble à loyer modéré à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Un lieu inédit en France appelé la maison des Babayagas.

Elles ont décidé de vivre leur retraite en non-mixité choisie. À l’heure où les Français manifestent contre le report de l’âge légal de départ à la retraite, Jade, Catherine, Kerstin, Mina, Flora et Marie-Christine ont décidé de vivre la leur d’une manière différente. Femmes, féministes et militantes, elles vivent ensemble dans la maison des Babayagas à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

« Ne me parlez pas de maîtresse de maison, d’horaires à respecter ou d’activités imposées sinon je peux être violente », lâche Mina, Babayaga espiègle aux cheveux roux flamboyants. Artiste plasticienne qui manie l’art du NFT, elle s’est installée dans ce lieu inédit en 2014. « J’ai rencontré Thérèse Clerc à vingt ans, lorsque je militais au MLF (Mouvement de libération des femmes, ndlr) et puis on s’est retrouvées autour de ce projet », se souvient-elle.

Qu'est-ce qu'une Babayaga ?
"La Babayaga est un personnage des légendes russes. Elle habite une maison montée sur pattes de poule, les murs sont en pâte d'amande et le toit en pain d'épices. Elle raconte des histoires aux petits enfants qui écoutent en lui mangeant sa maison. Furieuse, elle croque les marmots ! Mais c'est aussi une passeuse, elle vous emmène sur des chemins initiatiques. Saura-t-elle nous prendre la main pour l'ultime passage ?", écrivait alors Thérèse Clerc à l'initiative du projet.

Thérèse Clerc, figure du militantisme féministe, est à l’origine de cette « anti-maison de retraite ». Décédée en 2016, la maison des Babayagas faisait partie de ses derniers combats. Dans une lettre qui résume la genèse du projet, et dont actu Paris a pu prendre connaissance, elle expliquait :

Ma mère a été grabataire dans les cinq dernières années de sa vie, j'étais seule pour tout assumer, je travaillais encore, mes enfants étaient en "turbulences" de couple et j'avais déjà 11 petits-enfants.
« Je me suis jurée de ne pas offrir cela à mes enfants«
, écrivait-elle. Ainsi, elle a érigé une maison des Babayagas. Un lieu de vie autogéré – « nous voulons rester libres et autonomes » -, citoyen – « les Babayagas seront très ouvertes sur la ville » -, solidaire et écologique.

Flora, Babayagas, montre les archives de ce projet politique pensé par Thérèse Clerc depuis la fin des années 1990.
Une association est créée en ce sens et ses statuts déposés en 1997 à la préfecture de Seine-Saint-Denis. Près de 25 ans avant le scandale Orpea, qui a révélé la maltraitance dans les Ehpad, Thérèse Clerc parlait déjà d’un projet hautement politique, pour pallier « le manque de solution pour une vieillesse décente ».

La maison des Babayagas n'est pas un projet gérontologique, à peine un projet social, c'est un projet politique : nous sommes l'avant-garde éclairée !

Des appartements à faible loyer réservés aux femmes

Dans les faits, la maison des Babayagas est la résultante d’un accord tripartite entre les offices HLM, la mairie de Montreuil et l’association des Babayagas. Dans les années 2010, le maire PC de l’époque, Jean-Pierre Brard, leur propose une parcelle de 500 m² et un immeuble est bâti en concertation avec les futures habitantes.

En tout 25 appartements sortent de terre sur six étages. Au rez-de-chaussée, deux salles communes sont mises à disposition avec, en sus, un jardin de presque 200 m². Les logements de 18 à 45 m² ont été conçus par des architectes qui n’avaient rien à voir avec la réalisation de maisons de retraite. Un prérequis pour les futures résidentes.

Seule particularité des lieux : des salles de douche aux normes PMR (personne à mobilité réduite) avec un siège de douche et des barres d’appui notamment. Le tout pour un loyer modéré aux alentours de 600 euros.

Dans une interview accordée à France Inter en 2013, Thérèse Clerc expliquait pourquoi ce projet devait être exclusivement réservé aux femmes.

Nous avons choisi la non-mixité car les femmes sont les plus pauvres, leurs retraites sont inférieures de - 40 % par rapport à celles des hommes. Quand ils gagnent 1 500 euros, elles en gagnent 900 euros, donc où est la discrimination ?


« Quand on parle des Babayagas, on se fait tout un fantasme mais finalement, ici c’est un immeuble dans lequel on s’entraide, tout simplement », ajoute Catherine, ancienne prof et admiratrice inconditionnelle de Jean Renoir. Lorsqu’elle a appris l’existence de cette communauté, elle s’était renseignée pour sa maman.

Ici, pas d’équipe médicale particulière, les femmes restent jusqu’à ce que le corps et la tête n’en puissent plus.

Les lieux sont inaugurés en 2012. Flora, 80 ans et ancienne prof d’espagnol, est la mémoire vive de cette histoire. Photos, coupures de presse et archives à l’appui, elle retrace les origines de cette aventure féministe.

Thérèse Clerc n'a jamais pu vivre ici parce qu'elle était propriétaire d'un petit deux-pièces, ce qui était contraire aux conditions imposées par l'OPH.

L’ancienne enseignante s’est installée ici avec sa maman. Toutes deux ont été voisines de palier durant trois ans. « J’avais entendu parler du projet sur la Cinq« , se remémore-t-elle.

Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une poignée de Babayagas rue de la Convention. Âgées de 67 à 90 ans, elles craignent de voir le projet de la maison partir avec elle. « Nos appartements servent désormais aux hébergements d’urgence. Les femmes qui habitent ici ne savent même pas où elles ont atterri », regrette Marie-Christine, ancienne avocate. À l’époque de son inauguration, il fallait être militante pour avoir un appartement.

« Quand l’OPH veut placer quelqu’un, on a 48 heures pour présenter une candidature ! C’est impossible… On perd l’essence de la maison peu à peu », se désole Mina. Elles ne sont plus qu’une dizaine à faire vivre l’héritage de Thérèse Clerc.

Malgré l’envie d’essaimer et les prémices de maisons de ce type à Palaiseau (Essonne), Bagneux (Seine-Saint-Denis) et Brest (Finistère), seule une deuxième maison des Babayagas semble avoir vu le jour en vingt ans, à Saint-Priest (Auvergne-Rhône-Alpes).

Pour autant, les Babayagas transmettent leurs luttes et partagent les combats des jeunes féministes. Aux côtés des colleuses, elles sont devenues Babatagueuses et se rendent régulièrement à la maison des femmes de Montreuil, un lieu ressource et leg… de Thérèse Clerc.
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Re: le féminisme

#12584 Message par PACA » 27 mars 2023, 14:06

Mes arrières grand mères, grand mères et mère étaient d'un autre niveau, ma femme et ma fille ont échappé de justesse à la régression.
Le sexe c'était du détail, j'ai toujours entendu dire :
"le cul d'une femme n'a jamais déshonoré une famille"
Pas de quoi en faire un plat.

Les hommes eux sont morts ou estropiés par les guerres. Certains n'ont même pas eu de sépulture..... la haine, pourquoi, contre qui ?

... et ça continue en Ukraine avec les encouragement d'Ursula.

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Re: le féminisme

#12585 Message par Indécis » 28 mars 2023, 20:48

Noémie Halioua: «Lettre à Ovidie qui déclare avoir renoncé aux hommes»
https://www.lefigaro.fr/vox/societe/noe ... s-20230328
FIGAROVOX/HUMEUR - La journaliste répond à la réalisatrice Ovidie, qui explique dans son dernier livre sa décision d'arrêter les relations sexuelles avec des hommes. En faisant de l'homme un égoïste par nature, le néo-féminisme creuse un fossé entre les deux sexes, regrette-t-elle.

Chère Ovidie,

Votre dernier livre est important : il raconte à merveille la fureur anti-masculine des temps présents. Au cours de 150 pages de rage, vous écrivez avec un indéniable talent toutes les raisons qui vous ont mené à haïr le sexe fort. La goujaterie de celui qui profite du corps féminin sans aimer, l'égoïsme de ces piètres amants, ce mari qui vous a trahi avec une nymphe de la moitié de son âge. «Je comprends enfin à quel point j'ai été prisonnière d'un syndrome de Stockholm, à grande échelle, d'un monde insensé où on ne peut s'empêcher de désirer l'oppresseur et de lui rester éternellement subordonnée», confiez-vous. Vous regrettez d'avoir joué le jeu de la séduction comme une élève modèle, d'avoir payé «l'équivalent d'un smic» pour affiner votre silhouette et n'avoir recueilli en retour que de la cruauté et du mépris. Hélas, la chair est triste titre ce livre paru chez Julliard, qui paraphrase un vers de Stéphane Mallarmé et reflète judicieusement son amertume.

Votre confession est franche et sans appel : comme certains arrêtent de boire, vous faites «grève du sexe avec les hommes» depuis quatre ans. Voilà quatre ans que vous avez renoncé à partager l'intimité d'un mâle, une façon pour vous de vous révolter contre des «millénaires de domination masculine et d'amants autocentrés». Outre quelques écarts jugés raisonnables, vous vous consacrez exclusivement au plaisir solitaire et aux expériences féminines qui vous procurent du plaisir sans occasionner de douleur. «Leur désir ne m'agresse pas, là où celui des hommes a fini par me dégoûter», confiez-vous. Si dans l'avant-propos vous affirmez que votre opuscule n'est pas un manifeste, vous insistez haut et fort sur l'urgence de se «désintoxiquer de l'hétérosexualité» et vous réjouissez d'y voir un mouvement de fond. C'est pour vous le début d'une nouvelle ère où les femmes se défont du joug masculin pour enfin se suffire à elles-mêmes et tendre vers une liberté pure et parfaite. «Cette multitude de femmes qui décident simultanément de se mettre en disponibilité ou de devenir lesbiennes, on ne me fera pas croire que ce n'est pas une rupture civilisationnelle qui est en cours», affirmez-vous. Et vous n'avez pas tort : les appels quotidiens à la haine entre les sexes commencent à porter leurs fruits, ils accompagnent un boom du célibat (que l'on appelle joyeusement «célibat-boom») et une baisse de la natalité (que l'on appelle joyeusement «baby-crash»). Vous devriez être enchantée car il n'est pas impossible qu'un jour l'homme et la femme se détournent définitivement l'un de l'autre, à force d'apprentissage de détestation réciproque.

Bien sûr, votre témoignage livre un fond de vérité. La muflerie de certains n'est pas à prouver et il n'y a aucune raison de prendre des pincettes pour les dénoncer. La femme que je suis n'a pas échappé à cette brutalité que vous décrivez et ne saurait vous donner entièrement tort. Dans le sillage de la publication de votre livre, 20 minutes a recueilli le témoignage de dizaines d'amantes déçues qui, comme vous, ont renoncé aux hommes après avoir souffert outre-mesure. Ne pas entendre ces cris serait faire preuve d'inhumanité. Faut-il pour autant prendre la partie pour le tout et sombrer dans cette généralisation systématique propre à ce féminisme outrancier que vous rejoignez ? Cette lecture de la relation entre les sexes ne s'embarrasse d'aucune nuance : l'«homme» est un bourreau en puissance et la femme une victime millénaire. Votre lecture du monde ignore le chagrin masculin et la terreur féminine : ils sont rayés de la carte symbolique des relations. Vous demeurez sourde à la misère sexuelle et affective qui touche l'autre sexe et qui demeure pourtant une réalité aussi factuelle que tangible, infiniment taboue.

Pourquoi l'autre sexe serait-il une altérité à laquelle il serait interdit de tendre la main ? Vous vous acharnez, sur le plan de la sexualité, contre ceux qui se mettent au service de leur propre plaisir, mais que dire de ceux qui doivent se plier au culte de la performance, terrorisés à l'idée de ne pas être à la hauteur, d'être largué comme de bouses ou rangé chez les «mauvais coups» ? La littérature houellebecquienne est pleine de ces grands garçons broyés par le marché de la séduction et de l'amour, qui sombrent dans la frustration et la solitude après avoir compris leurs limites en la matière. Que faites-vous de ceux qui tentent de faire ce qu'ils peuvent dans un monde qui les condamne avant même qu'ils aient ouvert la bouche ? De ces gentils maladroits qui donnent leur dernière chemise pour leur famille, se saignent comme ils peuvent pour la femme qu'ils aiment ? Méritent-ils tous un traitement identique pour le seul fait de naître avec une excroissance dans le pantalon ? Difficile de croire que vous n'en ayez quasiment jamais rencontré comme vous l'affirmez, en revanche il est fort probable que vous ayez choisi de les invisibiliser.

Vous choisissez d'exclure la moitié de l'humanité de votre champ des possibles au nom d'une poignée de sagouins, c'est ce que l'on appelle se servir de mauvaises expériences pour accuser la vie. Un travers que l'on schématise traditionnellement par le fait de jeter le bébé avec l'eau du bain. Au nom d'une succession de fiascos, vous vous laissez gagner par des passions tristes et le désenchantement, sombrez dans le ressentiment et l'aigreur, l'esprit de vengeance, en faîtes une véritable politique du renoncement au point d'appeler à l'instituer pour toutes. Cette absence manifeste de résilience vous fait passer d'icône libertine à représentante de mère la morale. Hier vous assumiez fièrement vos pas dans l'industrie de la pornographie, aujourd'hui vous jalousez les bonnes sœurs, non pour leur conviction dans la prière, mais pour leur renoncement aux hommes, incarnant sans vous en rendre compte, ce basculement de la bigoterie du courant conservateur au mouvement progressiste. Cette conception sécuritaire de l'amour, qui se manifeste par le refus du risque a tout à voir avec le comportement de ceux qui préfèrent renoncer à la chaleur du feu que d'effleurer la possibilité d'être brûlé une seconde fois.

Chère Ovidie, permettez-moi de faire un pari avec vous et de prendre les lecteurs à témoins : vous finirez par rompre ce contrat que vous avez signé avec vous-même. «En écrivant ce livre, il est évident que je scelle mon destin à jamais, que je signe en lettre de sang ma sortie définitive de l'hétérosexualité», jugez-vous dans les dernières pages. Que Nenni. Toute l'offensive intellectuelle du monde que vous mènerez ne saurait stériliser ce désir profond et saint qui vous a animé jusqu'ici. On ne renie pas sa nature à coups de leçons de morale envers soi-même. Si vous avez aimé un homme un jour, vous en aimerez d'autres demain, la vie est ainsi faite. Et croyez-moi, personne ne vous en voudra.
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Re: le féminisme

#12586 Message par Indécis » 30 mars 2023, 15:16

Une femme tente avec sa maîtresse de tuer son épouse
https://www.ouest-france.fr/pays-de-la- ... e726281547

Encore une tentative de féminicide !
Deux femmes ont demandé leur remise en liberté, ce mercredi 29 mars, devant la chambre de l’instruction d’Angers. Elles sont accusées de tentative d’assassinat et de complicité sur la compagne de l’une d’elles.

L’une assure avoir été manipulée pour passer à l’acte, l’autre ne reconnaît pas avoir projeté de tuer sa femme. Pourtant, les faits décrits sont d’une extrême violence.

Le soir du 25 septembre 2021, dans un pavillon, à Segré, une femme est rouée de coups avec une barre de fer. On tente ensuite de l’étrangler et on lui appuie un couteau sur la gorge, qui transperce sa peau.
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Re: le féminisme

#12587 Message par ProfGrincheux » 31 mars 2023, 15:34

Bon alors c'est une nana de 41 ans qui a été élue à la tête de la CGT. L'un des derniers bastions du patriarcat est tombé.
Ignorés: pimono, Manfred, titano.

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Re: le féminisme

#12588 Message par Indécis » 04 avr. 2023, 11:03

Sexualité, amitié, couple : comment réinventer l’intimité dans notre société patriarcale ?
https://www.lemonde.fr/podcasts/article ... 63015.html
A travers des ouvrages, des podcasts, des tribunes, des voix s’élèvent pour déconstruire les relations intimes que nous connaissons, avec, dans le viseur, la société patriarcale et la domination masculine. Comment repenser l’intimité pour lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes ? Faut-il aller jusqu’à remettre en question l’hétérosexualité ? Le chassé-croisé amoureux permet-il d’être plus heureux ? Quels autres modèles sont possibles ?

La « norme » : le couple et l’hétérosexualité

Isabelle Clair Dans tous les milieux sociaux, la « norme conjugale » est d’être à deux dans l’hétérosexualité. Dès 14-15 ans, cela apparaît même comme un idéal. Naît alors l’idée que si on est désiré par personne, c’est qu’on n’est pas désirable. Puis, plus on approche de l’âge adulte, plus cela devient un problème de ne pas avoir pu faire la preuve de ce qu’on appelle « relation amoureuse ». Avec ou sans sentiment, d’ailleurs. Le couple crée un statut social.

L’hétérosexualité s’impose aussi comme une norme, avec chacun son rôle. Les petites filles sont sexualisées très tôt, de façon conventionnelle. Elles s’exposent aux stigmates de la pute, c’est-à-dire de la fille qui prend les devants, qui transforme les garçons en objet, qui peut exprimer son désir sexuel en dehors de toute sentimentalité. Chez les garçons, la parade du couple est une façon de prouver que ce sont des vrais mecs, donc des garçons hétérosexuels qui désirent le bon objet, qui savent prendre l’initiative, puisque c’est d’eux qu’on attend qu’ils entreprennent la rencontre sexuelle et amoureuse.

Mais depuis quelques années, notamment depuis #metoo, les perceptions de ce qui passe, de ce qui ne passe plus, de ce qui est supportable, de ce qui va de soi, de ce qui ne va pas de soi… changent. Les normes qui se transmettent de génération en génération ne se transmettent plus à l’identique. Il y a des envies d’en découdre. Il y a de la politisation. Et puis il y a aussi la vie ordinaire, toutes les chansons, tous les films qu’on a vus, tout ce par quoi on a été bercé, nos propres désirs, qui sont orientés. Rompre avec tout ça demande une forme de volontarisme, une conscience qui est particulièrement difficile à développer dès 14 ou 15 ans. On est donc dans un moment où deux choses se passent. A la fois un nouveau souffle réel et en même temps, cette perpétuation dans les relations ordinaires de deux structures très ancrées, car certains groupes sociaux n’ont pas intérêt à ce que ça change.

La remise en question de l’hétérosexualité

Lauren Bastide On programme les gosses à être hétérosexuels. Je l’ai notamment vu en devenant mère moi-même. Dans la cour de récréation ou devant l’école, dès que deux enfants de 5 ans de sexe opposé jouent ensemble, il y a un réflexe conditionné – qu’on trouve chez les enseignants, mais aussi chez les parents – de dire : « Oh, ils sont amoureux tous les deux ! » Sauf que non ! Ces enfants ont 5 ans et ils font de la trottinette ! Pourquoi mettre de la sexualité dans cette amitié entre deux enfants qui sont juste en train de s’éclater ? J’ai toujours dit à mes enfants : « Voilà, si un jour t’as un amoureux ou une amoureuse… » et pour eux, ce n’était même pas une question. Mais il n’y a rien à faire : il y a toujours un moment où va leur arriver l’information que la norme sera d’être en couple. Et en couple hétérosexuel.

Je pense qu’il faut s’attarder un instant à définir ce qu’on entend par hétérosexualité. L’hétérosexualité, ce n’est pas le fait de coucher avec quelqu’un du sexe opposé, ce n’est pas le fait d’avoir du désir pour quelqu’un du sexe opposé. L’hétérosexualité, c’est un système qui envisage le destin d’un être humain, comme se trouver quelqu’un du sexe opposé, se mettre dans une petite maison, passer sa vie à faire l’amour avec cette même personne, avoir des enfants, une machine à laver en commun, etc. C’est une espèce de programmation économique, administrative, familiale. Cela crée une sorte d’agencement de la société qui va finalement permettre de mettre chaque chose à sa place. Cette façon d’agencer nos vies est en fait extrêmement récente et a évidemment une visée capitaliste.

Le choix du lesbianisme

Louise Morel On me demande souvent : « Quel est le déclic pour devenir lesbienne ? » A chaque fois, je suis un peu gênée, parce qu’il n’y a pas de déclic. Je pense que c’est plutôt un chemin et une série de prises de conscience qui s’additionnent, se cumulent, se renforcent, parfois se contredisent. Depuis quelques années, j’ai pris un peu de recul par rapport à mon histoire et je vois que j’ai vraiment été obsédée par le fait d’être en couple avec des hommes alors que j’en tirais peu de plaisir. J’ai compris qu’il y avait beaucoup de couples hétérosexuels autour de moi qui fonctionnaient mal et que tout le monde les accueillait comme si c’était la meilleure chose du monde. Quand je me retrouvais célibataire, je me posais des questions : est-ce que j’ai vraiment envie de replonger dans des rendez-vous avec des mecs où je dois avoir l’air d’être un peu moins intelligente qu’eux, où je ne dois pas parler trop vite, où je ne dois pas rire trop fort, etc. Et je me suis dit : « Ben, peut-être pas ! »

Jusqu’à quel point veut-on sauver l’hétérosexualité d’elle-même ? Inventons autre chose, faisons différemment. Quand je vois toute l’énergie que tant de femmes déploient à sauver leur couple, j’ai envie de dire : « sauvez-vous d’abord et vous sauverez votre couple après ». Mais en fait, une fois que vous serez sauvée, vous n’aurez probablement plus envie de passer cette énergie et ce temps à faire la rééducation totale de quelqu’un (votre compagnon) qui, en plus, ne se prête pas toujours de très bonne foi à l’exercice.

Les jeunes face à la sexualité

Camille Aumont Carnel Ce que je ressens beaucoup chez les jeunes, c’est d’abord un ras-le-bol. « Ça nous fait chier, tout ça. Nous, on veut juste être en lien. » Et ce lien, qu’il soit émotionnel, romantique, amoureux, sexuel, énergétique, est tout ce qui importe. Il y a aussi une vraie volonté de se sentir bien dans sa sexualité et de déconstruire complètement les discours.

Mais j’ai également senti une espèce d’angoisse chez eux. Globalement, je trouve que c’est une génération qui est très paumée. Je l’appelle la génération « cul entre deux chaises ». C’est la génération qui n’a jamais eu autant accès à des ressources et des événements, comme cette rencontre, comme les comptes Instagram. Mais c’est aussi la génération qui n’a jamais eu autant accès à la pornographie mainstream. En France, la question du regard de l’autre revient tout le temps : « Est-ce que si je fais ça, on va penser que je suis une pute ? » Ou bien : « Est-ce qu’on va penser que je suis coincée ? » La grande partie de leur énergie, les jeunes l’utilisent pour se défaire de tout ça. Ils ont du mal à cause du regard des autres, à cause de ce que dit la presse, à cause de la société patriarcale, mais en fait c’est beau à voir, parce qu’il y a une volonté d’information, de déconstruction.

Alors, comment on fait pour être en lien et que cela se passe bien au-delà du couple, du « trouple », du plan cul ? Je crois que l’éducation des enfants est LE sujet. Par exemple, les trois quarts des ados avec qui j’ai échangé ne pouvaient pas me donner la définition du consentement. Quand j’ai posé la question « avez-vous déjà vécu des violences sexuelles ? », 60 % m’ont répondu « non », 20 % m’ont répondu « oui » et 20 % m’ont répondu « je ne sais pas ». 20 % de « je ne sais pas », c’est le nombre incalculable de personnes qui se sont rendu compte, en me parlant au téléphone, qu’elles étaient victimes. Mais cette prise de conscience de toute la construction historique de la société genrée peut parfois être plus douloureuse que libératrice.

Les hommes après #metoo
Thomas Messias Je suis prof en lycée et j’ai l’impression que les filles se posent des questions, essaient de déconstruire, de remettre en cause des normes, alors que les garçons sont à la traîne. Les hommes qu’ils deviennent ne prennent pas du tout la mesure des changements sociétaux qui sont nécessaires. Et quand ils expriment un début de prise de conscience, ils disent : « Je veux que ça change, parce qu’il y a quand même ma mère et ma sœur… » Mais en dehors de leurs mères et de leurs sœurs et éventuellement de leurs filles, les autres femmes du monde n’existent pas ! Au-delà de leur tout petit périmètre, les hommes n’en ont rien à faire que les autres femmes de France et du monde puissent avoir les mêmes droits qu’eux, la même liberté.

La société, même si c’est encore trop faible, essaie d’inscrire dans la loi ou dans certains règlements d’entreprise la lutte contre les discriminations. Il faut en effet que les hommes n’aient pas le choix. Il faut nous mettre le nez face à la douleur qu’on produit, face à la violence qu’on produit, face aux vies qu’on brise. On fait tous partie du problème et on a tous besoin d’y réfléchir ensemble. Cela nous amène à repenser nos relations sentimentales au sens le plus large du terme, c’est-à-dire à l’amour mais aussi à l’amitié. Est-ce que ce ne serait pas des notions qu’on pourrait retravailler, soit en les faisant fusionner, soit au contraire en les éloignant l’une de l’autre ? Que représente ce quelqu’un avec qui j’ai envie d’être en couple, de faire foyer, de faire famille ? C’est quelqu’un qui va prendre soin de moi et pas quelqu’un avec qui je veux me mettre en couple parce que c’est ce que dit la société et qui ensuite va sans doute me faire plus de mal que de bien.
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Re: le féminisme

#12589 Message par kamoulox » 04 avr. 2023, 12:46

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Re: le féminisme

#12590 Message par Indécis » 08 avr. 2023, 08:28

Je milite donc je deviens lesbienne : "On a fait un pacte avec ma meilleure amie : devenir lesbiennes. On est super heureuses"
https://fr.style.yahoo.com/lesbienne-fe ... 18883.html
Dans les années 70, le lesbianisme politique est un courant de pensée issu du féminisme radical. Il se définit par un refus de partager des relations avec des hommes dans l’optique de combattre le patriarcat. Pour certaines femmes aujourd’hui, il est question de sortir de schémas toxiques et de se donner l’opportunité de vivre des histoires d’amour équilibrées. C’est ces histoires que nous allons raconter.

Cécile a 22 ans. Il y a un an, elle a décidé avec sa meilleure amie de devenir lesbienne politique : "On l’a fait ensemble. Au départ, il y a un traumatisme. Ma meilleure amie a été victime de stealthing, c’est à dire qu’un mec qu’elle avait rencontré via une appli a enlevé la capote pendant le rapport sexuel sans la prévenir et sans son consentement. C’est légalement considéré comme un viol. Après ça, elle a passé quelques semaines chez moi. On a énormément parlé et c’est là qu’elle m’a dit qu’elle pensait qu’elle ne serait plus capable d’avoir de relation avec un homme. Moi, j’avais déjà entendu parler de lesbianisme politique donc je lui ai dit que j’y avais pensé aussi, ce qui est vrai. Et c’est là qu’on a fait comme un pacte."

Ce soir là, les deux jeunes femmes s’embrassent : "On avait un peu bu et on l’a fait pour sceller le pacte, un peu comme des gamines ou des filles qui s’amusent à essayer des trucs en soirée. C’était super bien mais ça n’a rien réveillé chez elle ou moi. Je la considère comme ma soeur. C’était bien de le tenter mais ça ne s’est pas fait comme ça, on allait devenir lesbiennes mais pas ensemble. C’est après ça, qu’on s’est inscrites toutes les deux sur une application où on a précisé qu’on cherchait des femmes."

Cécile est déconcertée du manque d’enthousiasme des femmes avec qui elle matche : "Quand je commençais à raconter qui j’étais et ma démarche, pas mal de vraies lesbiennes me disaient qu’elles ne voulaient pas servir de test ou d’expérience. Je comprends ça, mais je n’ai jamais pu les convaincre que ma démarche était authentique. C’est une femme bisexuelle que j’ai rencontrée pour ma première fois. Elle était plus ouverte que les autres et habituée aux remarques désagréables. Elle m’a tout de suite rassurée. Même elle, qui voyait principalement des femmes depuis une dizaine d’années, n’était pas considérée comme légitime partout."

En parallèle, Cécile passe des soirées à débriefer avec sa meilleure amie : "On avait les mêmes galères mais elle s’est mise à voir une collègue dont elle savait qu’elle aimait les femmes. Le courant est bien passé entre elles et elles ont commencé à se fréquenter vraiment. Petit à petit, ça s’est transformé en histoire d’amour. Ça a été le feuilleton de notre été. Les voir commencer à s’aimer, c’était super mignon. Ça se passe encore très bien entre elles. De mon côté, ça a été un peu moins facile."

La jeune femme réussit à organiser plusieurs rencontres via des applications : "Je n’ai pas lâché l’affaire. Une fois ma première fois passée, je ne me sentais pas obligée de raconter que je n’avais pas beaucoup d’expérience. J’étais plus en confiance. La troisième personne que j’ai rencontrée me plaisait beaucoup plus que les autres virtuellement donc j’avais très envie que ça se passe bien en vrai. Je lui ai sorti le grand jeu avec restaurant et tout. On a passé la soirée ensemble et la nuit. C’est le lendemain matin que je lui ai raconté un peu plus mon histoire et ma décision. Elle a jugé que c’était hyper courageux et elle s’est montrée très admirative. Ça a fini de me convaincre que cette fille était différente."

Toutes les deux en couples, les deux amies se retrouvent encore régulièrement pour s’échanger des nouvelles : "On se voit un petit peu moins souvent mais on essaye de se retrouver au moins une fois toutes les deux semaines. On se raconte l’évolution de nos histoires mais aussi nos projets. Je sais qu’elle parle de plus en plus d’envie de bébé. Moi, je n’y pense pas encore mais je sais déjà qu’au prochain Noël, ma copine va rencontrer mes parents. C’est une grosse étape qui va s’accompagner d’un coming-out. Je ne me fais pas de souci sur la réaction de ma famille, ils sont plutôt ouverts d’esprit, mais j’espère que tout le monde va bien s’entendre. Ma copine est parfaite, ça devrait le faire. On s’est dit récemment avec ma meilleure amie qu’on avait jamais regretté notre décision, notre pacte de gamines. On est mille fois plus heureuses maintenant."
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Re: le féminisme

#12591 Message par henda » 09 avr. 2023, 17:30


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#12592 Message par henda » 13 avr. 2023, 07:02


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#12593 Message par pangloss » 13 avr. 2023, 08:45

modéré suite à alerte
manque de contextualisation ?
«C'est quand un moustique se pose sur vos testicules qu'on réalise que la violence ne résout rien."
Socrate

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Re: le féminisme

#12594 Message par kamoulox » 14 avr. 2023, 08:02

Modifié en dernier par kamoulox le 14 avr. 2023, 09:44, modifié 1 fois.

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Re: le féminisme

#12595 Message par WolfgangK » 14 avr. 2023, 08:06

https://www.lexpress.fr/societe/creches ... BEXULNMXU/
Crèches privées, les dessous d'un succès controversé : "C’est le même principe qu’à l’Ehpad"
People & Baby, Babilou, La Maison Bleue... Alors que 20 % des places en crèche sont détenues par des groupes privés, certaines de leurs méthodes posent question. Enquête.
https://www.lemonde.fr/societe/article/ ... _3224.html
La mort d’un bébé libère la parole de parents et professionnels sur des maltraitances dans les crèches People & Baby

Le 22 juin à Lyon, une fillette de 11 mois a été forcée à ingérer de la soude caustique par une professionnelle excédée. Les témoignages de maltraitances se multiplient depuis et des plaintes ont été déposées dans le Nord.
Faut pas s'étonner que des mères préfèrent s'occuper elles-mêmes de leurs gamins tant que ceux-ci sont trop jeunes pour parler et dénoncer d'éventuelsmauvais traitements :( .
L'islamophobie n'est pas plus du racisme que l'antisionisme n'est de l'antisémitisme.
Que les racistes soient islamophobes n'implique pas que les islamophobes soient racistes.

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Re: le féminisme

#12596 Message par PACA » 14 avr. 2023, 08:45

Indécis a écrit :
08 avr. 2023, 08:28
Je milite donc je deviens lesbienne : "On a fait un pacte avec ma meilleure amie : devenir lesbiennes. On est super heureuses"
https://fr.style.yahoo.com/lesbienne-fe ... 18883.html
Autre facteur : quand on a un appétit sexuel permanent 24/24 il est difficile de trouver un homme qui puisse suivre il est préférable que les femmes restent entre elles pour avoir une sexualité épanouie. Les godes comme les langues sont inusables.
Pour du 24/24 la masturbation est aussi très adaptée, on est jamais aussi bien servi que par soi même.

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sawaï
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Re: le féminisme

#12597 Message par sawaï » 14 avr. 2023, 11:52

WolfgangK a écrit :
14 avr. 2023, 08:06
https://www.lexpress.fr/societe/creches ... BEXULNMXU/
Crèches privées, les dessous d'un succès controversé : "C’est le même principe qu’à l’Ehpad"
People & Baby, Babilou, La Maison Bleue... Alors que 20 % des places en crèche sont détenues par des groupes privés, certaines de leurs méthodes posent question. Enquête.
https://www.lemonde.fr/societe/article/ ... _3224.html
La mort d’un bébé libère la parole de parents et professionnels sur des maltraitances dans les crèches People & Baby

Le 22 juin à Lyon, une fillette de 11 mois a été forcée à ingérer de la soude caustique par une professionnelle excédée. Les témoignages de maltraitances se multiplient depuis et des plaintes ont été déposées dans le Nord.
Faut pas s'étonner que des mères préfèrent s'occuper elles-mêmes de leurs gamins tant que ceux-ci sont trop jeunes pour parler et dénoncer d'éventuelsmauvais traitements :( .
et les pères ?
On verra.

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Sifar
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Re: le féminisme

#12598 Message par Sifar » 14 avr. 2023, 13:11

Il y avait une c.onnerie à dire, il a fallu que quelqu'un la dise.
Cahin-caha, l'humanité se traîne et trébuche jusqu'au jour suivant.

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Re: le féminisme

#12599 Message par lisa » 14 avr. 2023, 13:14

sawaï a écrit :
14 avr. 2023, 11:52
WolfgangK a écrit :
14 avr. 2023, 08:06
https://www.lexpress.fr/societe/creches ... BEXULNMXU/
Crèches privées, les dessous d'un succès controversé : "C’est le même principe qu’à l’Ehpad"
People & Baby, Babilou, La Maison Bleue... Alors que 20 % des places en crèche sont détenues par des groupes privés, certaines de leurs méthodes posent question. Enquête.
https://www.lemonde.fr/societe/article/ ... _3224.html
La mort d’un bébé libère la parole de parents et professionnels sur des maltraitances dans les crèches People & Baby

Le 22 juin à Lyon, une fillette de 11 mois a été forcée à ingérer de la soude caustique par une professionnelle excédée. Les témoignages de maltraitances se multiplient depuis et des plaintes ont été déposées dans le Nord.
Faut pas s'étonner que des mères préfèrent s'occuper elles-mêmes de leurs gamins tant que ceux-ci sont trop jeunes pour parler et dénoncer d'éventuelsmauvais traitements :( .
et les pères ?
Oui
J'avoue trouver assez glauque de poster ce type de fait divers tragique dans le fil " le féminisme". Il y a beaucoup de gens qui n'ont pas le choix.
A regrouper plutôt avec le scandale des Ehpad.

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Re: le féminisme

#12600 Message par nanne02 » 14 avr. 2023, 13:45

Et les IME ça doit pas être joli joli non plus.

C est bizarre on a du mal a recruter dans les métiers du Care, au smic, avec des horaires compliqués, des conditions de travail fatigantes et qui vont en s empirant du fait du manque d effectifs, des responsabilités...

C est pourtant là que les besoins vont être immenses dans les décennies qui viennent.