benpourkoi a écrit : ↑23 nov. 2023, 11:27
Ça dépend du tableau clinique.... et surtout de l'évolution clinique et/ou bio entre ces 4 consultations. il est bien
évident qu'en 4 eme ligne, la prise en charge n'est pas la même. Cela ne veut pas dire que le 4eme médecin est plus compétent que le premier.
ça vous semble évident car vous êtes médecin et que c'est votre manière classique de faire.
Et la manière classique de faire c'est de pas passer de temps à diagnostiquer (vu que ça ne rémunère pas, vous le dites vous même sur cette page) mais prescrire quelque chose qui sera financé rubis sur l'ongle par la sécu, que ça soit bon ou pas, à la fois la consultation (obligation de moyen pas de résultat, il ne sera donc pas demandé au praticien de rendre l'argent si il y a échec de diagnostique même si il a fait une erreur grossière) et les actes / examens. Vous tentez le diagnostique le plus probable, non pas pour le patient, mais pour l'ensemble de votre patientèle qui aurait les mêmes symptômes administrativement enregistrables, parce qu'il est aussi possible de devoir vous justifier à un moment auprès des administratifs. Et si ça marche, pas on tente le deuxième plus probable, puis le troisième... Donc le gars qui a un truc très rare, et qui -ah le ***censuré*** c'est sa faute- n'habite pas dans une zone où les gens ont ce type de maladie quand ce type de maladie est concentrée (par exemple maladie professionnelle (exposition à quelque chose), liée à une ethnie, à une zone géographique donnée (exposition antérieure à quelque chose)...) et où elle peut donc être encore plus rare, il pourra attendre longtemps. Ca fait toujours plaisir de savoir que dans le système médical "à la française", non seulement le secret médical est entre toi et tout le cabinet (incluant la salle d'attente donc), mais le rapport entre la maladie et toi ne met pas seulement en interface le médecin, mais aussi le reste de la population, sur la base de laquelle tu vas être évalué si il est crédible que tu aies la maladie, vous savez un peu comme ces femmes américaines qui ont des cancers du sein très jeune à qui les assurances disent qu'on n'a pas de cancer de sein si jeune et que donc on ne va pas payer.
Sauf que cette manière de faire ne respecte pas le serment. "En premier ne pas nuire", il faut en particulier d'abord bien diagnostiquer la chose, et ne pas filer un traitement à quelqu'un qui n'aurait potentiellement aucun bénéfice pour lui (vu que pas la bonne maladie), mais des effets négatifs (ceux du traitement en lui même, voire potentiellement aggraver la maladie initiale) ce qui revient à lui nuire. Donc la manière scientifique et déontologique de faire, c'est d'établir la liste de toutes les maladies possibles traitables qui correspondent à ces symptômes, et ensuite par une technique d'analyse critique d'écarter celles qui ne conviennent pas, en essayant en particulier de voir les différences observables entre ces maladies (avec des examens par exemple) et une fois qu'on arrive à réduire à un pool de maladies qui ont des traitement similaire, le mettre en place. Et si on n'arrive à rien, déclencher du palliatif ou autre.
Sauf que qui décide au final ? L'administratif. Et lui il fait le calcul risque bénéfice au niveau financier. Comme ces voitures où il y a un problème de sécurité, et on regarde combien ça coûte d'indemniser les familles des victimes * probabilité d'accident, par rapport au coût d'un rappel unitaire * le nombre de véhicules. Et si le premier est inférieur au second, on est tenté de ne pas faire le rappel. Hé bien là on regarde le coût que ça aurait de consacrer plus de fric au diagnostique (dans l'hypothèse où on paye les médecins pour) pour tout le monde, et on compare à ce que ça ferait économiser en traitement inutiles, et paf pas rentable. Et on se dit que les médecins étant ce qu'ils sont, si on ne paye pas le diagnostique "différentiel approfondi", ils ne le feront pas et feront ce qui coûte moins cher du point de vue administratif sans même broncher, alors que c'est eux le tiers censé défendre l'intérêt individuel du patient, comme dans le cas des véhicules il y a les procureurs et juges des tribunaux. C'est d'ailleurs ce qu'on a observé pour la covid, ils suivent le sens de l'argent, si la remontée des effets secondaires vaccinaux n'est pas rémunérée ils ne vont pas avoir envie de le faire, si en revanche ils sont payés grassement pour injecter un produit expérimental, ils vont le passer sous silence et le faire. Historiquement, approbation et l'enthousiasme d'une campagne vaccinale par les médecins a TOUJOURS été liée à combien ils pouvaient en retirer, et pas à ce que leurs patients pouvaient en retirer, si c'est bon pour les patients en moyenne mais pas pour eux, vont pas se bousculer, si c'est bon pour eux et pas pour les patients, ils vont adhérer.
"Le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable" - J.M. Keynes, 1936