Je me suis souvent demandé quel effet ca pouvait lui faire, à l’escargot…
Il est à nouveau temps de faire le point trimestriel sur la bulle immobilière, en tentant de ne pas céder au début d’euphorie qu’a déclenché la publication du chiffre F NAIM du mois
I) Situation : des chiffres de plus en plus maussades, mais sans confirmation « officielle »I-1) Des prix qui n’ont pas connu le sursaut printanier habituel I-1-a) Des indices instantanés qui se retournent à la baisse=> Les volumes en baisse
Le crédit immobilier a significativement chuté par rapport à la même période de l’an dernier, avec une diminution de 6 à 7% sur le premier trimestre, laissant augurer une baisse des ventes … ou des prix. [1]. Cette baisse est significative, mais, pour l’heure pas désastreuse.
=> La baisse des prix, le village d’Asterix (opus I) et le crépuscule des Dieux.
Le début d’année a été marqué par une cascade de nouvelles moroses pour l’immobilier : les indices instantanés de la F NAIM et de P** marquent le pas en ce printemps qui aurait du marquer un retour des affaires. Si la belle saison a, comme prévu, redonné quelques couleurs éphémères aux vendeurs, elle n’est pas marquée cette année par l’habituel sursaut des prix constaté en 2006 et 2007.
Pour entrer dans le détail, les éléments à notre disposition dépeignent (P**, F NAIM, immonot sel0ger), en ce beau mois de Juin, une France dans laquelle les prix de l’immobilier ont entamé une baisse. Cette baisse est plus ou moins franche selon les indices : l’indice P** continue au même niveau depuis maintenant 2 ans, mais la baisse est franche pour la FNA** ; immonot anticipant pour sa part une relance de l’activité par la baisse des prix [2] Le retournement est dépeint comme plutôt progressif, sauf pour la FNA**, l’indice concernant les maisons affichant un impressionant –3.3% au mois de Juin pour les maison. Ce dernier chiffre étant, pour l’heure, le seul à être du type « krash », nous ne le commenterons pas plus avant, sauf pour remarquer que c’est le premier du genre.
Le retournement semble, pour l’instant, épargner un lieu qui résiste encore et toujours à la baisse des prix : Paris intra muros. Ce printemps semble néanmoins marquer le crépuscule de la région IdF : en effet, le dernier indice provisoire des notaires, pour le mois de février (soit novembre terrain), dépeint une région globalement en baisse, ou seul Paris continue à voir ses prix augmenter, sur un rythme cependant nettement ralentit : légèrement supérieure à 5% en annualisé, soit la moitié du rythme constaté 2 mois plus tot [3].
I-1-b) Des chiffres des notaires qui se maintiennent pour l’heure, toujours à la hausse (le village d’Asterix, opus II)Toute la gaule est désormais conquise par l’empire baissier, y compris les professionnels, qui semblent compter sur un recul des prix pour relancer les affaires …
toute la gaule ?
Non, car un village résiste encore et toujours face à l’envahisseur : le village des notaires qui, pour l’heure, n’a pas confirmé le début de recul des prix.
Cet indice étant un indice « de référence », censé détenir la vérité, certes décalée, des prix, il est indispensable de nous y attarder.
Jusqu’au trimestre dernier, nous attribuions ce décalage entre les indices notaires/INSEE d’une part, et P**/FNA** d’autre part, à un simple décalage temporel. A partir de ce décalage, nous anticipions un début de baisse dans l’indice notarial. C’est donc contre toute attente que les notaires ont annoncé, début Avril, un net sursaut des prix qu’aucun indice avancé n’avait permis de prévoir [11].
Cette dissonance est d’autant plus surprenante que ce chiffre du T4 notaires apparaît, non seulement isolé dans la hausse face aux autres chiffres disponibles sur le marché, mais que l’indice provisoire des notaires IDF pour le mois de février semble, lui aussi, se rallier à se début de baisse et se rapproche ainsi des constatations FNA**/P**.
Faute de mieux, l’auteur de ces lignes tend à considérer ce chiffre haussier des notaires pour le T4 comme entaché d’un artefact. Sans explication définitive à ce sujet, on peut tout juste hasarder une hypothèse raisonnable selon laquelle ce décalage du chiffre des notaires viendrait d’une évolution importante dans la répartition du type de bien vendu : on sait en effet que le marché résiste beaucoup mieux sur les petites surfaces ; on peut supposer que si la proportion de ces dernières augmente fortement, ou que les surfaces plus importantes cessent de se vendre, les prix moyens en seraient affectés à la hausse.
On peut aussi imaginer que le décalage temporel entre les chiffres notaires et les chiffres terrain soit différent que ce qui est traditionnellement estimé (un trimestre environ entre le « terrain » et les date « notaires »).
Ceci n’est qu’une hypothèse, mais ce sont les seules que j’ai dégagée, je vous les livre donc pour ce qu’elles valent.
I-2) Neuf au bord de la crise de nerf.L’annonce récente d’un effondrement du neuf [4] a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel serein jusqu’ici occupé par le « wishful thinking » de l’atterissage en douceur.
Cette nouvelle doit tout d’abord être relativisée car, si les stocks apparaissent importants, seul une faible partie de ce chiffre, environ 2600, correspondrait à des programmes déjà terminés, le reste n’étant qu’en cours de construction. Pour autant, cette situation du neuf, aboutissement d’une dégradation progressive sur ces deux dernières années, est d’autant plus préoccupante que les stocks sont désormais historiquement haut.
Il est patent que la profession cherche désormais à ralentir la construction pour adapter l’offre [4], mais il est évident que, dans ces conditions, certaines entreprises du secteur vont commencer à « avoir faim » et seront tentées de vendre leurs avoirs (logements, mais aussi foncier) à prix réduits.
Surtout, les Robiens, dénoncés ici même ; et depuis longtemps, comme des bombes à retardement, commencent désormais à faire l’objet d’un début de panique dans le grand public, suite à la diffusion du reportage de France 2. Le recul, désormais probablement inéluctable, des Robiens devrait finir, à moyen terme, d’achever le marché de la promotion neuve dont il représentait la moitié des volumes.
I-3) Des professionnels qui ont un vague à l’âme de plus en plus évident et qui appuient à la baisse.De nombreux professionnels communiquent désormais ouvertement à la baisse, certains n’hésitant pas à tabler sur celle-ci pour faire repartir les volumes [2]. Ce discours n’est pas réellement une nouveauté, car il est apparu il y a déjà plusieurs mois, mais il est désormais repris d’une manière de plus en plus insistante par les médias.
On doit s’interroger sur cette communication : si la baisse est très nette sur le nombre de ventes, le début de baisse des prix, réel et attesté par les différents indices, ne justifie pas une communication aussi ouvertement catastrophiste. On doit se demander si en réalité, les professionnels, inquiétés par le début de blocage des volumes français, qu’ils subissent et évaluent en direct, et par les désastres Espagnols et Américains, n’ont pas choisis délibérément de « sur jouer » une baisse des prix qui est, dans les faits, tout juste entamée..
On perçoit ici les intérêts divergents entre, d’une part, les professionnels qui ont avant tout intérêt à maintenir les volumes de transactions, et les vendeurs particuliers qui souhaitent maintenir le prix de LEUR bien.
[1] baisse de 6% des crédits :
http://www.lexpansion.com/patrimoine/im ... 53513.html[2] Site immonot
http://www.immonot.com/tendance-marche- ... taire.html [3]
http://www.paris.notaires.fr/UPLOAD/fil ... er2008.pdf [4] recul de 27% des ventes de neuf
http://www.lesechos.fr/patrimoine/immob ... 268245.htm[5] déclaration de B BERNANKE et JC TRICHET
http://www.lesechos.fr/info/inter/afp_00064336.htm et
http://www.boursier.com/vals/ALL/europe ... 287374.htm[6]
http://www.housepricecrash.co.uk/index.php[7]
http://www.usinenouvelle.com/article/le ... ril.137504[8] indice shiller
http://www2.standardandpoors.com/spf/pd ... 052703.pdf[9] Crise financière, l’aveu d’impuissance de la FED, Article de Alain Joannès pour le Télégramme.
http://www.letelegramme.com/gratuit/gen ... 259793.php[10] Penser l’impensable, article de Nicolas Barré du Figaro 14/03/2008 :
http://www.lefigaro.fr/debats/2008/03/1 ... nsable.php[11]
http://www.indices.insee.fr/bsweb/servl ... 1000000000