Chers amis,
Faisant suite à la publication de la FNA** indiquant une baisse des prix de 1,1% en Août 2006, je rappelle qu'
un indice des prix n'est pas un prix moyen.
En effet,
les données font toujours l'objet d'un
redressement statistique.
En statistiques, il est assez courant d'expurger les données trop basses et trop élevées.
Mais qui se charge de juger du sérieux d'un prix ? Est-ce le statisticien ou l'acheteur sachant négocier ? En Allemagne, le krach immobilier n'a jamais été mis en évidence clairement dans les études de marché des professionnels. En effet, les prix proches de zéro ne soient pas pris en compte dans les études allemandes et sont expurgés. Pourtant, avec l'Internet, on connait les vrais prix de l'immobilier en Allemagne.
En France, il est possible que des prix de vente négociés à
-30%, à
-40% et à
-50% (rapportées sur notre forum) ne soient pas pris en compte dans le calcul de l'indice de prix. De telles
baisses de prix, désormais courantes, font (peut-être) l'objet d'un redressement statistique.
Ne connaissant ni les volumes réels, ni la structure de redressement, il est préférable de considérer les informations du terrain. Des données filtrent sur notre site (témoignages) et dans la presse (par exemple, les
Dernières Nouvelles d'Alsace).
Quand les transactions chutent d'environ 50% dans certaines villes, la baisse des prix est certainement très forte. En tout cas plus forte que l'indice filtré des prix, qui s'établit à 1,1% de baisse.
Durant un krach boursier, les prix des actions baissent immédiatement. Chaque jour, on peut mesurer la baisse des prix. Contrairement à l'idée reçue, un krach immobilier est tout aussi rapide qu'un krach boursier : il suffit de quelques mois. Pourtant, dans le cas de l'immobilier, il devient difficile de fournir des statistiques ... car les biens immobiliers sont invendus. On ne peut donc pas fournir de prix ... et sans prix ... pas de statistiques fiables.
Un exemple (fictif) :
* Monsieur Durant détient 200.000¤ d'actions. Un krach survient. Six mois plus tard, le prix des actions a baissé de 50%. Il reste 100.000¤ à Monsieur Durant. Bien que Monsieur Durant détienne toujours ses actions, le prix estimé est assez exact. Le marché reste fluide et Monsieur Durant peut vendre ses actions.
* Monsieur Dupont met en vente un appartement (un nanar) à 200.000¤. Un krach immobilier survient. Il baisse les prix progressivement de 50%. Un an plus tard, l'appartement n'est toujours pas vendu. Le problème, c'est qu'il a déjà acheté un autre appartement et est en prêt relais. La valeur de mise en vente est de 100.000¤, mais le prix réel est inconnu. Tant que la vente n'est pas enregistrée, l'indice des prix est toujours stable ...
Un krach immobilier est toujours très violent.
A la différence d'un krach boursier, un krach immobilier est discret (dans les statistiques).
Cordialement,
Jean-Michel