Vincent92 a écrit : ↑11 déc. 2024, 01:34
Vu qu’elle parlait sur 5 ans, 400x12x5=24000€.
Par ailleurs, tout le monde n’est pas la possibilité de payer 150€/mois de logement. Tout dépend où sont les études.
Il n’y a évidement rien d’autres que les courses courantes et le logement ici. Jamais aucun plaisir, pas d’achat d’habit/de PC/téléphone/vacance/etc.
C’est particulier.
Là je ne suis pas d’accord.
Je me suis toujours considéré chanceux de pouvoir étudier à temps plein sans avoir à travailler à côté. Ça c’est un choix qui m’a été permis par l’État Français. Mon pater n’a pas eu cette chance et bien que clairement doué il n’a pas pu faire d’études. Il a commencé une prépa maths en 1971 (après un bac C mention bien), qu’il a dû arrêter en plein milieu pour aller travailler et gagner de quoi vivre, ses parents ne suivant pas. Il leur en a beaucoup voulu et a reporté ses espoirs sur ses fils, et on a pas été mauvais

J’ai tendance à penser que malgré une vie spartiate j’étais nanti de pouvoir me consacrer uniquement à mes études.
Je n’aurais pas fait d’études dans une ville chère, mes parents n’avaient pas d’argent (et une maison à payer), idem pour mon frangin (il a fait navale, à Brest (logé), puis une école mais il a pu loger chez mon oncle).
On a fait des études gratuites et avec le recul les meilleures études sont gratuites en France. En tout cas celles qui donnent accès aux meilleurs jobs. Et en réalité celles qui recrutent les gens sur leur intelligence et pas sur leur pognon. Mon école est sur la fac mais on y rentre sur concours, et le concours est sélectif. C’est pas une question d’argent (l’inscription au concours coûtait 45€ à mon époque, gratuit pour les boursiers).
Les gamins des pauvres ne sont pas plus bêtes que ceux des riches.
Ça me rappelle Noël 2008. Avec madame on avait pas une thune on est parti acheter des pâtes, un paquet de lardons et deux oignons. Et dans le supermarché on voyait les caddies des gens (tout le monde sauf nous) plein de viandes et de saumon fumé, et autres denrées de luxe. On s’est senti tellement misérables sur le moment... Je l’ai vécu comme une humiliation, nous on avait pas droit au bonheur.
Autant vous dire que je me suis vraiment senti riche le jour où j’ai pu faire mes courses sans regarder les prix.
C’est des petites choses, mais ça peut marquer quelqu’un. Ce moment là nous avait marqué.
Je pense que ma mentalité et mon rapport biaisé à l’argent viennent de cette période. Aussi mon père est mort assez jeune et n’a jamais profité de la vie. Il a eu une vie dure, bien plus dure que les nôtres, à mon frère et moi. Il avait des démons enracinés dans son être, et pourtant c’était un soleil. Il nous a donné tout l’amour du monde, toute l’estime qu’un père peut donner à ses fils. Il aurait décroché la lune pour nous. Papa je t’aime, tu me manques.
Je veux profiter de mon pognon tant que je suis en vie. Je n’ai jamais considéré que je dépensais trop, mais toujours que je ne gagnais pas assez.
Au début ça m’a donné une ne énergie folle et j’ai travaillé énormément. Ça m’a permis de gagner correctement ma vie rapidement. Maintenant je ne suis plus prêt à faire les mêmes efforts, mais j’ai de l’expérience et du recul, ce qui me rend tout aussi efficace avec un effort moindre.
Si tout va bien j’ai mangé mon pain noir et la suite sera épanouissante.
J’aimerais être à la hauteur de ce que mes parents m’ont légué. Ils ont fait en sorte que l’on soit heureux. Je veux faire en sorte que mes enfants soient heureux à leur tour.
Au final je suis un peu dur avec Ardoise, mais je pense que son point de vue est tordu de par ses moyens très élevés.
Un gamin qui a faim et qui veut faire des études les fera avec un soutien minimal (il faut un soutien, mais pas 180k€). Pour ce qui est du prix nécessité fait loi. Je connais un mec Qui a eu sciences po Paris (il les a toutes passées et toutes eu) mais a fait Sciences po Rennes pour une question de moyens. Il est directeur de CAF aujourd’hui.
De la même manière au départ j’étais un peu complexé par rapport aux hauts potentiels de RP (les mecs qui font H4, de grandes écoles) et au final en travaillant avec ces gens je me suis vite rendu compte que les provinciaux n’avaient pas à rougir de leur niveau.