Les oeillères : règne de La rente foncière.

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Les oeillères : règne de La rente foncière.

#1 Message par BulleDog » 23 mars 2007, 19:22

Les oeillères ou le règne de La rente foncière.
Quand on laisse le libérlisme faire, il ne gère pas un marché pour le bien de la communauté mais pour maximiser les rendements fonciers.
Comment a-t-on pu croire que laisser le marché faire aurait pu conduire à autre chose que la situation actuelle ?
http://www.alternatives-economiques.fr/ ... lisme.html
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=696
la rente foncière engendrée par l’urbanisation et les effets d’agglomération est, de très loin, la plus importante de toutes les rentes. En France, elle renchérit de quelques centaines de milliards chaque année le prix du foncier bâti ou bâtissable. Et cela sans que les propriétaires du sol aient fait quoi que ce soit pour mériter cet enrichissement qui tombe du ciel. Cette rente, tirant vers le haut les prix du foncier, provoque aussi la hausse du prix du logement, des loyers, des fonds de commerce et de tout ce qui se vend dans les boutiques, car elles l’incorporent à leurs prix. Si bien que la rente foncière, non contente de contribuer à expulser les locataires à faibles revenus vers les banlieues éloignées, finit par être payée par tous les consommateurs.
Les mécanismes de marché ne sont pas toujours les plus adaptés pour résoudre un problème. Pour les libéraux, le reconnaître s’apparente à une abjuration.
Modifié en dernier par BulleDog le 23 févr. 2008, 12:22, modifié 4 fois.
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#2 Message par capuchon » 23 mars 2007, 22:35

J'aurais bien voulu savoir ce que cette personne aurait proposé comme alternative économique pour contrer la hausse des prix de l'immobilier? Cet article n'apporte rien... toujours le même refrain sur les méchants "libéraux".
Modifié en dernier par capuchon le 23 mars 2007, 22:38, modifié 1 fois.
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#3 Message par GOLD » 23 mars 2007, 22:46

Du temps de la guerre froide, les Etats tiraient les ficelles tout seuls, maintenant, les Etats partagent leur ficelles avec les banques : c'est ca le "liberalisme" (rien a voir avec la liberté)

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#4 Message par Mouna » 23 mars 2007, 22:59

Un extrait de discours de Rocard ( pour une fois à peu près compréhensible ;-) que j'ai trouvé hier soir dans l'excellent quotidien suisse Le Temps


«L'Europe politique est morte»

(...) Dans les drames du monde actuel, il n'y a pas que les droits de l'homme, les guerres, les horreurs et le Darfour. Il y a aussi une transformation du capitalisme mondial.

De 1945 à 1975, dans tous les pays développés, nous étions en croissance économique rapide de l'ordre de 5% par an. Nous ne connaissions pas de crises financières systémiques. Et, surtout, il y avait le plein emploi. Cela s'explique largement par la baisse régulière de la durée du travail.

Ce capitalisme-là vivait sur des régulations qui avaient été inspirées par les drames d'avant, la crise de 1929 ou la guerre, et ces régulations étaient stabilisatrices.

La première, c'est l'existence d'un gros système de sécurité sociale.

La deuxième, c'était la politique de Keynes qui avait enseigné comment utiliser les pouvoirs monétaires et budgétaires pour contrebalancer les oscillations du système.

Le troisième régulateur, le plus fort, a été inventé par Henry Ford pour sortir de la crise mondiale dans les années 1932-1933: «Je paie mes salariés pour qu'ils m'achètent mes voitures.» Cela voulait dire: il n'y aura de consommation de nos produits - que le génie du capitalisme nous permet de fabriquer en masse - que s'il y a consommation de masse. Cela dure trente ans. C'est durant ces trente ans que l'Europe s'est créée.

Et puis tout a craqué. On a changé de capitalisme.

L'équilibre du système du plein emploi et de la régulation forte, c'était: l'actionnaire est mal rémunéré, on en donne plus à la main-d'œuvre pour qu'elle continue à acheter.

On parlait beaucoup de conscience professionnelle et d'esprit d'entreprise. Tout cela a valsé maintenant puisque les entreprises n'ont plus aucune identité: elles sont à vendre, elles changent de nom tout le temps, c'est des actifs en Bourse exclusivement.

Ce qui s'est passé, c'est qu'en vingt ou trente ans les actionnaires se sont regroupés. Cela s'appelle fonds de pension, les plus omniprésents, fonds d'investissement, les plus brutaux, ou fonds d'arbitrage, «hedge funds», les plus mal vus mais pas les plus dangereux. Tout cela a exercé une énorme pression pour extraire du dividende, de la rémunération.

Dans la France de 2005, si on avait réparti le fruit de la richesse qu'on a été capable de produire cette année-là comme on l'avait réparti en 1981, nous aurions eu 150 milliards d'euros de plus de salaires et de prestations sociales, donc de consommation. Ce qui aurait voulu dire probablement deux points de plus de croissance et un million d'emplois de plus.

C'est partout comme cela. Le même mouvement s'observe aux Etats-Unis, et on a déjà des éléments statistiques qui nous le font observer dans les pays de l'Est à peine arrivés dans le capitalisme.

Le résultat, c'est qu'il n'y a plus assez de pouvoir d'achat, la croissance est devenue molle, et nous avons dans tous nos pays une somme d'environ 20% de la population qui est marginalisée sous diverses formes, les chômeurs, les travailleurs précaires et puis les pauvres qui sont déconnectés du marché du travail.

De 1945 à 1990, on a zéro crise financière internationale.

Depuis, on a eu trois crises latino-américaines.

L'immense crise de la e-economie en 2001; la grande crise financière de 1992 où la livre sterling, la peseta espagnole et la lire italienne giclaient en dehors du système monétaire européen. Et la plus tragique parce que la plus profonde, la crise asiatique de 1997.

Chacune de ces crises fait mal à 15 pays et a tendance à être plus grave que la précédente. Nous sommes dans un système qui met les gens dans une situation d'insécurité dont ils ne veulent plus.

Le pronostic, c'est qu'on va dans le mur et que toutes les tendances se détériorent: la précarisation du travail et l'instabilité ne cessent d'augmenter.

On parle en ce moment sous la menace d'une crise de l'immobilier américain. Or, aux Etats-Unis, le financement de l'expansion se fait largement à crédit. Pour tenir, il leur faut emprunter 2 milliards de dollars par jour. S'il y a un effondrement des prix de l'immobilier, c'est toute la consommation qui s'effondre.

Ensuite, la dette extérieure américaine, 1000 milliards de dollars, est non soutenable, non remboursable. Cela commence à poser un problème à tous les prêteurs de continuer à alimenter ce trou sans fond.

C'est complètement terrifiant parce que cela peut nous conduire à une récession mondiale façon 1929.

Avec une économie intégrée, l'Europe a la taille pour se protéger. L'euro est un abri antisismique contre les secousses financières tellement il est puissant. L'euro aura un rôle décisif, ne serait-ce qu'en étant l'instrument de refuge des monnaies qui voudraient fuir les placements en dollars.

La régulation peut renaître en Europe. La communauté économique et scientifique sort de son engouement pour les thèses de l'optimalité du marché de Milton Friedman. Elle découvre que cela ne marche pas.

Ce qui me rend optimisme, c'est que cela fait une douzaine d'années que le jury du Prix Nobel d'économie a cessé de couronner des ultralibéraux, des monétaristes, des bricoleurs de statistiques géniaux.

Avec Amartya Sen, c'est le retournement. C'est le décortiqueur des injustices effrayantes d'un système qui aggrave les inégalités partout et maintient la pauvreté dans tout le tiers-monde.

Sur le front de la science économique, les travaux de recherche créateurs d'une meilleure régulation possible sont engagés. Il y a moins d'un mois s'est créé à Paris un équivalent de la London School of Economics. C'est une école à dominante de pensée régulatrice.

Je suis heureux et enthousiaste que le travail scientifique de définition d'une nouvelle régulation s'amorce. L'Europe en est le seul soutien politique, institutionnel et juridique possible.

Mais, pour le moment, la majorité des forces qui gouvernent l'Europe est friedmanienne, monétariste.

Tout le monde est d'accord pour dire que le libre-échange est un progrès de l'humanité. C'est par le libre-échange qu'on est sorti des économies nationales qui n'arrivaient pas à capter correctement les inventions techniques et financières qu'on appelle le capitalisme. Mais c'est l'absolutisme qui est dangereux. Le dogme de l'extension du libre-échange risque de casser tout.


http://www.letemps.ch/template/opinions ... cle=203211

je ne sais pas si le lien reste actif longtemps ?
Modifié en dernier par Mouna le 23 mars 2007, 23:10, modifié 2 fois.

Mouna
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#5 Message par Mouna » 23 mars 2007, 23:06

Les références en lien ne sont en rien politiques ni idéologiques.

On parle d'un système économique mondialisé qui est en train d'aller dans le mur. La bulle immobilière en est un avatar qui nous intéresse particulièrement.
Modifié en dernier par Mouna le 23 mars 2007, 23:21, modifié 1 fois.

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Re: Les oeillères : critique du libéralisme immobilier

#6 Message par TFBouygues » 24 mars 2007, 04:23

BulleDog a écrit :Les mécanismes de marché ne sont pas toujours les plus adaptés pour résoudre un problème. Pour les libéraux, le reconnaître s’apparente à une abjuration.
Surtout quand les lois favorisent les abérations du marché au lieu de les réguler.

Le résultat, ce sont des familles qui gagnent 3000 euros/mois et qui ne peuvent pas s'en sortir, ainsi que des employés en CDI qui dorment dans leur voiture. A quand le retour des grandes épidémies faute d'avoir les moyen de se payer une douche (il y a des employés dans la restauration qui vivent sous les ponts :? ).

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#7 Message par capuchon » 24 mars 2007, 07:25

Le problème c'est que l'augmentation de la consommation ne veut pas dire croissance, et c'est ça qui rend caduque le keynésianisme.
"Je ne suis qu'un banquier faisant le travail de Dieu" L. Blankfein (PdG de Goldman Sachs)

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#8 Message par primo accident » 24 mars 2007, 10:33

Galandris a écrit :Merci de cantonner les discussions politiques aux thèmes fonciers et immobilier, ou aux questions économiques.
Parce que ce n'est pas d'économie qu'il s'agit?
Je dirai que c'est plutôt en plein dedans.
Non?

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#9 Message par BulleDog » 24 mars 2007, 12:32

primo accident a écrit :
Galandris a écrit :Merci de cantonner les discussions politiques aux thèmes fonciers et immobilier, ou aux questions économiques.
Parce que ce n'est pas d'économie qu'il s'agit?
Je dirai que c'est plutôt en plein dedans.
Non?
Vous avez raté un épisode, mais un modo a fait le nettoyage de cette file.
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Re: Les oeillères : règne de La rente foncière.

#10 Message par BulleDog » 11 mai 2010, 18:05

On y est !
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Re: Les oeillères : règne de La rente foncière.

#11 Message par pangloss » 11 mai 2010, 18:21

la rente foncière engendrée par l’urbanisation et les effets d’agglomération est, de très loin, la plus importante de toutes les rentes. En France, elle renchérit de quelques centaines de milliards chaque année le prix du foncier bâti ou bâtissable. Et cela sans que les propriétaires du sol aient fait quoi que ce soit pour mériter cet enrichissement qui tombe du ciel. Cette rente, tirant vers le haut les prix du foncier, provoque aussi la hausse du prix du logement, des loyers, des fonds de commerce et de tout ce qui se vend dans les boutiques, car elles l’incorporent à leurs prix. Si bien que la rente foncière, non contente de contribuer à expulser les locataires à faibles revenus vers les banlieues éloignées, finit par être payée par tous les consommateurs.
Pour l'avoir déjà vu ailleurs (...), je peux vous annoncer des rues entières de faillites lorsque le ralentissement de l'activité se sera prolongé et que les bailleurs refuseront de baisser leurs loyers.

Au Japon, puisque c'est encore mon exemple, j'ai vu le déplacement presque complet (une bonne partie des enseignes a néanmoins disparu) de la principale artère commerçante d'une très grande ville vers une avenue paralléle qui n'avait quasiment aucun commerce auparavant (2000-2001)...

Décidément, nous vivons des temps intéressants.
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Re: Les oeillères : règne de La rente foncière.

#12 Message par wiz79 » 11 mai 2010, 18:30

Quand il s’agit de biens publics (bénéfiques à tous), d’effets externes (générateurs de coûts ou d’avantages pour des tiers) ou de biens non renouvelables (l’offre ne pouvant être accrue par l’homme), le mécanisme des prix ne permet pas de guider les acteurs vers la meilleure solution pour tous. Pour les libéraux, le reconnaître s’apparente à une abjuration. Il est sans doute bon que chacun de nous ait des convictions, mais pourquoi faudrait-il qu’elles deviennent des œillères ?
De 1945 à 1990, on a zéro crise financière internationale. Depuis, on a eu trois crises latino-américaines. L'immense crise de la e-economie en 2001; la grande crise financière de 1992 où la livre sterling, la peseta espagnole et la lire italienne giclaient en dehors du système monétaire européen. Et la plus tragique parce que la plus profonde, la crise asiatique de 1997. Aux Etats-Unis, le financement de l'expansion se fait largement à crédit. Pour tenir, il leur faut emprunter 2 milliards de dollars par jour. S'il y a un effondrement des prix de l'immobilier, c'est toute la consommation qui s'effondre. Ensuite, la dette extérieure américaine, 1000 milliards de dollars, est non soutenable, non remboursable. Cela commence à poser un problème à tous les prêteurs de continuer à alimenter ce trou sans fond. C'est complètement terrifiant parce que cela peut nous conduire à une récession mondiale façon 1929.

Pour le moment, la majorité des forces qui gouvernent l'Europe est friedmanienne, monétariste.

Tout le monde est d'accord pour dire que le libre-échange est un progrès de l'humanité. C'est par le libre-échange qu'on est sorti des économies nationales qui n'arrivaient pas à capter correctement les inventions techniques et financières qu'on appelle le capitalisme. Mais c'est l'absolutisme qui est dangereux. Le dogme de l'extension du libre-échange risque de casser tout.
Mars 2007. Superbe.
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Re: Les oeillères : règne de La rente foncière.

#13 Message par BulleDog » 11 mai 2010, 18:36

Et oui en Avril 2007, c'était la découverte dans la presse des défauts Subprime aux US.
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Re: Les oeillères : règne de La rente foncière.

#14 Message par goinfrimmo » 12 mai 2010, 16:34

pangloss a écrit :Pour l'avoir déjà vu ailleurs (...), je peux vous annoncer des rues entières de faillites lorsque le ralentissement de l'activité se sera prolongé et que les bailleurs refuseront de baisser leurs loyers.
(Raisonnement par l'absurde) Donc les loyers vont baisser. Les (quelques ?) bailleurs qui seront étranglés par un crédit vendront => baisse des prix du foncier commercial.
De même pour le locatif privé...

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Re: Les oeillères : règne de La rente foncière.

#15 Message par pangloss » 12 mai 2010, 17:15

goinfrimmo a écrit :
pangloss a écrit :Pour l'avoir déjà vu ailleurs (...), je peux vous annoncer des rues entières de faillites lorsque le ralentissement de l'activité se sera prolongé et que les bailleurs refuseront de baisser leurs loyers.
(Raisonnement par l'absurde) Donc les loyers vont baisser. Les (quelques ?) bailleurs qui seront étranglés par un crédit vendront => baisse des prix du foncier commercial.
De même pour le locatif privé...
Oui, mais dans un second temps. L'humain est ce qu'il est...
Et dans l'exemple que je donnais, l'obstination des uns a été l'opportunité des autres.
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